Les Contrerimes

Song Cycle by Jean Apothéloz (1900 - 1965)

Word count: 315

1. Réveil [sung text not yet checked]

Si tu savais encor te lever de bonne heure,
On irait jusqu'au bois, où, dans cette eau qui pleure
Poursuivant la rainette, un jour, dans le cresson
Tremblante, tes pieds nus ont leur nacre baignée.
Déjà le rossignol a tari sa chanson ;
L'aube a mis sa rosée aux toiles d'araignée,
Et l'arme du chasseur, avec un faible son,
Perce la brume, au loin, de soleil imprégnée.

Authorship

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2. Molle rive [sung text not yet checked]

Molle rive dont le dessin
    Est d'un bras qui se plie,
Colline de brume embellie
    Comme se voile un sein,

Filaos au chantant ramage --
    Que je meure et, demain,
Vous ne serez plus, si ma main
    N'a fixé votre image.

Authorship

First published in the revue Les Marges, December 1912


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3. La cigale [sung text not yet checked]

Quand nous fûmes hors des chemins
Où la poussière est rose,
Aline, qui riait sans cause
En me touchant les mains ; -

L'Écho du bois riait. La terre
Sonna creux au talon.
Aline se tut : le vallon
Etait plein de mystère...

Mais toi, sans lymphe ni sommeil,
Cigale en haut posée,
Tu jetais, ivre de rosée,
Ton cri triste et vermeil.

Authorship

Note: first published in the revue Les Marges, December 1912.


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4. O jour qui meurs [sung text not yet checked]

Ô jour qui meurs à songer d'elle
    Un songe sans raison,
Entre les plis du noir gazon
    Et la rouge asphodèle ;

N'est-ce pas, aux feux du plaisir
    Inclinée et rebelle,
Elle encor, mais cent fois plus belle,
    Et de flamme à saisir ?

... Là-bas monte la voix dernière
    D'un bouvier sous les cieux.
On n'entend plus que ses essieux
    Qui grincent dans l'ornière.

Authorship

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5. Trois châtes de Provence [sung text not yet checked]

C'était sur un chemin crayeux
    Trois châtes de Provence
Qui s'en allaient d'un pas qui danse
    Le soleil dans les yeux.

Une enseigne, au bord de la route,
    -- Azur et jaune d'œuf --,
Annonçait : Vin de Châteauneuf,
    Tonnelles, Casse-croûte.

Et, tandis que les suit trois fois
    Leur ombre violette,
Noir pastou, sous la gloriette,
    Toi, tu t'en fous : tu bois...

C'était trois châtes de Provence,
    Des oliviers poudreux,
Et le mistral brûlant aux yeux
    Dans un azur immense.

Authorship

First published under the title "Le siroco" in 1919

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