Impressions

Song Cycle by Jacques Guillaume de Sauville de la Presle (1888 - 1969)

Word count: 377

1. J’ai parfois dans le cœur un désir insensé [sung text checked 1 time]

J’ai parfois dans le cœur un désir insensé
De courir dans la nuit profonde, hors d’haleine
Lorsque le vent du nord hurleur triste et glacé,
Tord et tourmente au loin les arbres de la plaine.
 
Et, je m’arrêterai à l’endroit où l’étang
Vient mourir sur la rive en roulant son eau blême,
A l’endroit où les soirs orageux, on entend
Les roseaux entonner leur chant, toujours le même.
 
Ce chant n’est qu’un soupir, une plainte sans fin,
Des roseaux fatigués par l’ouragan sauvage.
Et moi, j’écouterai ce pénible refrain,
Je resterai longtemps debout sur le rivage.
 
Et l’onde qui sanglote et les joncs murmurants
Et le vent palpitant comme une aile blessée,
Tous ces bruits de tempête aux accents déchirants,
Trouveraient un écho dans ma sombre pensée.

Authorship

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2. Oh ! quel étrange mal [sung text checked 1 time]

Oh ! Quel étrange mal me tourmente et me blesse !
J’ai le cœur envahit pas le silence amer.
Le silence a jeté dans mon âme en détresse
Le froid que met la nuit navrante sur la mer.
 
Et je suis abattu par le chagrin qui ronge ;
Fatigué, je n’ai plus la force de penser.
Je n’ai plus que l’esprit sombre et pensif du songe,
Et j’ai des visions que je ne puis chasser.
 
Et c’est surtout quand vient le soir aux ailes grises
Que la torpeur me prend dans ses bras enlacés.
Et qu’un jour violet froid comme un jour d’église,
Fait tomber sur mon cœur ses longs rayons glacés.

Authorship

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3. Accablé de silence et d'ombre [sung text checked 1 time]

Accablé de silence et d’ombres, où rien ne passe,
Marchant dans les sentiers obscurcis par le soir,
Parmi la nuit qui vous entoure et qui vous glace,
Seul, s’en aller le cœur vide de tout espoir.
 
Sentir au fond de l’âme un besoin de tendresse
Comprendre avec des pleurs qui vous fond bien souffrir
Que l’amitié n’est rien et que l’amour vous blesse,
Vivre parce qu’on est trop faible pour mourir.
 
Et soudain frémissant de douleur et de fièvre,
Tendre une bouche avide aux baisers d’autrefois,
Et n’avoir pour baiser que le vent sur la lèvre,
Pour paroles d’amour que le soupir des bois.
 
Ô, vent du Nord, hurleur funèbre qui m’apporte
Les frissons de la nuit sous les brumes du ciel ;
Vous, soirs d’automne, soirs pour les voluptés mortes
N’aurez-vous pas pitié d’un supplice éternel ?

Authorship

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