The LiederNet Archive
WARNING. Not all the material on this website is in the public domain.
It is illegal to copy and distribute our copyright-protected material without permission.
For more information, contact us at the following address:
licenses (AT) lieder (DOT) net

Chansons perpétuelles de Charles Cros

Word count: 1000

Song Cycle by Henri-Paul Büsser (1872 - 1973)

Show the texts alone (bare mode).

1. L'archet [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


See other settings of this text.


Elle avait de beaux cheveux, blonds
Comme une moisson d'août, si longs
Qu'ils lui tombaient jusqu'aux talons.

Elle avait une voix étrange,
Musicale, de fée ou d'ange,
Des yeux verts sous leur noire frange.

Lui, ne craignait pas de rival,
Quand il traversait mont ou val,
En l'emportant sur son cheval.

Car, pour tous ceux de la contrée,
Altière elle s'était montrée,
Jusqu'au jour où il l'eut rencontrée.

L'amour la prit si fort au cœur,
Que pour un sourire moqueur,
Il lui vint un mal de langueur.

Et dans ses dernières caresses:
Fais un archet avec mes tresses,
Pour charmer tes autres maîtresses.

Puis, dans un long baiser nerveux,
Elle mourut. Suivant ses vœux,
Il fit l'archet de ses cheveux.

Comme un aveugle qui marmonne,
Sur un violon de Crémone
Il jouait, demandant l'aumône.

Tous avaient d'enivrants frissons
A l'écouter. Car dans ses sons
Vivaient la morte et ses chansons.

Le roi, charmé, fit sa fortune.
Lui, sut plaire à la reine brune
Et l'enlever au clair de lune.

Mais chaque fois qu'il y touchait
Pour plaire à la reine, l'archet
Tristement le lui reprochait.

Au son du funèbre langage,
Ils moururent à mi-voyage.
Et la morte reprit son gage.

Elle reprit ses cheveux blonds
Comme une moisson d'août, si longs
Qu'ils lui tombaient jusqu'aux talons.


First published in the revue La Parodie (September, 1869), with music by Ernest Cabaner.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

2. Roses et muguets [ sung text not yet checked against a primary source]

Subtitle: Ronde

Language: French (Français)

Authorship


Go to the single-text view


Dans le vallon qu'arrose
L'eau courante, j'allais
Un jour cueillir la rose,
La rose et les muguets.

Mon amoureux qui n'ose
Rien me dire, y passait ;
Moi je cueillais la rose,
La rose et le muguet.

« Oh vilain ! oh morose ! »
Au nez je lui riais,
Tout en cueillant la rose,
La rose et les muguets.

Sur l'herbe je me pose
En jetant mon bouquet,
Mon beau bouquet de rose,
De rose et de muguet.

« Dis-moi donc quelque chose !
Les oiseaux sont plus gais
Gazouillant à la rose,
Becquetant les muguets.

N'aye pas peur qu'on glose.
Le lézard fait le guet
Couché sur une rose,
Caché dans le muguet. »

Mais sur ma bouche close
Son baiser me narguait.
« Tes lèvres sont de rose
Et tes dents de muguet. »

Le méchant ! Il est cause
(Moi qui tant me moquais !)
Que dans l'eau court ma rose,
Ma rose et mes muguets.


First published 1873.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

3. L'orgue [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


See other settings of this text.


Sous un roi d'Allemagne, ancien,
Est mort Gottlieb le musicien.
On l'a cloué sous les planches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.

Il est mort pour avoir aimé
La petite Rose-de-Mai.
Les filles ne sont pas franches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.

Elle s'est mariée, un jour,
Avec un autre, sans amour.
"Repassez les robes blanches!"
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.

Quand à l'église ils sont venus,
Gottlieb à l'orgue n'était plus,
Comme les autres dimanches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.

Car depuis lors, à minuit noir,
Dans la forêt on peut le voir
À l'époque des pervenches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.

Son orgue a les pins pour tuyaux.
Il fait peur aux petits oiseaux.
Morts d'amour ont leurs revanches.
Hou ! hou ! hou !
Le vent souffle dans les branches.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

4. Ronde flamande [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


See other settings of this text.


Si j'étais roi de la forêt,
Je mettrais une couronne
Toute d'or ; en velours bleuet
J'aurais un trône,

En velours bleu, garni d'argent
Comme un livre de prière,
J'aurais un verre en diamant
Rempli de bière,

Rempli de bière ou de vin blanc.
Je dormirais sur des roses.
Dire qu'un roi peut avoir tant
De belles choses.

*

Dire qu'un roi prend quand il veut
La plus belle fille au monde
Dont les yeux sont du plus beau bleu.
Et la plus blonde,

Avec des tresses comme en a
Jusqu'aux genoux, Marguerite.
Si j'étais roi, c'est celle-là
Que j'aurais vite.

*

J'irais la prendre à son jardin,
Sur l'eau, dans ma barque noire.
Mât de nacre et voile en satin.
Rames d'ivoire.

Satin blanc, nacre et câbles d'or...
Des flûtes, des mandolines
Pour bercer la belle qui dort
Sur des hermines !

*

Hermine, agrès d'or et d'argent.
Doux concert, barque d'ébène,
Couronne et verre en diamant...
J'en suis en peine.

Si j'étais roi de la forêt,
Je mettrais une couronne
Toute d'or ; en velours bleuet
J'aurais un trône,

[ ... ]

First published 1873.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

5. Rendez-vous [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


See other settings of this text.


Ma belle amie est morte,
Et voilà qu'on la porte
En terre, ce matin,
En souliers de satin.

Elle dort toute blanche,
En robe de dimanche,
Dans son cercueil ouvert
Malgré le vent d'hiver.

Creuse, fossoyeur, creuse
A ma belle amoureuse
Un tombeau bien profond,
Avec ma place au fond.

Avant que la nuit tombe
Ne ferme pas la tombe;
Car elle m'avait dit
De venir cette nuit,

[ ... ]
* Au lit que tu sais faire, Fossoyeur, dans la terre. Et, dans ce lit étroit, Seule, elle aurait trop froid. J'irai coucher près d'elle, Comme un amant fidèle, Pendant toute la nuit Qui jamais ne finit.

First published 1873.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

6. Le bleu matin [ sung text not yet checked against a primary source]

Language: French (Français)

Authorship


Go to the single-text view


Le bleu matin
Fait pâlir les étoiles.
Dans l'air lointain
La brume a mis ses voiles.
C'est l'heure où vont,
Au bruit clair des cascades,
Danser en rond,
Sur le pré, les Dryades.

Matin moqueur,
Au dehors tout est rose.
Mais dans mon coeur
Règne l'ennui morose.
Car j'ai parfois
A son bras, à cette heure,
Couru ce bois.
Seule à présent j'y pleure.

Le jour parait,
La brume est déchirée,
Et la forêt
Se voit pourpre et dorée.
Mais, pour railler
La peine qui m'oppresse,
J'entends piailler
Les oiseaux en liesse.


First published 1873.


Submitted by Emily Ezust [Administrator]

Gentle Reminder
This website began in 1995 as a personal project, and I have been working on it full-time without a salary since 2008. Our research has never had any government or institutional funding, so if you found the information here useful, please consider making a donation. Your gift is greatly appreciated.
     - Emily Ezust

Browse imslp.org (Petrucci Music Library) for Lieder or choral works