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Chansons de Ronsard

Word count: 2829

Song Cycle by Julien Tiersot (1857 - 1936)

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1. Ma petite colombelle (Ode à Cassandre) [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (David Wyatt) , "My little turtledove", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission


Ma petite colombelle,
Ma mignonne toute belle,
Mon petit œil, baisez-moi
D'un bouche toute pleine
De baisers chassez la peine
De mon amoureux esmoy.

Quand je vous dirai: Mignonne,
Approchez vous, qu'on me donne
Neuf baisers tout simplement
Lors, ne m'en baillez que trois,

Telz que Diane guerriere
Les donne à Phébus son frère,
Et l'Aurore à son vieillard;
Puis reculez vostre bouche
Et bien loing, toute farouche,
Fuyez d'un pied fretillard.

Comme un taureau par la prée
Court après son amourée,
Ainsi tout plein de courroux
Je courray fol apres vous,

Et, prise d'une main forte,
Vous tiendray de telle sorte
Qu'un aigle l'oiseau tremblant.
Lors, faisant de la modeste,
De me redonner le reste
Des baisers ferez semblant.

Mais en vain serez pendant
Toute à mon col, attendante
(Tenant un peu l'œil baissé)
Pardon de m'avoit laissé :

Car, en lieu de six, adonques
J'en demanderay plus qu'onques
Tout le ciel d'estoiles n'eut,
Plus que d'arene poussée
Aux bords, quand l'eau courroussée
Contre les rives s'esmeut.


Submitted by David Wyatt

2. Quand j'étais libre [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (David Wyatt) , copyright © 2017, (re)printed on this website with kind permission


Quand j'estois libre, ains que l'amour cruelle
[Ne]1 fust esprise encor' en ma mouelle,
   Je vivois bienheureux,
De toutes parts cent mille jeunes filles
Se travailloyent, par leurs flammes gentilles,
   A me rendre amoureux.

Mais tout ainsi qu'un beau poulain farouche
Qui n'a [senti]2 le frein dedans la bouche
   Va seulet écarté,
N'ayant soucy sinon d'un pied superbe
A mille bonds fouler les fleurs et l'herbe,
   Vivant en liberté ;

Ores il court le long d'un beau rivage
Ores il erre au fond d'un bois sauvage
   Ou sur quelque mont haut ;
De toutes pars les poutres hannissantes
Luy font l'amour, pour néant blandissantes,
   A luy qui ne s'en chaut.

Ainsi j'allois desdaignant les pucelles
Qu'on estimoit en beauté les plus belles,
   Sans répondre à leur vueil ;
Lors je vivois amoureux de moy mesme,
Content et gay, sans porter couleur blesme
   Ny les larmes à l'œil.

J'avois escrit au plus haut de la face
Avec l'honneur une agreable audace
   Plaine d'un franc desir ;
Avec le pied marchoit ma fantasie
Deça, dela, sans peur ne jalousie
   Vivant de mon plaisir.

Mais aussi tost que par mauvais desastre
Je vey ton sein blanchissant comme albastre,
   Et tes yeux, deux soleils,
Tes beaux cheveux espanchez par ondées,
Et les beaux lis de tes levres bordées
   De cent œillets vermeils,

[Incontinent j'apprehenday service,
Car]3 liberté, de ma vie nourrice,
   S'eschappa loing de moy :
Dedans tes rets ma premiere franchise,
Pour obeir à ton bel œil fut prise
   Esclave dessous toy.

Et lors tu mis mes deux mains à la chaine
Mon col au cep et mon cœur à la gesne,
   N'ayant de moy pitié,
Non plus helas qu'un outrageux corsaire,
O fier destin, a pitié d'un forsaire/forcère
   A la chaine lié.

Tu mis apres en signe de conqueste,
Comme vainqueur, tes deux pieds sur ma teste,
   Et du front m'a osté
L'honneur, la honte, et l'audace première,
Accouhardant mon ame prisonniere,
   Serve à ta volonté.

Vengeant d'un coup mille faultes commises
Et les beautez qu'à grand tort j'avois mises
   Par-avant à mespris :
Qui me prioient, en lieu que je te prie.
Mais d'autant plus que mercy je te crie,
   Tu es sourde à mes cris,

Et ne responds non plus que la fontaine
Qui de Narcis mira la [face]4 vaine,
   Vengeant dessus le bord
Mille beautez des Nymphes amoureuses,
Que cest enfant, par mynes desdaigneuses,
   Avoit mises à mort.


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1 la Grotte: "Me"
2 la Grotte : "maché"
3 la Grotte : "Incontinent j'apris que c'est service,/ La"
4 la Grotte : "forme"

Submitted by Emily Ezust [Administrator] and David Wyatt

3. Ode à Michel de L'Hospital [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (David Wyatt) , copyright © 2014, (re)printed on this website with kind permission


Errant par les champs de la Grâce,
Qui peint mes vers de ses couleurs,
Sus les bords Dirceans j’amasse
Le thresor des plus riches fleurs,
Afin qu’en pillant je façonne
D’une laborieuse main
La rondeur de ceste couronne
Trois fois torce d’un ply Thebain,
Pour orner le hault de la gloire
Du plus heureux mignon des Dieux
Qui ça bas ramena des cieulx
Les filles qu’enfanta Mémoire.

Mémoire, royne d’Eleuthere,
Par neuf baisers qu’elle receut
De Jupiter, qui la fit mere,
En neuf soirs neuf filles conceut.
Mais quand la lune vagabonde
Eut courbé douze fois en rond
(Pour r’enflammer l’obscur du monde)
La double voute de son front,
Elle adonc lassement outrée
Dessous Olympe se coucha
Et criant Lucine, accoucha
De neuf filles d’une ventrée.

En qui respandit le ciel
Une voix sainctement belle,
Comblant leur bouche nouvelle
Du just d’un attique miel,
Et a qui vrayment aussi
Les vers furent en soucy,
Les vers dont flattés nous sommes,
Affin que leur doulx chanter
Peust doucement enchanter
Le soing des Dieux et des hommes.


Submitted by David Wyatt

4. Mignonne, allons voir si la rose [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG GER

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  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Mignonne", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission


  Mignonn', allon voir si la rose
Qui ce matin avoit declose
Sa robe de pourpr' au soleil,
A point perdu, cette vesprée,
Le plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

  Las, voyés comm' en peu d'espace,
Mignonn', ell' a dessus la place,
Las, las, ses beautés laissé cheoir!
Ô vrayement maratre nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure,
Que du matin jusques au soir!

  Donc, si vous me croiés, mignonne:
Tandis que vostr' age fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillés, cueillés vostre jeunesse,
Comm' à cette fleur, la viellesse
Fera ternir vostre beauté.


View original text (without footnotes)
Modernized version (used by Chaminade, Manduell, Wagner, and perhaps others):
Mignonne, allons voir si la rose,
Qui ce matin avait desclose
Sa robe de pourpre au soleil,
N'a point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vôtre pareil.

Las! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a, dessus la place,
Las! Las! ses beautés laissé cheoir!
Ô vraiment marâtre nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure,
Que du matin jusques au soir!

[Or donc, écoutez-moi,]1 Mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
[En]2 sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
[Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.]3
1 Chaminade, Manduell: "Donc, si vous m'en croyez" (So if you believe me)
2 Chaminade: "Dans"
3 Manduell: "Comme à ceste fleur la vieillesse/ Fera ternir vostre beauté."

Submitted by Emily Ezust [Administrator]

5. A un Aubépin [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (David Wyatt) , "Ode", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission


Bel aubespin verdissant,
  Fleurissant
Le long de ce beau rivage,
Tu es vestu jusq'au [bas]1
  Des longs bras
D'une lambrunche sauvage.

Deux camps drillantz de fourmis
  Se sont mis
En garnison soubz ta souche ;
Et dans ton tronc mi-mangé,
  Arrangé,
Les avettes ont leur couche.

Le gentil rossignolet
  Nouvelet,
Avecque sa bien aymée,
Pour ses amours aleger
  Vient loger
Tous les ans [dans]2 ta ramée:

[Sur ta cyme]3 il fait son ny
  Bien garny
De laine et de fine soye,
Où ses petitz [esclorront]4,
  Qui seront
De mes mains la douce proye.

Or vy, gentil aubespin,
  Vy sans fin,
Vy sans que jamais tonnerre,
Ou la coignée, ou les vens,
  Ou les tems
Te [puissent]5 ruer par terre.


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1 Janequin: "bras" (possibly a typo)
2 Hawley: "en"
3 Hawley: "Dans laquelle"
4 Hawley: "s'eclorront"
5 Janequin: "puisse"
Modernized version (used by Rivier and Leguerney)
Bel aubépin, verdissant, 
  Fleurissant 
Le long de ce beau rivage, 
Tu es vêtu jusqu'au bas 
  [Des longs]1 bras 
D'une lambruche sauvage. 

Deux camps drillants de fourmis 
Se sont mis 
En garnison sous ta souche; 
Et dans ton tronc mimangé, 
Arrangé, 
Les avettes ont leur couche. 

Le gentil rossignolet 
Nouvelet, 
Avecque sa bien-aimée, 
Pour ses amours alléger 
Vient loger 
Tous les ans [en]2 ta ramée. 

Sur ta cime il fait son nid 
Bien garni 
De laine et de fine soie, 
Où ses petits écloront, 
Qui seront 
De mes mains la douce proie. 

Or vis, gentil aubépin, 
Vis sans fin, 
Vis sans que jamais tonnerre, 
Ou la cognée, ou les vents, 
Ou les temps
Te puissent ruer par terre.

1 Leguerney: "De tes"
2 Rivier: "dans"

Submitted by Emily Ezust [Administrator]

6. L'Amour piqué par une abeille [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (David Wyatt) , "Love wounded", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission


Le petit enfant Amour
Cueilloit des fleurs à l'entour
D'une ruche, où les avettes
Font leurs petites logettes.

Comme il les allait cueillant,
Une avette sommeillant
Dans le fond d'une fleurette
Lui piqua la main tendrette.

Sitost que piqué se vit,
Ah ! je suis perdu, ce dit ;
Et, s'en courant vers sa mère,
Lui monstra sa playe amère :

Ma mère, voyez ma main,
[Ce]1 disoit Amour, tout plein
De pleurs, [voyez]2 quelle enflure
M'a fait une esgratignure ! 

Alors Venus se sou-rit
Et en le baisant le prit,
Puis sa main luy a soufflée
Pour guarir sa plaie enflée.

Qui t'a, dy-moi, faux garçon,
Blessé de telle façon ?
Sont-ce mes Graces riantes,
De leurs aiguilles poignantes ?

Nenny, c'est un serpenteau,
Qui vole au printemps nouveau
[Avecques deux ailerettes
Çà et là sur les fleurettes]3.

Ah ! vrayment je le cognois,
Dit Venus ; les villageois
De la montagne d'Hymette
Le surnomment [Mélissette]4.

Si doncques un animal
Si petit fait tant de mal,
Quand son halesne espoinçonne
La main de quelque personne,

Combien fais-tu de douleurs
Au prix de luy, dans les cœurs
[De ceux contre qui]5 tu jettes
Tes [homicides]6 sagettes ? 


View original text (without footnotes)
1 Chardavoine: "Luy"
2 Chardavoine: "aussi"
3 Chardavoine: "Çà et là sur les fleurettes,/ Avecques deux ailerettes"
4 Chardavoine, Caietain: "une avette"
5 Chardavoine: "A qui pour butte" ; Caietain : "En qui pour butte"
6 Chardavoine, Caietain: "amoureuses"
Modernized version:
Le petit enfant Amour
Cueillait des fleurs à l'entour
D'une ruche, où les avettes
Font leurs petites logettes.

Comme il les allait cueillant,
Une avette sommeillant
Dans le fond d'une fleurette
Lui piqua la main douillette.

Sitôt que piqué se vit,
« Ah, je suis perdu ! » ce dit,
Et, s'en courant vers sa mère,
Lui montra sa plaie amère ;

« Ma mère, voyez ma main,
Ce disait Amour, tout plein
De pleurs, voyez quelle enflure
M'a fait une égratignure ! »

Alors Vénus se sourit
Et en le baisant le prit,
Puis sa main lui a soufflée
Pour guérir sa plaie enflée.

« Qui t'a, dis-moi, faux garçon,
Blessé de telle façon ?
Sont-ce mes Grâces riantes,
De leurs aiguilles poignantes ?

-- Nenni, c'est un serpenteau,
Qui vole au printemps nouveau
Avecques deux ailerettes
Ça et là sur les fleurettes.

-- Ah ! vraiment je le connois,
Dit Vénus ; les villageois
De la montagne d'Hymette
Le surnomment Mélissette.

Si doncques un animal
Si petit fait tant de mal,
Quand son alène époinçonne
La main de quelque personne,

Combien fais-tu de douleur,
Au prix de lui, dans le cœur
De celui en qui tu jettes
Tes amoureuses sagettes ? »

Submitted by Emily Ezust [Administrator]

7. Quand ce beau printemps je vois [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (David Wyatt) , "When I see the fair Springtime", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission


Quand ce beau Printemps je vois,
     J'aperçois
  Rajeunir la terre et l'onde
  Et me semble que le jour,
     Et l'Amour,
  Comme enfants naissent au monde.

Le jour qui plus beau se fait,
     Nous refait
  Plus belle et verte la terre,
  Et Amour armé de traits
     Et d'attraits,
  [Dans]1 nos coeurs nous fait la guerre.

Il répand de toutes parts
     Feux et dards
  Et dompte sous sa puissance
  Hommes, bestes et oiseaux,
     Et les eaux
  Lui [rendent]2 obeïssance.

Vénus avec son enfant
     Triomphant,
  Au haut de son coche assise,
  Laisse ses cygnes voler
     Parmi l'air
  Pour aller voir son Anchise. 

Quelque part que ses beaux yeux
     Par les cieux
  Tournent leurs lumières belles,
  L'air qui se montre serein
     Est tout plein
  D'amoureuses étincelles.

Puis en descendant à bas
     Sous ses pas
  Croissent mille fleurs écloses;
  Les beaux lis et les oeillets
     Vermeillets
  Y naissent entre les roses.

Je sens en ce mois si beau
     Le flambeau
  D'Amour qui m'échauffe l'âme,
  Y voyant de tous côtés
     Les beautés
  Qu'il emprunte de ma Dame.

Quand je vois tant de couleurs
     Et de fleurs
  Qui émaillent un rivage,
  Je pense voir le beau teint
     Qui est peint
  Si vermeil en son visage.

Quand je vois les grand rameaux
     Des ormeaux
  Qui sont lacés de lierre,
  Je pense être pris és lacs
     De ses bras,
  Et que mon col elle serre.

Quand j'entends la douce voix
     Par les bois
  Du gai rossignol qui chante,
  D'elle je pense jouir
     Et ouïr
  Sa douce voix qui m'enchante.

Quand Zéphyre mène un bruit
     Qui se suit
  Au travers d'une ramée, 
  Des propos il me souvient
     Que me tient
  La bouche de mon aimée.

Quand je vois en quelque endroit
     Un pin droit,
  Ou quelque arbre qui s'élève,
  Je me laisse décevoir,
     Pensant voir
  Sa belle taille et sa grève.

Quand je vois dans un jardin,
     Au matin,
  S'éclore une fleur nouvelle,
  J'accompare le bouton
     Au teton
  De son beau sein qui pommelle.

Quand le Soleil tout riant
     D'Orient
  Nous montre sa blonde tresse,
  Il me semble que je voi
     Près de moi
  Lever ma belle maîtresse.

Quand je sens parmi les prés
     Diaprés
  Les fleurs dont la terre est pleine,
  Lors je fais croire à mes sens
     Que je sens 
  La douceur de son haleine.

Bref, je fais comparaison,
     Par raison,
  Du printemps et de m'amie;
  Il donne aux fleurs la vigueur,
     Et mon coeur
  D'elle prend vigueur et vie.

Je voudrais au bruit de l'eau
     D'un ruisseau,
  Déplier ses tresses blondes,
  Frisant en autant de noeuds
     Ses cheveux.
  Que je verrais friser d'ondes.

Je voudrois, pour la tenir,
     Devenir
  Dieu de ces forêts désertes,
  La baisant autant de fois
     Qu'en un bois
  Il y a de feuilles vertes.

Hà! maîtresse, mon souci,
     Viens ici,
  Viens contempler la verdure!
  Les fleurs de mon amitié
     Ont pitié,
  Et seule tu n'en as cure.

Au moins lève un peu tes yeux
     Gracieux,
  Et vois ces deux colombelles,
  Qui font naturellement,
     Doucement
  L'amour du bec et des ailes.

Et nous, sous ombre d'honneur,
     Le bonheur
  Trahissons par une crainte:
  Les oiseaux sont plus heureux
     Amoureux,
  Qui font l'amour sans contrainte.

Toutefois ne perdons pas
     Nos ébats
  Pour ces lois tant rigoureuses;
  Mais, si tu m'en crois, vivons,
     Et suivons
  Les colombes amoureuses.
 
Pour effacer mon émoi,
     Baise-moi,
  Rebaise-moi, ma Déesse!
  Ne laissons passer en vain
     Si soudain
  Les ans de notre jeunesse.


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1 Eben, Escher: "En"
2 Auric: "jurent"

Submitted by Jeroen Scholten and Malcolm Wren [Guest Editor]

8. Douce maîtresse [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (David Wyatt) , copyright © 2014, (re)printed on this website with kind permission


Douce maîtresse, touche,
Pour soulager mon mal,
Mes levres de ta bouche
Plus rouge que coral :
[Que mon col soit pressé
De ton bras enlassé]1.

Puis, face dessus face,
Regarde moy les yeux,
Afin que ton trait passe
[En]2 mon cœur soucieux
[Cœur qui]3 ne vit sinon
D'amour et de ton nom.

Je l'ay veu fier et brave,
Avant que ta beauté
Pour estre son esclave
Doucement l'eust donté,
Mais son mal lui plait bien
Pourveu qu'il meure tien.

Belle par qui je donne
A mes yeux tant d'esmoy,
Baise moy ma mignonne,
Cent fois rebaise moy :
Et quoy ! faut il en vain
Languir dessus [ton]4 sein.

Maîtresse je n'ay garde
De vouloir t'esveiller,
Heureux quand je regarde
Tes beaux yeux sommeiller !
Heureux quand je les voy
Endormis dessus moy.

Veux-tu que je les baise
Afin de les ouvrir ?
Hà tu fais la mauvaise
Pour me faire mourir,
Je meurs entre tes bras
Et s'il ne t'en chaut pas !

Ha ma chere ennemie
Si tu veux m'apaiser
Redonne moy la vie
Par l'esprit d'un baiser,
Ha ! j'en ay la douceur
Senti jusques au cœur.

C'est une douce rage
Qui nous poinct doucement,
Quand d'un même courage
On s'aime incessament :
Heureux sera le jour
Que je mourray d'amour !


View original text (without footnotes)
1 Caietain, La Grotte: "D'un doux lien pressé/ Tiens mon col embrassé"
2 La Grotte: "De"
3 Caietain, La Grotte: "Lequel"
4 Caietain : "mon"

Submitted by David Wyatt

9. Esclavage d'amour [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (David Wyatt) , "Alas, I would never have thought", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission


Las ! je [n'eusse]1 jamais pensé,
Dame qui causes ma langueur,
De voir ainsi recompensé
Mon service d'une rigueur,
Et [qu'en]2 lieu de me secourir
Ta cruauté m'eust fait mourir.

Si, [bien accort]3, j'eusse apperceu,
Quand je te vy premierement
Le mal que [j'ay depuis]4 recue
Pour [aimer]5 trop loyalement,
Mon cœur, qui franc avoit vescu,
N'eust pas esté [si tost]6 vaincu.

Mais tu fis promettre à tes yeux,
Qui seuls me vindrent decevoir,
De me donner encore mieux
Que mon cœur n'esperoit avoir ;
Puis, comme jaloux de mon bien,
Ont transformé mon aise en rien.

Si tost que je vis leur beauté,
Amour me força d'un desir
D'assujettir ma [loyauté]7
Sous l'empire de leur plaisir,
[Et]8 decocha de leur regard
Contre mon cœur le premier dard.

Ce fut, Dame, ton bel accueil
Qui, pour me faire bien-heureux,
M'ouvrit par la clef de ton œil
Le paradis des amoureux,
Et, fait esclave en si beau lieu,
D'un home je devins un dieu.

Si bien que, n'estant plus à moy,
Mais à l'œil qui m'avoit blesse,
Mon cœur en gage de ma foy
A mon vainqueur j'ai delaissé,
Où serf si doucement il est
Qu'autre liberté [luy desplaist]9 ;

Et, bien qu'il souffre jours et nuits
Mainte amoureuse adversité,
Le plus cruel de ses ennuis
Luy semble une felicité,
Et ne sçauroit jamais vouloir
Qu'un autre œil le face douloir.

Un grand rocher qui a le doz
Et les pieds tousjours outragez,
Ores des vents, ores des flots,
Contre les rives enragez,
N'est point si ferme que mon cœur
Sous l'orage d'une rigueur :

Car luy, de plus en plus aimant
Les beaux yeux qui l'ont en-reté,
Semble du tout au diamant,
Qui, pour garder sa fermeté,
Se rompt plustost sous le marteau
Que se voir tailler de nouveau.

Ainsi ne l'or qui peut tenter,
Ny grace, beauté, ny maintien,
Ne sçauroit dans mon cœur enter [entrer?]
Un autre portrait que le tien,
Et plustost il mourroit d'ennuy,
Que d'en souffrir un autre en luy.

Il ne faut donc, pour empescher
Qu'une autre dame en ait sa part,
L'environner d'un grand rocher,
Ou d'une fosse, ou d'un rampart :
Amour te l'a si bien conquis,
Que plus il ne peut estre acquis.

Chanson, les estoilles seront
La nuict sans les cieux allumer,
Et plustost les vents cesseront
De tempester dessus la mer,
Que de ses yeux la cruauté
Puisse amoindrir ma loyauté.


View original text (without footnotes)
1 Tiersot: "n'aurais"; further changes may exist not shown above.
2 Chardavoine: "qu'au"
3 Costeley: "fortuné"
4 Costeley: "depuis j'ay"
5 Chardavoine, la Grotte: "t'aimer"
6 Chardavoine: "ainsi"
7 la Grotte: "liberté"
8 Chardavoine: "Lors"
9 la Grotte: "ne luy plaist"

Submitted by David Wyatt

10. Petite nymphe [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (Faith J. Cormier) (David Wyatt) , "Frolicsome little Nymph", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission


Petite Nymfe folatre,
Nymfette que j'idolatre,
Ma mignonne dont les yeus
Logent mon pis et mon mieus:
Ma doucette, ma sucrée,
Ma grace, ma Citherée,
Tu me dois pour m'appaiser
Mille fois le jour baiser.

Tu m'en dois au matin trente
Puis après disner cinquante,
Et puis vingt après souper.
Et quoy! Me veux-tu tromper ? 

[Avance mes quartiers, belle,
Ma tourtre, ma colombelle ;
Avance-moy les quartiers
De mes payments tous entiers.]1

Demeure ; où fuis-tu, maistresse ?
Le desir qui trop me presse
Ne sçauroit arrester tant
S'il [n'est payé tout]2 contant.

Revien, revien, mignonette,
Mon doux miel, ma violette,
Mon oeil, mon coeur, mes amours
Ma cruelle, qui tousjours
Trouves quelque mignardise
Qui d'une douce feintise
Peu à peu mes forces fond,
Comme on void dessus un mont
S'escouler la neige blanche,
Ou comme la rose franche
Perd le [vermeil de son teint,
Des rais du soleil]3 attaint.

Où fuis-tu, mon [angelette]4,
Mon diamant, ma perlette ?
[Là]5 reviens, mon sucre doux,
Sur mon sein, sur mes genoux,
Et de cent baisers appaise
De mon coeur la chaude braise.

Donne-m'en bec contre bec,
Or' un moite, ores un sec,
Or' un babillard, et ores
Un qui soit plus long encores
Que ceux des pigeons mignars,
Couple à couple fretillars.

Hà là ! ma douce guerrière,
Tire un peu ta bouche arrière :
Le dernier baiser donné
A tellement estonné
De mille douceurs ma vie
Qu'il me l'a presque ravie,
Et m'a fait voir à demy
Le nautonnier ennemy
Et les plaines où Catulle,
Et les rives où Tibulle,
Pas à pas se promenant,
Vont encores maintenant
De leurs bouchettes blesmies
Rebaisottans leurs amies.


View original text (without footnotes)
1 Utendal:
Avance mon quartier, belle,
Ma tourtre, ma colombelle ;
Avance-moy le quartier
De mes payments tout entier.
2 Utendal: "n'a son payment"
3 Utendal: "pourpre de son teint,/ Du vent de la bize"
4 Regnard: "amelette"
5 Regnard, Utendal: "Las ! "

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12. Nature ornant la dame [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (Peter Low) , "Nature, when adorning that lady", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission


Nature ornant la dame qui devoyt
De sa douceur forcer les plus rebelles,
Luy fit present des beautez les plus belles,
Que des mille ans en espargne elle avoyt

Tout ce qu'Amour avarement couvoyt,
De beau, de chaste, et d'honneur soubz ses ailles,
Emmiella les graces immortelles
De son bel oeil qui les dieux emouvoyt.

Du ciel à peine elle estoyt descendue,
Quand je la vi, quand mon ame ésperdue
En devint folle: et d'un si poignant trait,

Le fier destin l'engrava dans mon ame,
Que vif ne mort, jamais d'une aultre dame
Empraint au cuoeur je n'auray le portraict.


Modernized spelling:
Nature ornant la dame qui devait
De sa douceur forcer les plus rebelles
Lui fit présent des beautés les plus belles
Que dès mille ans en épargne elle avait.

Tout ce qu'Amour avarement couvait
De beau, de chaste et d'honneur sous ses ailes
Emmiella les grâces immortelles
De son bel oeil qui les dieux émouvait.

Du ciel à peine elle était descendue,
Quand je la vis, quand mon âme éperdue
En devint folle, et d'un si poignant trait

Le fier Destin l'engrava dans mon âme
Que, vif ne mort, jamais d'une autre dame
Empreint au coeur je n'aurai le portrait.

Submitted by Emily Ezust [Administrator]

13. La chanson de Cassandre

Language: French (Français)

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Belle Brunette
 . . . . . . . . . .

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14. Corydon [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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  • ENG English (David Wyatt) , "Pour unendingly", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission


[Corydon,] verse sans fin
Dedans mon verre du vin,
Afin qu'endormir je face
Un procés qui me tirace
Le coeur et l'ame plus fort
Qu'un limier un sanglier mort.

Après ce procés ici
Jamais peine ne souci,
Ne feront que je me dueille:
Aussi bien, vueille ou non vueille,
Sans faire icy long sejour
Il faut que je meure un jour.

Le long vivre me déplaist:
Mal-heureux l'homme qui est 
Accablé de la vieillesse!
Quand je perdray la jeunesse,
Je veux mourir tout soudain,
Sans languir au lendemain.

Ce-pendant verse sans fin
Dedans mon verre du vin,
Afin qu'endormir je face
Un procés qui me tirace
Le coeur et l'ame plus fort
Qu'un limier un sanglier mort.


Submitted by David Wyatt

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