Les Saisons de Verlaine

Song Cycle by Willem Frederik Bon (1940 - 1983)

Word count: 371

1. Le printemps [sung text not yet checked]

Tendre, la jeune femme rousse,
Que tant d'innocence émoustille,
Dit à la blonde jeune fille
Ces mots, tout bas, d'une voix douce :

» Sève qui monte et fleur qui pousse,
Ton enfance est une charmille :
Laisse errer mes doigts dans la mousse
Où le bouton de rose brille,

» Laisse-moi, parmi l'herbe claire,
Boire les gouttes de rosée
Dont la fleur tendre est arrosée, --

» Afin que le plaisir, ma chère,
Illumine ton front candide
Comme l'aube l'azur timide. « 

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2. L'été [sung text not yet checked]

Despotique, pesant, incolore, l'Été,
Comme un roi fainéant présidant un supplice,
S'étire par l'ardeur blanche du ciel complice
Et baille. L'homme dort loin du travail quitté.

L'alouette au matin, lasse, n'a pas chanté.
Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse
Ou ride cet azur implacablement lisse
Où le silence bout dans l'immobilité.

L'âpre engourdissement a gagné les cigales
Et sur leur lit étroit de pierres inégales
Les ruisseaux à moitié taris ne sautent plus.

Une rotation incessante de moires
Lumineuses étend ses flux et ses reflux...
Des guêpes, çà et là volent, jaunes et noires.

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3. L'automne [sung text not yet checked]

L'automne et le soleil couchant ! Je suis heureux !
Du sang sur de la pourriture !
L'incendie au zénith ! La mort dans la nature !
L'eau stagnante, l'homme fiévreux !

Oh ! c'est bien là ton heure et ta saison, poète
Au cœur vide d'illusions,
Et que rongent les dents de rats des passions,
Quel bon miroir, et quelle fête !

Que d'autres, des pédants, des niais ou des fous,
Admirent le printemps et l'aube,
Ces deux pucelles-là, plus roses que leur robe;

Moi, je t'aime, âpre automne, et te préfère à tous
Les minois d'innocentes, d'anges,
Courtisane cruelle aux prunelles étranges.

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4. L'hiver [sung text not yet checked]

Dans l'interminable
Ennui de la plaine,
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.

Comme des nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.

Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait vivre
Et mourir la lune.

Corneilles poussives,
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive?

Dans l'interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable . . .

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Corinne Orde) , "In the endless tedium of the plain", copyright © 2008, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Geoffrey Wieting