Dis-moi bergeronnette Que fais-tu donc seulette Sur le bord des ruisseaux Ah je vois, tu te mires coquette Et tu t'admires dans le cristal des eaux La nymphe ton amie Te regarde ma mie Cachée dans les roseaux Elle écoute rêveuse La brise harmonieuse Et le chant des oiseaux Qu'elle est belle o mignonne Sous sa verte couronne Avec ses blonds cheveux Soudain elle se penche Pour cueillir la pervenche Modeste et simple fleur Puis doucement la pose Sur sa lèvre de rose En murmurant : ma sœur Toi du moins lui dit-elle Ma fleur tu n'as pas d'aile Pour me quitter toujours Mais la Bergeronnette Ne connait la pauvrette Que d'inconstants amours Elle effleure la folle De son aile frivole Mon cristal le plus pur Puis bientôt vers la nue Disparait à ma vue Dans le lointain azur Mais toi douce pervenche, Tu restes sur la branche Que berce le zéphir Et mon onde amoureuse Près de sa rive heureuse Te voit naitre et mourir.
Six mélodies, recueil 1, op. 3
by René de Boisdeffre (1838 - 1906)
1. La nymphe et l'oiseau
Text Authorship:
- by Anonymous / Unidentified Author ( Madame C. de B. )
Go to the general single-text view
Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]2. Le papillon
Le doux mois des métamorphoses De ses doigts orne le buisson. Déja le jeune papillon S'en va fôlatrer sur les roses. Pourquoi le poser maraudeur Sur les églantines nouvelles ? Ah ! prends bien garde : leur fraîcheur Est plus fragile que tes ailes. Léger comme la fantaisie, Tu vas, tu viens dans ton chemin, Et chaque fleur garde en son sein Pour toi seul la douce ambroisie. Tous les ans, tu dis à leur cœur Tes amoureuses ritournelles. Ah ! prends bien garde : leur saveur Est plus fragile que tes ailes. Quand la nature réjouie Repeuple le buisson désert, Alors quittant son corset vert On voit la rose épanouie. Tu viens dans ta frivolité Caresser ses feuilles si belles. Ah ! prends bien garde : sa beauté Est plus fragile que tes ailes.
Text Authorship:
Go to the general single-text view
Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]3. Soupir
Tout n'est qu'images fugitives ; Coupe d'amertume ou de miel, Chansons joyeuses ou plaintives, Abusent des lèvres fictives : Il n'est rien de vrai que le ciel. Tout soleil naît, s'élève et tombe : Tout trône est artificiel ; La plus haute gloire succombe ; Tout s'épanouit pour la tombe, Et rien n'est brillant que le ciel. Navigateur d'un jour d'orage, Jouet des vagues, le mortel, Repoussé de chaque rivage, Ne voit qu'écueil sur son passage, Et rien n'est calme que le ciel.
Text Authorship:
- by Jean Reboul (1796 - 1864), "Soupir"
See other settings of this text.
Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):
- ENG English (Grant Hicks) , copyright © 2025, (re)printed on this website with kind permission
4. La muse
Muse, accours quand je t'appelle ; Viens causer, comme autrefois, Sur le nid de l'hirondelle Et sur les soupirs des bois. Dis-moi, quand la foudre gronde Et qu'elle enflamme les flots, Ce que dit le vent à l'onde Et la vague aux matelots. Conte ce que ces fillettes Disent tout bas en chemin Aux bouquets de paquerettes Qu'elles cachent dans leurs mains. O dis-moi, pourquoi ces armes, Ces clameurs, ces chants guerriers ? Près de ses mères en larmes, Pour qui poussent ces lauriers ? O Muse, la cloche tint ; Chante un amour couronné. Le prêtre a versé l'eau sainte Sur le front d'un nouveau-né. Chante, la rose est nouvelle ; L'abeille a fait son butin. Chante, la moisson est belle ; Les pauvres auront du pain. O Muse, sous la tonnelle Où Dieu suspend nos désirs, La chanson ouvre son aile Et l'écho dit nos soupirs.
Text Authorship:
Go to the general single-text view
Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]5. Au lever du jour
Sur la montagne errant, je vois le jour éclore, Il plonge ses rayons dans l'azur éclairci ; Les sommets sont en feu, la forêt se colore. Je pense à Dieu ; le front incliné, je l'adore ; Jour de l'âme, dans moi vas-tu renaître aussi ? Les fleurs à la rosée ouvrent leur fine gaze ; Purs calices bercés par un vent adouci, Chacune a son rubis, sa perle ou sa topaze. Je me sens le cœur plein d'amour, de foi, d'extase : Fleurs de l'âme, allez-vous en moi renaître aussi ? L'alouette s'envole en chantant vers la nue ; La caille, le bouvreuil sont cachés près d'ici. Dans l'humide buisson j'entends leur voix connue. La joie est dans mon cœur, de bien loin revenue : Voix de l'âme, allez-vous en moi chanter aussi ?
Text Authorship:
- by Joseph Antoine Autran (1813 - 1877), "Au lever du jour", appears in La vie rurale, tableaux et récits , no. 3, Paris, Éd. Michel Lévy Frères, first published 1856
Go to the general single-text view
Confirmed with Joseph Antoine Autran, Œuvres complètes de J. Autran, II: La vie rurale, Paris: Michel Lévy frères, 1875, pages 21-22.
Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]
6. Chemin faisant
Quand, jeune, j'allais à l'école, Si dans mon chemin fortuné Je voyais quêter une obole Par un petit abandonné, Le cœur débordant de tendresse, Je m'approchait de cet enfant Et nous partagions ma richesse Chemin faisant. L'homme pour vivre en ce bas monde Est soumis à de durs travaux ; On en voit traîner à la ronde Des chars construits pour des chevaux : La sueur inonde leur joue, Le pavé monte, il fait glissant ; Bien souvent je pousse à la roue Chemin faisant. Lors que l'hiver en son colère Vient surprendre le malheureux, Et qu'il ajoute à sa misère En doublant son froid rigoureux, Tout le jour on me voit en route Dans un quartier intéressant, Et j'apprends combien le bois coûte Chemin faisant. Je fais du bien sur cette terre Plus que je peux, c'est dan mon goût ; Mais il en reste encore à faire Puisque le mal se voit partout. Pour moi la vie a bien des charmes ; J'ai pris ma tâche et suis content : Je m'applique à sécher les larmes Chemin faisant.
Text Authorship:
Go to the general single-text view
Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]