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Ode triomphale : en l'honneur du...

Language: French (Français)

La cérémonie commence par de longs appels de trompettes se répondant
des quatre points de la voûte, d'autres appels répondent à ceux-ci, de
loin d'abord, puis de plus en plus rapprochés.
Enfin l'orchestre éclate en un prélude en forme de marche triomphale.
Aux dernières mesures, le rideau s'ouvre et tes vignerons entrent en scène.

LES VIGNERONS,
précédés par le Vin, porté sur
un pavois où s'écroulent des raisins et des pampres

Evohé ! Soleil ! Evohé !

La vigne a fleuri !
La grappe a mûri !
Dans les cuves, le vin bouillonne
Ce soir, vignerons,
Nous reposerons,
Car le vin rougeoie et rayonne.
C'est le vin joyeux
Le vin des aïeux,
Qui rend la vie et l'espérance,
C'est le vin pur et glorieux,
Evohé ! C'est le vin de France!

LES MOISSONNEURS,
précédés par la Moisson portée
sur des gerbes de blé et de fleurs des champs.

Evohé ! Soleil ! Evohé !
Le baiser vermeil
De l'ardent soleil
A gonflé les épis superbes,
Et, toujours, encor,
En lourds monceaux d'or
S'entasse la gloire des gerbes.

Soleil ! Evohé !
C'est le pain sacré
Que nous tirons des blondes plaines,
Que les bœufs dorment dans le pré,
Moissonneurs, les granges sont pleines !

LES VIGNERONS.
Ce vin, c'est le sang
Chaud et rubescent
De la terre qui nous fit naître !

LES MOISSOUNEURS.
Ce pain, c'est la chair
Du sol trois fois cher,
Que le soc déchire et pénètre !

LES DEUX CHŒURS.
Forts et rénovés
Mangez et buvez,
Fils du Rire et de la Vaillance,
Le pain et le vin
Sans qui tout est vain,
La chair et le sang de la France!

LES SOLDATS,
précédés la Guerre, portée sur
des boucliers.

L'arme au bras, l'épée au côté,
Le front haut, le cœur sans colère,
Nous en qui la Patrie espère,
Nous attendons sa volonté.

A l'heure où, d'une voix sonore,
Le Coq de guerre chantera,
Le Maître de la nuit fuira
Devant les soldats de l'Aurore !

Et nous célébrerons ton nom,
France, ô mère des épopées,
Au cliquetis clair des épées,
Aux rugissements du canon.

Entends-nous Notre âme te crie
« Nous voulons mourir en t'aimant »
Car c'est vivre immortellement
Que de mourir pour la Patrie !

LES MARINS,
précédés par la Mer, portée sur
des monceaux de coraux et de plantes marines.

Sur les flots gris de l'Océan sans bornes,
Sous les vents ruisselants,
Depuis les mers aux rivages brûlants
Jusqu'aux neiges mornes
Où veillant les Nornes,
Voguent nos vaisseaux aux beaux flancs !

La vague est terrible et profonde ;
L'éclair brille et la foudre gronde.
Mais dans le danger
Pour nous protéger
Nous t'invoquons, France la blonde !
Et nous semons, vermeilles fleurs,
Les pavillons aux trois couleurs
Aux pays lointains où nous mène l'onde !

A toi, la conquête féconde
A toi, l'or et la perle ronde!
Qu'importent les morts
Si, par nos efforts,
La France obtient les richesses du Monde !

LES TRAVAILLEURS.
1er groupe précédé par le
Travail. 2e groupe précédé par l'industrie.

1er CHŒUR
Tope, frère ! et dis-moi ton nom !

2e CHŒUR.
Je suis enfant de Salomon.
Dites vos noms qu'on les redise

1er CHŒUR.
Enfant de Jacque et de Soubise.
A qui dois-je donner mon cœur ?

2e CHŒUR.
A ton frère, le travailleur.
A qui dois-je donner mon âme?

1er CHŒUR.
A ton pays qui la réclame.
A quoi dois-je employer mes bras ?

2e CHŒUR.
Le Temple tu reconstruiras !

LES DEUX CHŒURS.
Avec la pioche et la truelle,
Avec l'équerre et le compas,
Cimente, égalise et nivelle
Compagnon, ne t'arrête pas !

Construis le Temple de justice,
Le cœur tranquille et plein de foi
Il faut que l'ordre s'accomplisse
Frère ! l'Avenir est à toi !

Avec le levier et l'é
Et la truelle et le compas
Construis le Temple de Lumière ;
0 sauveur, ne t'arrête pas !

LES ARTS.
précédés par LE GÉNIE.
Peuple, lève les yeux vers la Lyre immortelle!
Regarde! c'est elle
Qui dit à l'univers ta gloire et tes travaux;
Écoute avec ferveur et plein d'un saint délire
La voix auguste de la Lyre
Qui t'appelle en chantant à des destins nouveaux !

Vois les pinceaux trempés dans l'azur et l'aurore
Où rayonne encore,
Malgré le temps cruel, le prisme aux sept couleurs
Le maillet, le ciseau qui, dans le cœur des arbres,
Sur l'onyx, le bronze et les marbres,
Ont gravé pour toujours ta joie et tes douleurs !

0 peuple, sois doux au Génie
Qui, par l'image ou l'harmonie,
Enseigne le divin à ton humanité !
Si l'Art ne t'aide point, tu bâtis sur le sable ;
Et le plus pur renom est encor périssable
Si nous ne l'avons pas chanté !

LES SCIENCES,
précédées par LA RAISON.
Du fond de l'Océan jusqu'au delà des astres,
Nous avons frayé le chemin,
Qu'oublieux de la mort, des guerres, des désastres,
Tu graviras, ô genre humain !

Nous avons déchiré les voiles de mystère
Dont se couvrait la Vérité
Le feu dévorateur, l'onde, l'air et la terre
Sont soumis à ta volonté.

Nous avons arraché de leur ciel illusoire
Les faux dieux à l'homme pareil
Et la vie a jailli de l'immensité noire
En myriades de soleils !

Homme, debout! Bientôt l'Aurore va paraître
Du jour sans fin et sans milieu
Marche ! et perçois en toi l'Esprit,
le Verbe et l'Être,
Homme, qui par nous, seras dieu !

LES JEUNES GENS,
précédés par L'AMOUR.

Vers Elles !
Amour, conduis-nous en battant des ailes !
Vers Elles !
Les blondes, les blanches, les belles...

Plus loin, là-bas, plus loin encor
Vers Elles !
Vers les vierges aux cheveux d'or !

LES JEUNES FILLES, précédées 
par LA JEUNESSE. 
Je rêve
Qu'un soleil très doux à mes yeux se lève...
Je rêve
Qu'une voix m'appelle sans trêve...
Je rêve d'un regard vainqueur...
Je rêve
Que l'Amour m'a blessée au cœur !

LES JEUNES GENS.
Succombe !
Le vautour divin a pris la colombe.
Succombe
A l'amour plus fort que la tombe.
Livre ton âme, ouvre tes bras,
Succombe
A l'amour par qui tu vivras !

Orchestre. Les deux chœurs se
rejoignent au milieu de la scène.

LES JEUNES FILLES offrent des
branches et des palmes aux jeunes gens.
Avec ces tendres roses blanches
Prends, ma pure fidélité.

LES JEUNES GENS  offrent des branches
de laurier et des palmes aux
jeunes filles.
Avec ces glorieuses branches
Reçois ma force et ma fierté.

LES JEUNES FILLES.
Je jure de donner mon âme
A celui qui reçut ma foi !

LES JEUNES GENS.
Je jure une éternelle flamme,
Et pour toujours je suis à toi!

LES DEUX CHŒURS se groupant sur les
deux côtés de l'escalier.

Je t'aime !
Et te donnerai ma vie elle-même
Je t'aime !
0 lever d'aurore ! 0 poème !
0 roses du premier baiser !
Je t'aime
D'un amour qu'on ne peut briser.

L'Amour et la Jeunesse se rejoignent
devant l'autel et demeurent debout, enlacés.

LES ENFANTS.
1er Chœur tenant sur un char des
bêtes féroces liées par des chaînes de fleurs.-
2e Chœur portant des épées
entourées de feuillages.

LES DEUX CHŒURS.
Nous venons saluer notre mère chérie
Avec de très belles chansons,
Que répétaient dans la prairie
Les merles bleus et les pinsons
Et tous les oiseaux des buissons

1er CHŒUR.
Le rossignol chantait : « La France
est éternelle ! »

2e CHOEUK.
L'alouette a crié : « Sa Gloire va fleurir ! »

1er CHŒUR
La mésange disait: « II faut vivre pour elle ! »

2e CHŒUR
Le moineau gazouillait : « Pour elle, il faut mourir ! »

1er CHŒUR
Nous avons enchainé les méchantes panthères
Et les tigres, avec des fleurs ;
Car les oiseaux ont dit : « Tous les hommes sont frères ;
Plus de guerres !
Assez de pleurs ! »

2e CHŒUR.
Nous avons apporté les cruelles épées
Bien enveloppées
De houblons et de pampres verts ;
Les oiseaux nous ont fait entendre
Que notre mère est tendre
Et qu'elle renverra la haine et les hivers !

LES DEUX CHŒURS.
Accueille-nous, mère chérie,
Nous avons des fleurs plein ]es mains:
Toutes les roses des chemins,
Tous les bluets de la prairie
Et l'avenir de la patrie !

Les enfants se groupent en avant de l'escalier.

A ce moment, la scène s'obscurcit.
Un long murmure se fait entendre dans l'orchestre,
plein de grondements farouches et
une marche funèbre monte et grandit.
Devant l'orchestre surgit une figure
voilée de noir, chargée de chaînes, aux longs
cheveux blonds dénoués.
Elle se dirige à pas lents vers
l'autel, en tendant désespérément les bras aux groupes
divers échelonnés sur le théâtre.
Les enfants s'écartent en lui montrant l'autel avec
leurs épées entourées de fleurs.
Elle monte les degrés. L'Amour et la Jeunesse se
séparent pour la laisser passer.

TOUS LES CHŒURS, à voix basse.
A travers les cités et les sombres forêts
Ont retenti des cris funèbres.
Le soleil s'est éteint ! Un voile de ténèbres
Répand le deuil sur nos apprêts !

Long crescendo à l'orchestre. La
femme voilée tombe à genoux en embrassant l'autel.
Apparais, déesse, apparais !
Apparais et console, apparais et délivre !
L'espoir de ta présence auguste nous enivre,
Et notre cœur est plein de tes nobles attraits !

LES ENFANTS
Toi qui protèges notre mère,

TOUS.
Apparais, déesse, apparais !

LES JEUNES GENS ET LES JEUNES FILLES.
Toi qui vaincras la haine amère,

TOUS.
Apparais, déesse,apparais !

LES SCIENCES.
Toi, par qui l'ignorance expire,

TOUS.
Apparais, déesse, apparais !

LES ARTS.
Toi, que chante la grande Lyre,

TOUS.
Apparais, déesse, apparais !

LES TRAVAILLEURS, 1er CHŒUR.
Toi, la juste libératrice,

TOUS.
Apparais, déesse, apparais !

LES TRAVAILLEURS, 2e CHŒUR.
Toi qui veux que le mal périsse,

TOUS.
Apparais, déesse,apparais !

LES MARINS.
Toi, pour qui s'enfle notre voile,

TOUS.
Apparais, déesse, apparais !

LES SOLDATS.
Toi, notre égide et notre étoile,

TOUS.
Apparais, déesse, apparais !

LES MOISSONNEURS.
Toi, que la neuf des blés couronne,

TOUS.
Apparais, déesse, apparais !

LES VIGNERONS.
Toi, pour qui la vigne fleuronne,

TOUS.
Apparais, déesse, apparais !
Viens ! approche ! Sois là ! Surgis dans la lumière !
Ton peuple t'invoque à genoux !
0 terrible, ô clémente, ô triomphante, ô fière,
0 République, apparais-nous !

Un éclair sillonne l'obscurité. Le
voile d'or se déchire et tombe, et la République
apparaît au-dessus de l'autel, dans
une clarté fulgurante. Elle porte le péplum
d'azur, la tunique blanche et le
bonnet phrygien cerclé d'une couronne d'épis d'or.
L'étoile brille sur son front. Un
glaive au fourreau pend à sa ceinture. D'une main,
elle s'appuie sue le sceptre
souverain, de l'autre, elle tient des rameaux d'olivier.
Le peuple tombe à genoux.

LA RÉPUBLIQUE.
0 peuple, me voici ! du haut de l'Empyrée
Où je règle à jamais les destins glorieux,
Je viens à ton appel, et, de flamme entourée,
J'apparais a tes yeux.

LE PEUPLE.
Gloire à toi, Liberté sacrée,
Déesse qui vainquis les dieux !

LA RÉPUBLIQUE.
Venez à moi, vous qui souffrez pour la justice ! 
Pauvres, déshérites, martyrs, suivez ma loi ;
Il faut,que le clairon terrible retentisse...
La Justice, c'est moi !

LE PEUPLE.
0 guerrière, ô libératrice,
0 rédemptrice, gloire à toi !

LA RÉPUBLIQUE.
Accourez à ma voix des confins de la terre,
Mortels affamés d'équité !
J'élève sur vos fronts l'olivier salutaire,
Symbole de concorde et de fraternité.

A la source de vérité
Que l'homme délivré du mal se désaltère ;
Car la nuit est vaincue et le monde s'éclaire
Au soleil de la Liberté !

LE PEUPLE, debout
Gloire à toi, fille de la Gloire !
Que nos cris triomphants ébranlent l'univers !
Que les cités et les déserts
Retentissent de ta victoire !

Trompettes, emportez jusqu'aux cieux grands ouverts
L'hymne de Joie et de Victoire !
Gloire à toi, fille de la Gloire !


LA RÉPULIQUE  étend sur la foule les rameaux
d'olivier, en une geste de bénédiction. La figure en
deuil arrache ses chaînes et ses voiles et apparaît
vêtue des couleurs de la France. Une gerbe de blé
incandescente croit et grandit au pied de l'autel. Toute la foule tend
vers la déesse des bras chargés d'attributs comme pour
lui consacrer les forces de la Patrie, avec un grand cri de
suprême enthousiasme.

Gloire à toi, Liberté, soleil de l'univers !!


Submitted by Guy Laffaille [Guest Editor]

Authorship


Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)


Text added to the website: 2009-10-21.
Last modified: 2014-06-16 10:03:25
Line count: 378
Word count: 2054

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     - Emily Ezust

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