Poèmes de Louise de Vilmorin

Song Cycle by Louise-Marie Simon (1903 - 1990), as Claude Arrieu

Word count: 577

1. À l'envers de ma porte [sung text not yet checked]

Ma peur bleue, ma groseille,
L’amour est une abeille
Qui me mange le cœur
Et bourdonne à ma bouche
Que tu nourris et touches
Des baisers du malheur.

Mon ange sans oreilles,
Ma peur bleue, ma groseille,
Ne viendras-tu jamais
À l’envers de ma porte ?
Es-tu de cette sorte
Ange sourd et muet ?

Tes mains sans teint, polies
Au jeu de tes folies,
Se mouillent à mes yeux
Et tu ris de ces fleuves
Où naviguent mes vœux
Parmi tes robes neuves.

Ne me donneras-tu
Que ton chapeau pointu
À porter ma sorcière,
Et nul autre baiser
Que ces nids de danger
Et ces ruches entières ?

Ne me permets-tu pas
De t’enlever tes bas
À l’envers de ma porte ?
Je veux voir tes pieds nus
Et les abeilles mortes
Du bonheur revenu.

Mon ange sans oreilles,
Ma peur bleue, ma groseille
Posée sur mes désirs,
Ma chambre est grande ouverte
Que coupe l’allée verte
Par où tu dois venir.

Ma peur bleue, ma groseille,
Viens à fleur de mes veilles
Et que tombe le jour
À l’envers de ma porte.
Et que le vent emporte
Le chemin du retour

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2. Attendez le prochain bateau [sung text not yet checked]

 Belle, sous la mauvaise étoile,
Un soir, une dame à vapeurs,
Sur le pont d’un bateau à voiles
Soupirait pour un voyageur.
Mais insensible aux vœux d’un cœur
Il aimait une dame à voile
Au bord d’un navire à vapeur.

      Oh! Demoiselles fragiles,
      Coquettes des miroirs d’eau,
      Voici le port, voici l’île,
      Attendez le prochain bateau.

Plus tard, devenue dame à voile,
À bord d’un navire à vapeur,
Elle revit ce voyageur
Blanchi aux feux de son étoile.
Mais il avait perdu son cœur
Sur le pont d’un bateau à voiles
Aux pieds d’une dame à vapeurs.

      Oh! Demoiselles fragiles,
      Coquettes des miroirs d’eau,
      Voici le port, voici l’île,
      Attendez le prochain bateau.

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3. Amour [sung text not yet checked]

Une petite plage où l’on ne rit pas
Où personne ne passe :
C’est l’amour.

L’ombre non plus n’y chasse
De bras en bras
Un autre jour.

Pas de fausses mésanges
Mais au loin
Une petite île

Comme une meule de foin,
Et sous l’aile d’un ange
Deux anges immobiles.

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4. J'ai la toux dans mon jeu [sung text not yet checked]

J’ai la toux dans mon jeu,
C’est ainsi que je gagne
Les cœurs aventureux
Qui battent la campagne.

Appuyés à mon lit
Que secouent mes morts feintes
Des jeunes gens pâlis
Se pâment à mes quintes.

Toujours prêts aux adieux,
Car je suis fée d’automne,
Ils prennent à mon jeu
La mort que la toux donne.

Ils saisissent les fleurs
Dont j’ai la bouche pleine,
La bouche à mes couleurs
Et les fleurs de mes veines,

Pour les manger rougies
De mes mauvais desseins
Et goûter en ma vie
Le bouquet de leur fin.

Torses que la toux bombe,
Regards fermés au jour,
Ils roulent vers la tombe
Où vont mes gains d’amour.

J’ai la toux dans mon jeu
C’est ainsi que je gagne
Les cœurs aventureux
Qui battent la campagne.

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5. L'inconnu [sung text checked 1 time]

En plein cœur de ma vie
L'inconnu se fait beau
Qui venu me défie
Et m'impose ses maux
Oh! ses maux et ses mots
Ses vœux ont ma parole
Il m'a donné l'anneau
Qui du monde m'isole
Son visage inconnu
Me sauta au visage
Sa main sur mon bras nu
Mis mes jambes en cage
Tous mes baisers anciens
Ont fui dans l'autre monde
Mes baisers enfantins
Sur ses lèvres abondent
Car il a fait de moi
En plein cœur de ma vie
L'enfant qui autrefois
Rêvait d'être ravie

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