by Louis Fauriol ( flourished 1890-1917 )
Le mariage de la lune
Language: French (Français)
Ah ! mes cochons, je r’viens d’une noce J’en ai encor mal au gésier D’rigolarde on s’a fait un’ bosse !… Minc’ de bitur’ qu’on s’est collé C’était un’ noc’ pas peu commune Faut vous dir’ qu’ ça s’passait dans l’ciel On mariait Mad’moiselle la Lune Avec ce cré coquin d’Soleil ! Aussi, pour être à l’heure à table J’avais loué un Santos‑Dumont Une fois dans mon dirigeable J’l’avais prié d’m’enl’ver l’ballon Gi ! d’un seul bond j’suis dans les nuages Et j’vois, à ch’val sur l’arc‑en‑ciel Comm’ moi se rendant au mariage Ce p’tit cochon d’ang’ Gabriel. Plus haut j’rencontrai la Comète C’est ell’ qui m’a fait ce poche œil En passant, c’te grand’ grigoulette M’a foutu un coup d’queu’ dans l’œil Plus loin, j’vis madame la grande Ourse Qui traînait le charriot d’David Aussi vit’qu’un canasson d’course Malgré son âge et son gros bid’ Dans l’char, y’vait l’Étoil’ polaire Pas Polair’ l’acteus’ de Paris Gell’ la avait mis son derrière Sur les g’noux du berger Paris ! Puis, passant tout près de l’Olympe Jupiter mont’ dans mon ballon Avec Léda qui, sous sa guimpe Se f’sait p’loter par m’sieu Pluton. Enfin ! l’on est à la mairie. Et un grom app’lé Cupidon M’dit : entrez vite, on les marie Pendant c’temps lá j’tiens vot’ ballon. En effet, mad’emoisell’ la Lune Devant le bonhomme éternel Venait dire en mangeant un’ prune Le fameux : Oui ! sacrementel… Là d’ssus, on se serr’les phalanges Puis, tout’la noc’ bras-d’ssus, bras-d’ssous Se rend au restaurant des anges Un bistro, comme y’ en à chez nous. On bouffe, on liche, après on s’cogne Et la grande Ours’ donn’ des conseils A la Lune qu’a r’çu sur la trogne De son mari un coup d’soleil ! Un marron sur la coloquinte Et l’Soleil r’proche à sa moitié Comm’ il à d’jà un’ forte pointe, A chaque instant d’changer d’quartier, Oui ! disait l’Soleil en colère Maint’nant ma femm’t’es entier. Quand t’auras qu’un quartier, ma chère. J’aurai qu’ l’quart de ma moitié. On à d’jà donné un’ côtelette D’Adam à Èv’ dans l’Paradis Alors toi, pour qu’tu sois complète Faudra qu’ j’te prêt’ mêm’ mon nombril. Et pis, contemplez ma déveine Sans qu’ça rate, un’ fois tous les mois, C’tte garc’ de Lune est toujours pleine Sans qu’on la touch’ du bout’ du doigt… Et pis, zut’ t’es trop anémique J’ai eu grand tort d’l’épouser Comme nous somm’s en République J’vais voir l’Bon Dieu pour divorcer. Alors, moi ! pour plaire à la Lune, Je tap’ sur ce cochon d’soleil Et c’matin près d’ma p’tit’ brune, J’me suis r’trouvé à mon réveil. Ma femm’me dit avec tendresse Qu’équ’’t’as donc eu,mon gros chéri Tu n’as fait qu’taper sur mes fesses Pendant tout’ la duré’ d’la nuit
Text Authorship:
- by Louis Fauriol ( flourished 1890-1917 ) [author's text not yet checked against a primary source]
Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive):
- by Émile Spencer (1859 - 1921), "Le mariage de la lune", subtitle: "Chanson monologue", published c1909 [ narrator and piano ], Paris : G. Siéver
Score: IMSLP [external link]  [sung text checked 1 time]
Researcher for this page: Joost van der Linden [Guest Editor]
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