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Les perles d'Orient

Word count: 658

Song Cycle by Félicien César David (1810 - 1876)

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1. Reviens! Reviens!


Reviens, reviens, ma bien-aimée !
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée,
Loin de ton sourire vermeil.

Entre nos cœurs [tant de]1 distance ;
Tant d'espace entre nos baisers.
Ô sort amer! ô dure absence !
Ô grands désirs inapaisés !

D'ici là-bas que de campagnes,
Que de villes et de hameaux,
Que de vallons et de montagnes,
À lasser le pied des chevaux !

Au pays qui me prend ma belle,
Hélas! si je pouvais aller ;
Et si mon corps avait une aile
Comme mon âme pour voler !

Par-dessus [les]2 vertes collines,
Les montagnes au front d'azur,
Les champs rayés et les ravines,
J'irais d'un vol rapide et sûr.

Le corps ne suit pas la pensée;
Pour moi, mon âme, va tout droit,
Comme une colombe blessée,
[T'abattre]3 au rebord de son toit.

Descends dans sa gorge divine,
Blonde et fauve comme de l'or,
Douce comme un duvet d'hermine,
Sa gorge, mon royal trésor ;

Et dis, mon âme, à cette belle :
«[Tu sais bien qu'il compte les jours!]4
Ô ma colombe! à tire d'aile,
Retourne au nid de nos amours.»


View original text (without footnotes)

Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 283.

1 Berlioz: "quelle"
2 Bizet, David, Lavigne: "nos"
3 Berlioz, Pedrell: "S'abbatre"
4 Lavigne: appears as the last line of this verse.

2. Amour pour amour


Dans le bain, sur [les dalles]1,
À mon pied négligent
J'aime à voir des sandales
De cuir jaune et d'argent.
En quittant ma baignoire,
Il me plaît qu'une noire
Fasse mordre à l'ivoire
Mes cheveux, manteau brun,
Et, versant l'eau de rose
Sur mon sein qu'elle arrose,
Comme l'aube et la rose,
[Mêle]2 perle et parfum.

J'aime aussi l'odeur fine
De la fleur des Houris,
Sur un plat de la Chine
[Des]3 sorbets d'ambre gris,
L'opium, ciel liquide,
Poison doux et perfide,
[Qui remplit l'âme]4 vide
D'un bonheur étoilé ;
Et, sur l'eau qui réplique,
Un doux bruit de musique
S'échappant d'un caïque
De falots constellé.

J'aime un fez écarlate
De sequins [bruissant]5,
Où partout l'or éclate,
Où reluit le croissant.
L'arbre en fleur où se pose
L'oiseau cher à la rose,
La fontaine où l'eau cause,
Tout me plaît tour à tour ;
Mais, au ciel et sur terre,
Le trésor que préfère
Mon cœur jeune et sincère,
C'est amour pour amour !


View original text (without footnotes)
Note: the Pedrell score begins "Dans la [sic] bain"
1 David: "la dalle"
2 David: "Mèlent"
3 David: "Les"
4 David: "Remplissant le cœur"
5 David: "frémissant"

3. Mon almée


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4. L'océan


Gronde, gronde Océan, car ta voix éternelle
A des notes sans fond, gronde et viens sur tes bords,
Comme un coursier ardent qui frémit sous les mors,
De ta vague en écume, en bruits, en étincelle,
 
Briser le vaste effort ! Océan, le repos
N'a jamais habité dans les plis de tes flots !
 
Sombre géant poussé d'une ardeur inquiète
Sans cesse vers la terre, étendant tes grands bras,
Tu voulais l'engloutir, et comme des soldats,
Tu lances, jour et nuit, tes flots à sa conquête.
 
Ils vont toujours, ils vont ; et sous le vent qui court,
L'écume sur leur front, comme un cimier se dresse ;
Ils vont, impatients de la main qui les presse,
L'un sur l'autre rouler et bondir tour à tour.
 
Mon cœur est comme toi, jamais il ne repose ;
Dans son amour immense il tend vers toute chose.
Mais, bientôt rejeté comme un algue des mers,
Il roule, déchiré, sur les cailloux amers.
 
Gronde, gronde Océan ! plus heureux que mes rêves
Qui retombent au fond d'un cœur trop rétréci.
Tes flots, vaste Océan, refoulés par les grèves,
Retournent sur toi même, et trouvent l'infini.


5. Tristesse de l'odalisque


Dans un soupir l'onde au rivage 
Dit ses malheurs;
Pour consoler la fleur sauvage
L'aube a des pleurs.

Le vent du soir conte sa plainte
Aux vieux cyprès,
La tourterelle au terébinthe
Ses longs regrets,

Au flot dormant, quand tout repose
Hors la douleur,
La lune parle et dit la cause
De sa pâleur.

Ton dôme blanc, Saint Sophie,
Parle au ciel bleu,
Et tout pensif le ciel confie
Son rêve à Dieu!

Arbre ou tombeau, colombe ou rose,
Onde ou rocher,
Tout ici-bas a quelque chose
Pour s'épancher:

Moi! je n'ai rien qui me réponde,
Si je parlais -
La mer est là - verte et profonde,
Sous le palais.


6. Bonheur d'aimer


Amour, amour, oh! tu n'es qu'un beau rêve
 . . . . . . . . . .

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     - Emily Ezust

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