Trois chansons bretonnes

Song Cycle by Jean-Émile-Paul Cras (1879 - 1932)

Word count: 480

1. La rencontre [sung text checked 1 time]

Je rentrais le soir de la mer après un long voyage
Je rentrais le soir de la mer quand à mes yeux étonnés
apparut au bord de la mer une fille au pur visage
respirant le vent de la mer, ses cheveux dénoués
Jamais je ne vis devant moi une femme si belle
Jamais je ne vis devant moi un trésor si précieux
Je sentis soudain naître en moi une ardeur toute nouvelle
lorsque vint se poser sur moi le velour de ses yeux
Je voudrais aller lui parler mais je crains ma faiblesse.
Je voudrais aller lui parler et me livrer sans détours
si mes yeux savaient lui parler et lui dire ma tendresse
Ah, si je pouvais sans parler lui offrir mon amour !

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2. L'aveu [sung text checked 1 time]

Ma belle, veux-tu partager mon sort ?
  Je veux t'adorer jusqu'à ma mort.
Jusqu'à ta mort ? C'est beaucoup mon pauvre ami ;
  un seul jour te suffirait-i' ?
Ma belle, veux-tu des sabots menus,
  je crains les cailloux pour tes pieds nus ?
Si mes pieds nus te font mal à regarder,
  tourne-toi de l'autre côté.
Ma belle, veux-tu un souper choisi
  avec du bon vin et du rôti ?
De ton rôti je n'ai pas besoin ce soir,
  j'ai du beurre avec du pain noir.
Ma belle, veux-tu quitter ce pays ?
  je t'amènerai jusqu'à Paris.
Paris, dis-moi, n'est pas au bord de la mer
  que j'veux voir été comme hiver
Ma belle, veux-tu un collier d'or roux ?
  j'en entourerai ton joli cou.
Mon joli cou n'a pas besoin de collier,
  il est blanc, j'aime le montrer.
Ma belle, veux-tu que j't'apporte en plus
  un grand sac pesant rempli d'écus ?
Un sac d'écus !... et pourquoi faire ? mon Dieu,
  garde-le pour quand tu s'ras vieux.
Ma belle, veux-tu cette pauvre fleur
  posée à tes pieds avec mon cœur ?
Mon cœur, prends-le... Je ne peux plus le céler,
  moi aussi veux tojours t'aimer !

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3. La mort [sung text checked 1 time]

Un an nous nous sommes aimés
  depuis l'hiver jusqu'à l'été.
Nos deux cœurs étaient tout entiers
  unis l'un et l'autre à jamais.
Un an, nous nous sommes aimés
  et puis la mort l'a emportée.
Je reste seul et désolé.
  Que suis-je sans elle ?
Mon Dieu, qui aurait jamais dit
  un tel bonheur si tôt fini ?
Je la vois, pâle sur son lit
  comme un oiseau blessé au nid.
Mon Dieu, qui aurait jamais dit
  que mon trésor me serait pris ?
Accueillez-la en paradis.
  Ayez pitié d'elle.
Plus rien ne m'attache ici-bas,
  Puis qu'elle n'est plus en mes bras.
Nuit et jour je cherche ses pas
  le long des grèv'et dans les bois.
Plus rien ne m'attache ici-bas,
  Je ne veux rien que le trépas.
Dieu, ne me le refusez pas.
  Menez-moi vers elle.
Lorsque le soleil disparut,
le pauvre amant soudain mourut.
La même tombe l'a reçu.
Il dort tout près d'elle.

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