Thank you to all the generous supporters who helped us raise $15,792 for our site-renewal project! We can't wait for you to see what we're building! Your ongoing donations are essential for The LiederNet Archive to continue in its mission of providing this unique resource to the world, so if you didn't get a chance to contribute during the overhaul drive, your help in any amount is still valuable.

The LiederNet Archive

Much of our material is not in the public domain.
It is illegal to copy and distribute our copyright-protected material without permission.
Printing texts or translations without the name of the author or translator is also illegal.
You must use the copyright symbol © when you reprint copyright-protected material.

For more information, contact us at the following address:
licenses (AT) lieder (DOT) net
Please read the instructions below the translations before writing!
In your e-mail, always include the names of the translators if you wish to reprint something.

La nuit

Language: French (Français)

Voici l‘heure où tombe le voile
Qui, le jour, cache mes ennuis ;
Mon cœur a la première étoile
S'ouvre comme une fleur de nuit.

O nuit solitaire et profonde,
Tu sais s'il faut ajouter foi
A ces jugements que le monde
Prononce aveuglément sur moi.

Tu sais le secret de ma vie,
De ma courageuse gaîté ;
Tu sais que ma philosophie
N'est qu'un désespoir accepté.

Pour toi je redeviens moi—même :
Plus de mensonges superflus ;
Pour toi, je vis, je souffre, j’aime,
Et ma tristesse ne rit plus,

Plus de couronne rose et blanche,
Mon front pâle reprend son deuil,
Ma tête sans force se penche
Et laisse tomber son orgueil.

Mes larmes, longtemps contenues,
Coulent lentement sous mes doigts,
Comme des sources inconnues
Sous les branches mortes des bois.

Après un long jour de contrainte,
De folie et de vanité,
Il est doux de languir sans feinte
Et de souffrir en liberté.

Oh! oui, c‘est une amère joie
Que de se jeter un moment,
Comme une volontaire proie,
Dans les serres de son tourment.

Que d’épuiser toutes ses larmes
Avec le suprême sanglot,
D’arracher vaincue et sans armes
Au désespoir son dernier mot.

Alors la douleur assouvie
Vous laisse un repos vague et doux ;
On n‘appartient plus à la vie,
L‘idéal s'empare de vous.

On nage, on plane dans l'espace,
Par l‘esprit du soir emporté ;
On n‘est plus qu'une ombre qui passe,
Une âme dans l'immensité.

L'élan de ce vol solitaire
Vous délivre  comme la mort ;
On n'a plus de nom sur la terre,
On peut tout rêver sans remords.

D’un monde trompeur rien ne reste,
Ni chaîne, ni loi, ni douleur;
Et l'âme, papillon céleste,
Sans crime peut choisir sa fleur.

Sous le joug de son imposture.
Ou ne se sent plus opprimé,
Et l'on revient à sa nature
Comme à son pays bien-aimé.

O nuit ! pour moi brillante et sombre,
Je trouve tout dans ta beauté ;
Tu réunis l'étoile et l’ombre,
Le mystère et la vérité.

Mais déjà la brise glacée
De l‘aube annonce le retour ;
Adieu, ma sincère pensée ;
Il faut mentir !... voici le jour.


Confirmed with Poésies complètes / Madame Emile de Girardin (Delphine Gay), Librairie nouvelle (Paris), 1856, pages 353-355


Submitted by Guy Laffaille [Guest Editor]

Authorship

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)

    [ None yet in the database ]


Text added to the website: 2019-06-05 00:00:00.

Last modified: 2019-06-05 09:28:13

Line count: 64
Word count: 360

Gentle Reminder
This website began in 1995 as a personal project, and I have been working on it full-time without a salary since 2008. Our research has never had any government or institutional funding, so if you found the information here useful, please consider making a donation. Your gift is greatly appreciated.
     - Emily Ezust

Browse imslp.org (Petrucci Music Library) for Lieder or choral works