Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre, Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour, Est fait pour inspirer au poète un amour Éternel et muet ainsi que la matière. Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ; J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ; Je hais le mouvement qui déplace les lignes, Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris. Les poètes devant mes grandes attitudes, Qu'on dirait que j'emprunte aux plus fiers monuments, Consumeront leurs jours en d'austères études ; Car j'ai pour fasciner ces dociles amants De purs miroirs qui font les étoiles plus belles : Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, in Spleen et Idéal, pages 46-47. Also confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, in Spleen et Idéal, pages 42-43. Also confirmed with Charles Baudelaire, Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, in Spleen et Idéal, page 111. Punctuation follows 1857 edition. Note: this was number 17 in the 1857 and 1861 editions of Les Fleurs du mal but number 18 in subsequent editions.
First published April 20, 1857 in Revue française.
The spellings "poète" in line 3 and "poètes" in line 11 is preferred over the historical spellings "poëte" and "poëtes" used in both the 1861 and 1868 editions.
Text Authorship:
- by Charles Baudelaire (1821 - 1867), "La Beauté", appears in Les Fleurs du mal, in 1. Spleen et Idéal, no. 17, Paris, Revue française, first published 1857 [author's text checked 3 times against a primary source]
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