Vingt mélodies pour chant et piano

Song Cycle by Alban Dorcy (d. 1931)

Word count: 608

2. La caravane humaine [sung text not yet checked]

La caravane humaine au Sahara du monde,
Par ce chemin des ans qui n'a [pas]1 de retour,
S'en va traînant le pied, brùlée aux feux du jour,
Et buvant sur ses bras la sueur qui l'inonde.

Le grand lion rugit et la tempète gronde:
À l'horizon fuyard, ni minaret, ni tour;
La seule ombre qu'on ait, c'est l'ombre du vautour,
Qui traverse le ciel, cherchant sa proie immonde.

L'on avance toujours, et voici que l'on voit
Quelque chose de vert que l'on se montre au doigt:
C'est un bois de cyprès, semé de blanches pierres.

Dieu, pour vous reposer, dans le désert du temps,
Comme des oasis a mis les cimetières:
Couchez-vous et dormez, voyageurs haletants!

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1 Chausson: "plus"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Lamento [sung text not yet checked]

Ma belle amie est morte:
Je pleurerai toujours;
[Sous]1 la tombe elle emporte
Mon âme et mes amours.
Dans le ciel, sans m'attendre,
Elle s'en retourna;
L'ange qui l'emmena
Ne voulut pas me prendre.
Que mon sort est amer!
Ah!  sans amour, s'en aller sur la mer!

La blanche créature
Est couchée au cercueil.
Comme dans la nature
Tout me paraît en deuil!
La colombe oubliée
Pleure et songe à l'absent;
Mon âme pleure et sent
Qu'elle est dépareillée.
Que mon sort est amer!
Ah!  sans amour, s'en aller sur la mer!

Sur moi la nuit immense
[S'étend]2 comme un linceul;
Je chante ma romance
Que le ciel entend seul.
Ah!  comme elle était belle,
[Et comme]3 je l'aimais!
Je n'aimerai jamais
Une femme autant qu'elle.
Que mon sort est amer!
Ah!  sans amour, s'en aller sur la mer!

Authorship

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  • GER German (Deutsch) (Bertram Kottmann) , copyright © 2004, (re)printed on this website with kind permission
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "La mia bella amica è morta", copyright © 2009, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Théophile Gauthier, La comédie de la mort, Desessart editeur, Paris, 1838, page 227.

1 Viardot: "Dans"
2 Fauré: "Plane"
3 Fauré: "Et combien"; Viardot: "Comme"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Bertram Kottmann , Pierre Mathé [Guest Editor]

6. Les papillons [sung text not yet checked]

Subtitle: Pantoum

Les papillons couleur de neige
Volent par essaims sur la mer;
Beaux papillons blancs, quand pourrai-je
Prendre le bleu chemin de l'air?

Savez-vous, ô belle des belles,
Ma bayadère aux yeux de jais,
S'ils me [pouvaient]1 prêter leurs ailes,
Dites, savez-vous où j'irais?

Sans prendre un seul baiser aux roses,
À travers vallons et forêts,
J'irais à vos lèvres mi-closes,
Fleur de mon âme, et j'y mourrais.

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  • CZE Czech (Čeština) (Jaroslav Vrchlický) , "Motýli"
  • ENG English (Peter Low) , no title, copyright © 2000, (re)printed on this website with kind permission

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Note: titled "Pantoum" in L'Eldorado and Fortunio.

1 in some settings, "voulaient"

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15. Rondalla [sung text not yet checked]

Enfant aux airs d'impératrice,
Colombe aux regards de faucon,
Tu me hais, mais c'est mon caprice,
De me planter sous ton balcon.

Là, je veux, le pied sur la borne,
Pinçant les nerfs, tapant le bois,
Faire luire à ton carreau morne
Ta lampe et ton front à la fois.

Je défends à toute guitare
De bourdonner aux alentours.
Ta rue est à moi : je la barre
Pour y chanter seul mes amours,

Et je coupe les deux oreilles
Au premier racleur de jambon
Qui devant la chambre où tu veilles
Braille un couplet mauvais ou bon.

Dans sa gaine mon couteau bouge ;
Allons ! qui veut de l'incarnat ?
À son jabot qui veut du rouge
Pour faire un bouton de grenat ?

Le sang dans les veines s'ennuie,
Car il est fait pour se montrer ;
Le temps est noir, gare la pluie !
Poltrons, hâtez-vous de rentrer.

Sortez, vaillants ! sortez, bravaches !
L'avant-bras couvert du manteau,
Que sur vos faces de gavaches
J'écrive des croix au couteau !

Qu'ils s'avancent ! seuls ou par bande,
De pied ferme je les attends.
À ta gloire il faut que je fende
Les naseaux de ces capitans.

Au ruisseau qui gêne ta marche
Et pourrait salir tes pieds blancs,
Corps du Christ ! je veux faire une arche
Avec les côtes des galants.

Pour te prouver combien je t'aime,
Dis ! je tuerai qui tu voudras :
J'attaquerai Satan lui-même,
Si pour linceul j'ai tes deux draps.

Porte sourde ! ... Fenêtre aveugle ! ...
Tu dois pourtant ouïr ma voix ;
Comme un taureau blessé je beugle,
Des chiens excitant les abois !

Au moins plante un clou dans ta porte,
Un clou pour accrocher mon cœur.
À quoi sert que je le remporte
Fou de rage, mort de langueur ?

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