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Au Jardin de l'Infante

Word count: 1038

by Philippe Gaubert (1879 - 1941)

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1. Nuit blanche [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


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Cette nuit, tu prendras soin que dans chaque vase
Frissonne, humide encore, une gerbe de fleurs.
Nul flambeau dans la chambre - où tes chères pâleurs
Se noieront comme un rêve en des vapeurs de gaze.

Pour respirer tous nos bonheurs avec emphase,
Sur le piano triste, où trembleront des pleurs,
Tes mains feront chanter d'angéliques douleurs
Et je t'écouterai, silencieux d'extase.

Tels nous nous aimerons, sévères et muets.
Seul, un baiser parfois sur tes ongles fluets
Sera la goutte d'eau qui déborde des urnes,

O Soeur ! et dans le ciel de notre pureté
Le virginal Désir des amours taciturnes
Montera lentement comme un astre argenté.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

2. Il est d'étranges soirs [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


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Il est d'étranges soirs où les fleurs ont une âme,
Où dans l'air énervé flotte du repentir,
Où sur la vague lente et lourde d'un soupir
Le coeur le plus secret aux lèvres vient mourir.
Il est d'étranges soirs, où les fleurs ont une âme,
Et, ces soirs-là, je vais tendre comme une femme.

Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Où l'âme a des gaietés d'eaux vives dans les roches,
Où le coeur est un ciel de Pâques plein de cloches,
Où la chair est sans tache et l'esprit sans reproches.
Il est de clairs matins, de roses se coiffant,
Ces matins-là, je vais joyeux comme un enfant.

Il est de mornes jours, où las de se connaître
Le coeur, vieux de mille ans, s'assied sur son butin,
Où le plus cher passé semble un décor déteint,
Où s'agite un minable et vague cabotin.
Il est de mornes jours las du poids de connaître,
Et, ces jours-là, je vais courbé comme un ancêtre.

Il est des nuits de doute, où l'angoisse vous tord,
Où l'âme, au bout de la spirale descendue,
Pâle et sur l'infini terrible suspendue,
Sent le vent de l'abîme, et recule éperdue !
Il est des nuits de doute, où l'angoisse vous tord,
Et, ces nuits-là, je suis dans l'ombre comme un mort.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

3. L'indifférent [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


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Dans le parc vaporeux où l'heure s'énamoure. 
Les robes de satin et les sveltes manteaux 
Se mêlent, reflétés au ciel calme des eaux, 
Et c'est la fin d'un soir infini qu'on savoure. 

Les éventails sont clos; dans l'air silencieux 
Un andante suave agonise en sourdine, 
Et, comme l'eau qui tombe en la vasque voisine. 
L'amour tombe dans l'âme et déborde des yeux. 

Les grands cils allongés palpitent leurs tendresses ; 
Fluides sous les mains s'arpègent les caresses ; 
Et là-bas, s'efiilant, solitaire et moqueur. 

L'Indifférent, oh! las d'Agnès ou de Lucile, 
Sur la scène, d'un geste adorable et gracile, 
Du bout de ses doigts fins sème un peu de son cœur.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

4. Arpège [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Shawn Thuris) , "Arpeggio", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission


L'âme d'une flûte soupire
Au fond du parc mélodieux;
Limpide est l'ombre où l'on respire
Ton poème silencieux,

Nuit de langueur, nuit de mensonge,
Qui poses, d'un geste ondoyant,
Dans ta chevelure de songe
La lune, bijou d'Orient.

Sylva, Sylvie et Sylvanire,
Belles au regard bleu changeant,
(L'étoile aux fontaines se mire),
Allez par les sentiers d'argent,

Allez vite, l'heure est si brève,
Cueillir [au jardin des aveux]1,
Les coeurs qui se meurent du rêve
De mourir parmi vos cheveux...


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1 omitted by Jarnach.

Submitted by Emily Ezust [Administrator]

5. Hiver [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

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Le ciel pleure ses larmes blanches
Sur les jours roses trépassés;
Et les amours nus et gercés
Avec leurs ailerons cassés
Se sauvent, frileux, sous les branches.

Ils sont finis les soirs tombants,
Rêvés au bord des cascatelles.
Les Angéliques, où sont-elles!
Et leurs âmes de bagatelles,
Et leurs coeurs noués de rubans?...

Le vent dépouille les bocages,
Les bocages où les amants
Sans trêve enroulaient leurs serments
Aux langoureux roucoulements
Des tourterelles dans les cages.

Les tourterelles ne sont plus,
Ni les flûtes, ni les violes
Qui soupiraient sous les corolles
Des sons plus doux que des paroles.
Le long des soirs irrésolus.

Cette chanson -là-bas -écoute,
Cette chanson au fond du bois...
C'est l'adieu du dernier hautbois,
C'est comme si tout l'autrefois
Tombait dans l'âme goutte à goutte.

Satins changeants, cheveux poudrés,
Mousselines et mandolines,
Ô Mirandas! Ô Roselines!
Sous les étoiles cristallines,
Ô Songe des soirs bleu-cendrés!

Comme le vent brutal heurte en passant les portes!
Toutes, -va! toutes les bergères sont bien mortes.

Morte la galante folie,
Morte la Belle-au-bois-jolie,
Mortes les fleurs aux chers parfums!

Et toi, soeur rêveuse et pâlie,
Monte, monte, ô Mélancolie,
Lune des ciels roses défunts.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

6. Musique sur l'eau [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


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Oh! Écoute la symphonie; 
Rien n'est doux comme une agonie 
Dans la musique indéfinie 
Qu'exhale un lointain vaporeux;

D'une langueur la nuit s'enivre, 
Et notre coeur qu'elle délivre 
Du monotone effort de vivre 
Se meurt d'un trépas langoureux.

Glissons entre le ciel et l'onde,
Glissons sous la lune profonde;
Toute mon âme, loin du monde,
S'est réfugiée en tes yeux,

Et je regarde tes prunelles
Se pâmer sous les chanterelles,
Comme deux fleurs surnaturelles 
Sous un rayon mélodieux.

Oh! écoute la symphonie;
Rien n'est doux comme l'agonie
De la lèvre à la lèvre unie
Dans la musique indéfinie...


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

7. J'ai rêvé d'un jardin primitif [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


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J'ai rêvé d'un jardin primitif, où des Ames 
Cueillaient le trèfle d'or en robes de candeur; 
Où des souffles d'azur, veloutés de tiédeur, 
Berçaientdes fleurs d'argent,sveltes comme des femmes. 

A l'ombre, au bord des eaux, sous des arbres légers. 
Les mystiques Amants rêvaient leur solitude; 
Et tout était extase, et joie, et plénitude, 
Et las agneaux de Dieu paissaient dans les vergers. 

L'Amour sanctifié, sans hâtes et sans fièvres, 
Buvait à l'urne exquise et profonde des lèvres, 
O songe d'un désir parfumé par le ciel! 

Et j'étais lu, debout parmi les marjolaines, 
Virginal, et l'archet des blanches cantilènes 
A mes doigts efiilés d'ange immatériel.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

8. Chanson d'été [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

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Le soleil brûlant
Les fleurs qu'en allant
Tu cueilles,
Viens fuir son ardeur
Sous la profondeur
Des feuilles.

Cherchons les sentiers
A demi frayés
Où flotte,
Comme dans la mer,
Un demi-jour vert
De grotte.

Des halliers touffus
Un soupir confus
S'éléve
Si doux qu'on dirait
Que c'est la forêt
Qui rêve...

Chante doucement ;
Dans mon coeur d'amant
J'adore
Entendre ta voix
Au calme du bois
Sonore.

L'oiseau, d'un élan,
Courbe, en s'envolant,
La branche
Sous l'ombrage obscur
La source au flot pur
S'épanche.

Viens t'asseoir au bord
Où les boutons d'or
Foisonnent...
Le vent sur les eaux
Heurte les roseaux
Qui sonnent.

Et demeure ainsi
Toute au doux souci
De plaire,
Une rose aux dents,
Et ton pied nu dans
L'eau claire.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

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     - Emily Ezust

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