— Tacet —
Le Musée en musique, sur des poèmes de Paul Éluard
by Nicolas Chevereau (b. 1989)
1. Prélude
Go to the general single-text view
2. Marc Chagall  [sung text not yet checked]
Le temps était long, l’histoire était brève Les mystères éternels réjouissaient les horlogers Et les enfants énuméraient en chœur Les règles d’or de la réalité. Règle d'or vert règle d'or jaune Règle d'or blanc règle d'or rouge D'or dans le vide d'or dans sa stérilité Au jour le jour est sans jamais une surprise Nous les fous nous pensions aux règles des mirages Règle d'or bleu règle d'or noir Règle d'or violet Règle d'or de l'espace Règle d'or sans frontières Règle nutritive et désaltérante Érotique règle infinie Où la bouche répète le trésor sans se laisser
Text Authorship:
- by Eugène Émile Paul Grindel (1895 - 1952), as Paul Éluard, no title, appears in Marc Chagall, no. 1
Go to the general single-text view
Confirmed with Paul Éluard, Œuvres complètes, Vol. 2, Paris: Gallimard, 1968, Page 117.
Research team for this page: Grant Hicks [Guest Editor] , Joost van der Linden [Guest Editor]
3. Oscar Dominguez  [sung text not yet checked]
Que n'avait-on pris en consigne Au premier instant ces lignes hésitantes Et ce lourd déploiement de couleurs injouables Que n'avait-on considéré D'un œil plus juste cet espace D'où les objets voyants d'où les objets aveugles Ne sortaient pas Que n'avait-on déployé fait fleurir L'état de grâce des vivants La prééminence des morts Un homme ancien un homme neuf Avides et violents Pour passer dans la vie sans penser à la mort Nous parlions le langage embarrassée de l'ombre Mais sur les deux versants du monde Nous sommes pris dans la glu des images Le sol rougit à blanc du levant au couchant.
Text Authorship:
- by Eugène Émile Paul Grindel (1895 - 1952), as Paul Éluard, "À Oscar Dominguez"
Go to the general single-text view
Confirmed with Paul Éluard, Œuvres complètes, Vol. 2, Paris: Gallimard, 1968, Page 183.
Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]
4. Gérard Vulliamy  [sung text not yet checked]
Le feu mit en ordre la fête Et détruisant les murs détruisit les fenêtres Il déploya les verres de l'ivresse Il les remplit du contrepoids de la sagesse Il se développa comme un cerveau sans tête Gagnant sur les regards sur les voix sur les gestes Herbe musicienne il passa les frontières Des parfums ressemblantes et des couleurs en germer De sa rouille il drapa la force et la faiblesse Le cœur de l'étendue me fut qu'une étincelle La terre dominait la mer était sujette Mais le soleil sortit de son sommeil céleste Sur le feu de la terre il versa sa lumière Éteignit l'ombre ardente et l'on vit une bête Passer dans la verdure et l'on vit une tête Qui saluait le jour et la fraîcheur de l'air.
Text Authorship:
- by Eugène Émile Paul Grindel (1895 - 1952), as Paul Éluard, "La mort du feu aveugle"
Go to the general single-text view
Confirmed with Paul Éluard, Œuvres complètes, Vol. 2, Paris: Gallimard, 1968, Pages 186-187.
Dedicated to Gérard Vulliamy.Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]
5. Cicero Dias  [sung text not yet checked]
Les arbres droits la tête arrosée de soleil Je donne à mon soleil la sève évaporée Sur le marbre des feuilles le soleil repose Comme l'eau de la mer sur les fonds endormis Le ciel est d'un seul bloc la terre est verticale Et les ombres des arbres continuent les arbres
Text Authorship:
- by Eugène Émile Paul Grindel (1895 - 1952), as Paul Éluard, "Palmiers", subtitle: "À Cícero Dias"
Go to the general single-text view
Confirmed with Au fil de la plume, sous la direction de Anne-Marie Quint, Centre de Recherche sur les Pays Lusophones-Crepal, Cahier No. 10, Presses Sorbonne Nouvelle, 2003, page 208.
Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
6. Jean Fautrier  [sung text not yet checked]
Au fond d'un peu de soleil Aujourd'hui gît la prairie La forêt la plus ancienne La mousse la goutte d'eau Au fond d'un peu de cristal Le mouvement d'un peu d'eau Vierge verte bien vêtue Avec une lenteur d'orgue Une main de musc et d'ombre Rôde autour d'un fruit fondu Une lenteur égoïste Tourne forte d'un passé Que la foudre ressuscite Blanche d'être tant aimée Dépouillée et enrichie Élargie et refermée Forte d'un songe équivoque Aussi sombre que la terre.
Text Authorship:
- by Eugène Émile Paul Grindel (1895 - 1952), as Paul Éluard, "Á Fautrier"
Go to the general single-text view
Confirmed with Paul Éluard, Œuvres complètes, Vol. 2, Paris: Gallimard, 1968, Pages 185-186.
Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]
7. Jacques Villon  [sung text not yet checked]
L'eau dans la terre dans le noir Au cœur de la terre et dans l'herbe De nuit de nuit profonde La terre avant gagné l'homme L'eau dans l'aurore Et sur les routes molles Du matin prenant feu L'eau dans la pierre transparente Aux carrefours de la clarté Des prunelles éblouissantes Sont visibles sous ses paupières Et je rampe vers des mirages Vers des étoiles disparues Vers des sables d'acier et d'ambre Je tiens un verre c'est l'azur De mes deux mains l'une est fermée Sur la lumière inextinguible Et dans l'autre le soleil tinte Étincelles englouties Soifs englouties poussière Et remords des couleurs.
Text Authorship:
- by Eugène Émile Paul Grindel (1895 - 1952), as Paul Éluard, no title, appears in Voir. Poemes, Peintures, Dessins, in 6. De la lumière et du pain, no. 4
Go to the general single-text view
Confirmed with Paul Éluard, Œuvres complètes, Vol. 2, Paris: Gallimard, 1968, Pages 175-176.
Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]
8. Pablo Picasso  [sung text not yet checked]
Tu dressais une haute épee Comme un drapeau au vent contraire Tu dressais ton regard contre l'ombre et le vent Des ténèbres confondantes Tu n'as pas voulu partager Il n'y a rien à attendre de rien La pierre ne tombera pas sur toi Ni l'éloge complaisant Dur contempteur avance en renonçant Le plaisir naît au sein de ton refus L'art pourrait être une grimace Tu le réduis à n'être qu'une porte Ouverte par laquelle entre la vie
Text Authorship:
- by Eugène Émile Paul Grindel (1895 - 1952), as Paul Éluard, no title, appears in Poésie ininterrompue, in Le travail du peintre, no. 2
Go to the general single-text view
Confirmed with Paul Éluard, Œuvres complètes, Vol. 2, Paris: Gallimard, 1968, Pages 50-51.
Researcher for this page: Grant Hicks [Guest Editor]