Trois mélodies

Song Cycle by Georges-Victor Lafon

Word count: 346

1. Après trois ans [sung text not yet checked]

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.

Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.

Même j'ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
- Grêle, parmi l'odeur fade du réséda.

Authorship

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  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Dopo tre anni", copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Dans l'interminable ennui de la plaine  [sung text not yet checked]

Dans l'interminable
Ennui de la plaine,
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Comme des nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait vivre
Et mourir la lune.

Corneilles poussives,
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive?

Dans l'interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable . . .

Authorship

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  • ENG English (Corinne Orde) , "In the endless tedium of the plain", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Geoffrey Wieting

3. Sérénade [sung text not yet checked]

Comme la voix d'un mort qui chanterait
  Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
  Ma voix aigre et fausse.

Ouvre ton âme et ton oreille au son
  De la mandoline:
Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson
  Cruelle et câline.

Je chanterai tes yeux d'or et d'onyx
  Purs de toutes ombres,
Puis le Léthé de ton sein, puis le Styx
  De tes cheveux sombres.

Comme la voix d'un mort qui chanterait
  Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
  Ma voix aigre et fausse.

Puis je louerai beaucoup, comme il convient,
  Cette chair bénie
Dont le parfum opulent me revient
  Les nuits d'insomnie.

Et pour finir, je dirai le baiser
  De ta lèvre rouge,
Et ta douceur à me martyriser,
  -- Mon Ange! -- ma Gouge!

Ouvre ton âme et ton oreille au son
  De ma mandoline:
Pour toi j'ai fait, pour toi, cette chanson
  Cruelle et câline.

Authorship

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  • ENG English (Corinne Orde) , "Serenade", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) ( Wolf von Kalckreuth, Graf) , "Serenade"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]