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Les Orientales, poèmes de Victor Hugo

Word count: 1500

Song Cycle by Marie Jaëll, née Marie Trautmann (1846 - 1925)

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1. Rêverie [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


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Oh ! laissez-moi ! c'est l'heure où l'horizon qui fume
Cache un front inégal sous un cercle de brume,
L'heure où l'astre géant rougit et disparaît.
Le grand bois jaunissant dore seul la colline.
On dirait qu'en ces jours où l'automne décline,
Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.

Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître,
Là-bas, -- tandis que seul je rêve à la fenêtre,
Et que l'ombre s'amasse au fond du corridor, --
Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !

Qu'elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,
Mes chansons, comme un ciel d'automne rembrunies,
Et jeter dans mes yeux son magique reflet,
Et longtemps, s'éteignant en rumeurs étouffées,
Avec les mille tours de ses palais de fées,
Brumeuse, denteler l'horizon violet !


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

2. Nourmahal-la-Rousse [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

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Entre deux rocs d'un noir d'ébène
Voyez-vous ce sombre hallier
Qui se hérisse dans la plaine
Ainsi qu'une touffe de laine
Entre les cornes du bélier ?

Là, dans une ombre non frayée,
Grondent, le tigre ensanglanté,
La lionne, mère effrayée,
Le chacal, l'hyène rayée,
Et le léopard tacheté.

Là, des monstres de toute forme
Rampent : - le basilic rêvant,
L'hippopotame au ventre énorme,
Et le boa, vaste et difforme,
Qui semble un tronc d'arbre vivant.

L'orfraie aux paupières vermeilles,
Le serpent, le singe méchant,
Sifflent comme un essaim d'abeilles ;
L'éléphant aux larges oreilles
Casse les bambous en marchant.

Là, vit la sauvage famille
Qui glapit, bourdonne et mugit.
Le bois entier hurle et fourmille.
Sous chaque buisson un oeil brille,
Dans chaque antre une voix rugit.

Eh bien ! seul et nu sur la mousse,
Dans ce bois-là je serais mieux
Que devant Nourmahal-la-Rousse,
Qui parle avec une voix douce
Et regarde avec de doux yeux.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

3. Clair de lune [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

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La lune était sereine et jouait sur les flots. --
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'un voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? --
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... --
La lune était sereine et jouait sur les flots.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

4. Les Tronçons du serpent [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Albaÿdé", copyright © 2002, (re)printed on this website with kind permission


Je veille, et nuit et jour mon front rêve enflammé
    Ma joue en pleurs ruisselle,
Depuis qu'Albaydé dans la tombe a fermé
    Ses beaux yeux de gazelle.

Car elle avait quinze ans, un sourire ingénu,
    Et m'aimait sans mélange,
Et quand elle croisait ses bras sur son sein nu,
    On croyait voir un ange !

Un jour, pensif, j'errais au bord d'un golfe, ouvert
    Entre deux promontoires,
Et je vis sur le sable un serpent jaune et vert,
    Jaspé de taches noires.

La hache en vingt tronçons avait coupé vivant
    Son corps que l'onde arrose,
Et l'écume des mers que lui jetait le vent
    Sur son sang flottait rose.

Tous ses anneaux vermeils rampaient en se tordant
    Sur la grève isolée,
Et le sang empourprait d'un rouge plus ardent
    Sa crête dentelée.

Ces tronçons déchirés, épars, près d'épuiser
    Leurs forces languissantes,
Se cherchaient, se cherchaient, comme pour un baiser
    Deux bouches frémissantes !

Et comme je rêvais, triste et suppliant Dieu
    Dans ma pitié muette,
La tête aux mille dents rouvrit son œil de feu,
    Et me dit : "O poëte !

"Ne plains que toi ! ton mal est plus envenimé,
    Ta plaie est plus cruelle ;
Car ton Albaydé dans la tombe a fermé
    Ses beaux yeux de gazelle.

"Ce coup de hache aussi brise ton jeune essor.
    Ta vie et tes pensées
Autour d'un souvenir, chaste et dernier trésor,
    Se traînent dispersées.

"Ton génie au vol large, éclatant, gracieux,
    Qui, mieux que l'hirondelle,
Tantôt rasait la terre et tantôt dans les cieux
    Donnait de grands coups d'aile,

"Comme moi maintenant, meurt près des flots troublés ;
    Et ses forces s'éteignent,
Sans pouvoir réunir ses tronçons mutilés
    Qui rampent et qui saignent."


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

5. Malédiction [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

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Qu'il erre sans repos, courbé dès sa jeunesse,
En des sables sans borne où le soleil renaisse
Sitôt qu'il aura lui !
Comme un noir meurtrier qui fuit dans la nuit sombre,
S'il marche, que sans cesse il entende dans l'ombre
Un pas derrière lui !

En des glaciers polis comme un tranchant de hache,
Qu'il glisse, et roule, et tombe, et tombe, et se rattache
De l'ongle à leurs parois !
Qu'il soit pris pour un autre, et, râlant sur la roue,
Dise : Je n'ai rien fait ! et qu'alors on le cloue
Sur un gibet en croix !

Qu'il pense échevelé, la bouche violette !
Que, visible à lui seul, la mort, chauve squelette,
Rie en le regardant !
Que son cadavre souffre, et vive assez encore
Pour sentir, quand la mort le ronge et le dévore,
Chaque coup de sa dent !

Qu'il ne soit plus vivant, et ne soit pas une âme :
Que sur ses membres nus tombe un soleil de flamme
Ou la pluie à ruisseaux !
Qu'il s'éveille en sursaut chaque nuit dans la brume,
Et lutte, et se secoue, et vainement écume
Sous des griffes d'oiseaux !


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

6. Vœu [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Translation(s): ENG

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Si j'étais la feuille que roule
L'aile tournoyante du vent,
Qui flotte sur l'eau qui s'écoule,
Et qu'on suit de l'œil en rêvant ;

Je me livrerais, fraîche encore,
De la branche me détachant,
Au zéphir qui souffle à l'aurore,
Au ruisseau qui vient du couchant.

Plus loin que le fleuve, qui gronde,
Plus loin que les vastes forêts,
Plus loin que la gorge profonde,
[Je fuirais, je courrais, j'irais]1 !

Plus loin que l'antre de la louve,
Plus loin que le bois des ramiers,
Plus loin que la plaine où l'on trouve
Une fontaine et trois palmiers ;

Par delà ces rocs qui répandent
L'orage en torrent dans les blés ;
Par delà ce lac morne où pendent
Tant de buissons échevelés ;

Plus loin que les terres arides
Du chef maure au large ataghan,
Dont le front pâle a plus de rides
Que la mer un jour d'ouragan.

Je franchirais comme la flèche
L'étang d'Arta, mouvant miroir,
Et le mont dont la cime empêche
Corynthe et Mykos de se voir.

Comme par un charme attirée,
Je m'arrêterais au matin
Sur Mykos, la ville carrée,
La ville aux coupoles d'étain.

J'irais chez la fille du prêtre,
Chez la blanche fille à l'œil noir,
Qui le jour chante à sa fenêtre,
Et joue à sa porte le soir.

Enfin, pauvre feuille envolée,
Je viendrais, au gré de mes vœux,
Me poser sur son front, mêlée
Aux boucles de ses blonds cheveux ;

Comme une perruche au pied leste
Dans le blé jaune ; ou bien encor
Comme, dans un jardin céleste
Un fruit vert sur un arbre d'or.

Et là, sur sa tête qui penche,
Je serais, fût-ce peu d'instants,
Plus fière que l'aigrette blanche
Au front étoilé des sultans.


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Confirmed with Oeuvres completes de Victor Hugo, Tome deuxième (Volume 2), Paris, 1843, page 580.

Note: in Bizet and Reber, "zéphir" is spelled "zéphyr" and "Corynthe" is spelled "Corinthe".

1 Reber: "J'irais, je fuirais, je courrais"

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7. Le voile [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

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La sœur
 Qu'avez-vous, qu'avez-vous, mes frères ?
 Vous baissez des fronts soucieux.
 Comme des lampes funéraires,
 Vos regards brillent dans vos yeux.
 Vos ceintures sont déchirées.
 Déjà trois fois, hors de l'étui,
 Sous vos doigts, à demi tirées,
 Les lames des poignards ont lui.

Le frère ainé
 N'avez-vous pas levé votre voile aujourd'hui ?

La sœur
 Je revenais du bain, mes frères,
 Seigneurs, du bain je revenais,
 Cachée aux regards téméraires
 Des giaours et des albanais.
 En passant près de la mosquée
 Dans mon palanquin recouvert,
 L'air de midi m'a suffoquée :
 Mon voile un instant s'est ouvert.

Le second frère
 Un homme alors passait ? un homme en caftan vert ?

La sœur
 Oui... peut-être... mais son audace
 N'a point vu mes traits dévoilés...
 Mais vous vous parlez à voix basse,
 A voix basse vous vous parlez.
 Vous faut-il du sang ? Sur votre âme,
 Mes frères, il n'a pu me voir.
 Grâce ! tuerez-vous une femme,
 Faible et nue en votre pouvoir ?

Le troisième frère
 Le soleil était rouge à son coucher ce soir.

La sœur
 Grâce ! qu'ai-je fait ? Grâce ! grâce !
 Dieu ! quatre poignards dans mon flanc !
 Ah ! par vos genoux que j'embrasse...
 O mon voile ! ô mon voile blanc !
 Ne fuyez pas mes mains qui saignent,
 Mes frères, soutenez mes pas !
 Car sur mes regards qui s'éteignent
 S'étend un voile de trépas.

Le quatrième frère
 C'en est un que du moins tu ne lèveras pas !


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

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     - Emily Ezust

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