Dix mélodies

Song Cycle by Fernand-Gustave Halphen (1872 - 1917)

Word count: 441

2. Villanelle rythmique [sung text not yet checked]

Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux, nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet au bois;
Sous nos pieds égrénant les perles
Que l'on voit, au matin trembler,
Nous irons écouter les merles 
     Siffler.

Le printemps est venu, ma belle;
C'est le mois des amants béni;
Et l'oiseau, satinant son aile,
Dit [des]1 vers au rebord du nid.
[Oh !]2 viens donc sur [le]3 banc de mousse
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce: 
    «Toujours !»

Loin, bien loin égarant nos courses,
Faisons fuir le lapin caché,
Et le daim au miroir des sources
Admirant son grand bois penché ;
Puis chez nous tout [joyeux]4, tout aises,
En paniers, enlaçant nos doigts,
Revenons rapportant des fraises
    Des bois.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Samuel Byrne) , "Villanelle"
  • ENG English [singable] (Shula Keller) , "Villanelle", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Emily Ezust) , copyright © 2015
  • FRI Frisian (Geart van der Meer) , "Villanelle", copyright © 2013, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Nele Gramß) , "Villanelle", copyright ©, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2018, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Contadinella", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

View original text (without footnotes)

Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 361.

1 Berlioz: "ses"
2 Viardot: "Ah ! "
3 Berlioz, Lavigne, Viardot: "ce"
4 Berlioz, Lavigne: "heureux"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Pierre Mathé [Guest Editor]

3. Colloque sentimental [sung text not yet checked]

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l'heure passé.

Leurs yeux sont morts et leur lèvres sont molles,
Et l'on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

-- Te souvient-il de notre extase ancienne?
-- Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne?

-- Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? -- Non.

-- Ah ! Les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! -- C'est possible.

-- Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir!
-- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English [singable] (Peter Low) , "Sentimental dialogue", copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Ernest Dowson) , no title, appears in Decorations, in After Paul Verlaine, no. 2
  • ENG English [singable] (Nita Cox) , "The colloquy"
  • GER German (Deutsch) (Pierre Mathé) , "Gefühlvolles Zwiegespräch", copyright © 2012, (re)printed on this website with kind permission
  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , "Wehmütige Zwiesprache", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "Colloquio sentimentale", copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Odelette [sung text not yet checked]

Pour que je t'aime, ô mon poëte,
Ne fais pas fuir par trop d'ardeur
Mon amour, colombe inquiète,
Au ciel rose de la pudeur.

L'oiseau qui marche dans l'allée
S'effraye et part au moindre bruit ;
Ma passion est chose ailée
Et s'envole quand on la suit.

Muet comme l'Hermès de marbre,
Sous la charmille pose-toi ;
Tu verras bientôt de son arbre
L'oiseau descendre sans effroi.

Tes tempes sentiront près d'elles,
Avec des souffles de fraîcheur,
Une palpitation d'ailes
Dans un tourbillon de blancheur ;

Et la colombe apprivoisée
Sur ton épaule s'abattra,
Et son bec à pointe rosée
De ton baiser s'enivrera.

Authorship

See other settings of this text.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

7. Dernier vœu [sung text not yet checked]

Voilà longtemps que je vous aime :
-- L'aveu remonte à dix-huit ans ! --
Vous êtes rose, je suis blême ;
J'ai les hivers, vous les printemps.

Des lilas blancs de cimetière
Près de mes tempes ont fleuri ;
J'aurai bientôt la touffe entière
Pour ombrager mon front flétri.

Mon soleil pâli qui décline
Va disparaître à l'horizon,
Et sur la funèbre colline
Je vois ma dernière maison.

Oh ! que de votre lèvre il tombe
Sur ma lèvre un tardif baiser,
Pour que je puisse dans ma tombe,
Le cœur tranquille, reposer !

Authorship

See other settings of this text.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]