by Paul Verlaine (1844 - 1896)
Translation by Stefan George (1868 - 1933)

Birds in the night
Language: French (Français) 
Vous n'avez pas eu toute patience,
Cela se comprend par malheur, de reste ;
Vous êtes si jeune ! Et l'insouciance,
C'est le lot amer de l'âge céleste !

Vous n'avez pas eu toute la douceur,
Cela par malheur d'ailleurs se comprend ;
Vous êtes si jeune, ô ma froide sœur,
Que votre cœur doit être indifférent !

Aussi, me voici plein de pardons chastes,
Non, certes ! joyeux, mais très calme en somme
Bien que je déplore, en ces mois néfastes,
D'être, grâce à vous, le moins heureux homme.

                  ⁂

Et vous voyez bien que j'avais raison
Quand je vous disais, dans mes moments noirs,
Que vos yeux, foyers de mes vieux espoirs,
Ne couvaient plus rien que la trahison.

Vous juriez alors que c'était mensonge
Et votre regard qui mentait lui-même
Flambait comme un feu mourant qu'on prolonge,
Et de votre voix vous disiez : « Je t'aime ! »

Hélas ! on se prend toujours au désir
Qu'on a d'être heureux malgré la saison...
Mais ce fut un jour plein d'amer plaisir,
Quand je m'aperçus que j'avais raison !

                  ⁂

Aussi bien pourquoi me mettrais-je à geindre ?
Vous ne m'aimiez pas, l'affaire est conclue,
Et, ne voulant pas qu'on ose me plaindre,
Je souffrirai d'une âme résolue.

Oui ! je souffrirai, car je vous aimais !
Mais je souffrirai comme un bon soldat
Blessé qui s'en va dormir à jamais,
Plein d'amour pour quelque pays ingrat.

Vous qui fûtes ma Belle, ma Chérie,
Encor que de vous vienne ma souffrance,
N'êtes-vous donc pas toujours ma Patrie,
Aussi jeune, aussi folle que la France ?

                  ⁂

Or, je ne veux pas -- le puis-je d'abord ?
Plonger dans ceci mes regards mouillés.
Pourtant mon amour que vous croyez mort
A peut-être enfin les yeux dessillés.

Mon amour qui n'est que ressouvenance,
Quoique sous vos coups il saigne et qu'il pleure
Encore et qu'il doive, à ce que je pense,
Souffrir longtemps jusqu'à ce qu'il en meure,

Peut-être a raison de croire entrevoir
En vous un remords qui n'est pas banal,
Et d'entendre dire, en son désespoir,
À votre mémoire : ah ! fi ! que c'est mal !

                  ⁂

Je vous vois encor. J'entr'ouvris la porte.
Vous étiez au lit comme fatiguée.
Mais, ô corps léger que l'amour emporte,
Vous bondîtes nue, éplorée et gaie.

Ô quels baisers, quels enlacements fous !
J'en riais moi-même à travers mes pleurs.
Certes, ces instants seront, entre tous
Mes plus tristes, mais aussi mes meilleurs.

Je ne veux revoir de votre sourire
Et de vos bons yeux en cette occurrence
Et de vous enfin, qu'il faudrait maudire,
Et du piège exquis, rien que l'apparence.

                  ⁂

Je vous vois encore ! En robe d'été
Blanche et jaune avec des fleurs de rideaux.
Mais vous n'aviez plus l'humide gaîté
Du plus délirant de tous nos tantôts.

La petite épouse et la fille aînée
Était reparue avec la toilette
Et c'était déjà notre destinée
Qui me regardait sous votre voilette.

Soyez pardonnée ! Et c'est pour cela
Que je garde, hélas ! avec quelque orgueil,
En mon souvenir qui vous cajola
L'éclair de côté que coulait votre œil.

                  ⁂

Par instants je suis le pauvre navire
Qui court démâté parmi la tempête
Et, ne voyant pas Notre-Dame luire,
Pour l'engouffrement en priant s'apprête.

Par instants je meurs la mort du pécheur
Qui se sait damné s'il n'est confessé,
Et, perdant l'espoir de nul confesseur,
Se tord dans l'Enfer, qu'il a devancé.

Ô mais ! par instants, j'ai l'extase rouge
Du premier chrétien, sous la dent rapace,
Qui rit à Jésus témoin, sans que bouge
Un poil de sa chair, un nerf de sa face !

Authorship

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)

Settings in other languages, adaptations, or excerpts:


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
Was verlier ich mich in eitler klage!
Language: German (Deutsch)  after the French (Français) 
Was verlier ich mich in eitler klage!
Da ich weiss du liebst mich nicht: ists gut.
Dass mich keiner zu bedauern wage
Will ich leiden mit entschlossnem mut.

Ja ich leide da ich dich geliebt ·
Doch ich halte wie ein krieger stand
Der noch liebe voll sein leben gibt
Blutend für ein undankbares land.

Du in der ich liebe · schönheit fand ·
Trifft auch all mein kummer mich durch dich·
Bleibst du immer doch mein vaterland
Wie mein Frankreich toll und jugendlich.

...

Ich gleiche manchmal einem armen schiffe ·
Es läuft entmastet mitten durch die stürme ·
Es sieht kein licht auf Unsrer Frauen türme
Und wartet betend auf den tod am riffe.

Und manchmal leide ich wie jener böse
Der sich verdammt weiss wenn er nicht bekennt ·
Der nicht mehr hofft dass ihn ein priester löse
Und schon im vorgefühl der hölle brennt.

Doch manchmal ach! mich fromme brunst belebt
Des ersten christen vor dem strafgerichte:
Er lächelt seinem heiland zu · ihm bebt
Kein haar am leib · kein nerv im angesichte.

About the headline (FAQ)

Authorship

Based on

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]