Les sérénades (Dix mélodies)

Song Cycle by Xavier Henri Napoleon Leroux (1863 - 1919)

Word count: 638

1. Dans la forêt [sung text not yet checked]

Dans la forêt que crée un rêve,
Je vais le soir dans la forêt :
Ta frêle image m'apparaît
Et chemine avec moi sans trêve.

N'est-ce pas là ton voile fin,
Brouillard léger dans la nuit brune ?
Ou n'est-ce que le clair de lune 
A travers l'ombre du sapin ? 

Et ces larmes, sont-ce les miennes
Que j'entends couler doucement ?
Ou se peut-il réellement
Qu'à mes côtés, en pleurs, tu viennes ?

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2. Elle marche d'un pas distrait [sung text not yet checked]

Elle marche d'un pas distrait,
Légèrement, comme une oiselle ;
Elle a l'air d'un lys qui serait
Une rose ; je n'aime qu'elle !

Elle a des goûts séditieux
En fait de vers et de toilettes ;
Je n'aime qu'elle. Ses doux yeux
Disent : mes sœurs, aux violettes.

Mais est-elles toujours ainsi
Qu'elle m'est, un soir, apparue ?
Car voici bien longtemps, voici
Bien longtemps que je ne l'ai vue !

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3. Naguère [sung text not yet checked]

Naguère, au temps des églantines,
J'avais des peines enfantines.

Mon cœur se gonflait sans raison
Sous les lilas en floraison.

À respirer les chauds calices
Je goûtais d'amères délices;

Sous les étoiles, pâle et coi,
Je pleurais sans savoir pourquoi.

Et maintenant, je pleure encore
Le long des soirs, comme à l'aurore;

En hiver, sur le banc grésil,
Sur les roses pendant [l'avril]1,

Mes larmes tombent à toute heure :
Mais je sais bien pourquoi je pleure !

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1 Hahn, Paderewski: "avril"

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4. Quand vient l'automne [sung text not yet checked]

Quand vient l'automne nébuleux 
Avec ses pâleurs de chlorose, 
Tu caches les avrils frileux 
Dans un pli de ta jupe rose.
 
Les mélancoliques buveurs 
D'aube vermeille et de rosée 
S'en abreuvent dans les saveurs 
De ta lèvre en songe baisée !

L'âme des papillons défunts 
(Car octobre a des deuils sans nombre !) 
Trouve asile dans les parfums 
De tes cheveux poudrés d'or sombre ;
 
Et, renonçant aux longs exils, 
C'est vers le ciel de tes prunelles 
Nuage par l'ombre des cils 
Que s'envolent les hirondelles ! 

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5. Laisse-les dire [sung text not yet checked]

Laisse-les dire ! Nous irons 
Dans le bois décorer nos fronts 
De liane et de liserons !
 
La douleur n'est pas éternelle : 
On reverra frémir une aile 
Sur réglantier de la venelle. 

Elle reviendra, la saison 
Des vers luisants sous le gazon 
Les amoureux seuls ont raison. 

Quand la sève gonfle la vigne, 
La froide neige se résigne 
A fleurir, lys, à voler, cygne !
 
Malgré l'effort des envieux, 
Mes lèvres au bord de tes yeux 
Boiront des pleurs délicieux, 

Et nous fuirons sous les tonnelles. 
Course folle où tu t'échevèles, 
En chantant mes odes nouvelles ! 

Authorship

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6. Le matin riait [sung text not yet checked]

Le matin riait, ingénu ;
Tu m'as dit : Viens ! je suis venu.

Un peu plus tard, tu m'as dit : Chante !
J'ai chanté ta grâce méchante.

Mais vint la nuit, la nuit d'été :
Tu m'as dit : Pars ! je suis resté.

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7. Ton cœur est d'or pur [sung text not yet checked]

Ton cœur est d'or pur; tout est vrai, 
Net et loyal dans ta nature;
Mais l'espoir dont je m'enivrai 
S'achève en doute et me torture.

Ah ! ma sœur, j'ai vu si souvent, 
A l'heure morne où la nuit tombe,
Mes rêves dispersés au vent
Comme des plumes de colombe !

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8. Tes yeux méchants [sung text not yet checked]

Tes yeux méchants et captieux
Comme le regard des Chimères, 
Je veux les voir, bien que ces yeux 
Causent des peines très amères.
 
Mais tes yeux doux, couleur des cieux, 
Tes yeux sans haine ni malice,
Cache-les-moi : ces tendres yeux 
Infligent un trop dur supplice ! 

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9. Le ciel est très bas [sung text not yet checked]

Le ciel est très bas, rien ne bouge
Sur la noire mer ; l'horizon
Se rapproche, obscure cloison
Que défonce une lune rouge.

Où sont les joyeux promontoires
Dorés par le soleil levant ?
Mon vaisseau qui n'a plus le vent
Laisse pendre ses voiles noires.

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10. Lune froide [sung text not yet checked]

Lune froide et sans auréole,
Avec des langueurs de créole
Vous rêvez douloureusement
Dans l'infini du ciel dormant,

Tandis que, des claires fontaines,
Comme un son de flûtes lointaine
S'exhale vers les cieux blafards
La tristesse des nénuphars !

Authorship

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