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Fêtes galantes, récitation accompagnée au piano

Word count: 665

by Gérard Condé (b. 1947)

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1. Fantoches


Scaramouche et Pulcinella,
Qu'un mauvais dessein rassembla,
Gesticulent noirs sous la lune,

Cependant l'excellent docteur Bolonais
Cueille avec lenteur des simples
Parmi l'herbe brune.

Lors sa fille, piquant minois,
Sous la charmille, en tapinois,
Se glisse demi-nue,

En quête de son beau pirate espagnol,
Dont un [langoureux]1 rossignol
Clame la détresse à tue-tête.


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1 Debussy: "amoureux"

2. Colloque sentimental


Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leur lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

-- Te souvient-il de notre extase ancienne?
-- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

-- Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? -- Non.

-- Ah ! Les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! -- C'est possible.

-- Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir!
-- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.


3. Mandoline


Les donneurs de sérénades
Et les belles écouteuses
Échangent des propos fades
Sous les ramures chanteuses.

C'est Tircis et c'est Aminte,
Et c'est l'éternel Clitandre,
Et c'est Damis qui pour mainte
Cruelle [fait]1 maint vers tendre.

Leurs courtes vestes de soie,
Leurs longues robes à queues,
Leur élégance, leur joie
Et leurs molles ombres bleues,

Tourbillonnent dans l'extase
D'une lune rose et grise,
Et la mandoline jase
Parmi les frissons de brise.


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1 Fauré, Hahn: "fit"

4. À la promenade


Le ciel si pâle et les arbres si grêles 
Semblent sourire à nos costumes clairs 
Qui vont flottant légers, avec des airs 
De nonchalance et des mouvements d'ailes. 

Et le vent doux ride l'humble bassin. 
Et la lueur du soleil qu'atténue 
L'ombre des bas tilleuls de l'avenue 
Nous parvient bleue et mourante à dessein. 

Trompeurs exquis et coquettes charmantes, 
Coeurs tendres, mais affranchis du serment. 
Nous devisons délicieusement, 
Et les amants lutinent les amantes, 

De qui la main imperceptible sait 
Parfois donner un soufflet, qu'on échange 
Contre un baiser sur l'extrême phalange 
Du petit doigt, et comme, la chose est 

Immensément excessive et farouche, 
On est puni par un regard très sec. 
Lequel contraste, au demeurant, avec 
La moue assez clémente de la bouche.


5. Pantomime


Pierrot, qui n'a rien d'un Clitandre,
Vide un flacon sans plus attendre,
Et, pratique, entame un pâté.

Cassandre, au fond de l'avenue,
Verse une larme méconnue
Sur son neveu déshérité.

Ce faquin d'Arlequin combine
L'enlèvement de Colombine
Et pirouette quatre fois.

Colombine rêve, surprise
De sentir un cœur dans la brise
Et d'entendre en son cœur des voix.


6. Les coquillages


Chaque coquillage incrusté
Dans la grotte où nous nous aimâmes
A sa particularité,

L'un a la pourpre de nos âmes
Dérobée au sang de nos coeurs
Quand je brûle et que tu t'enflammes;

Cet autre affecte tes langueurs
Et tes pâleurs alors que, lasse,
Tu m'en veux de mes yeux moqueurs;

Celui-ci contrefait la grâce
De ton oreille, et celui-là
Ta nuque rose, courte et grasse;

Mais un, entre autres, me troubla.


7. En sourdine


Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

[Fondons]1 nos âmes, nos cœurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme tes yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton cœur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient, à tes pieds, rider
Les ondes des gazons roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.


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1 Fauré: "Mêlons"

8. En bateau


L'étoile du berger tremblote
Dans l'eau plus noire et le pilote
Cherche un briquet dans sa culotte.

C'est l'instant, Messieurs, ou jamais,
D'être audacieux, et je mets
Mes deux mains partout désormais !

Le chevalier Atys, qui gratte
Sa guitare, à Chloris l'ingrate
Lance une oeillade scélérate.

L'abbé confesse bas Eglé,
Et ce vicomte déréglé
Des champs donne à son coeur la clé.

Cependant la lune se lève
Et l'esquif en sa course brève
File gaîment sur l'eau qui rêve.


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     - Emily Ezust

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