by Pierre-Félix Louis (1870 - 1925), as Pierre Louÿs
Ouvre sur moi tes yeux si tristes et si...
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Language: French (Français)
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Ouvre sur moi tes yeux si tristes et si tendres, Miroirs de mon étoile, asiles éclairés, Tes yeux plus solennels de se voir adorés, Temples où le silence est le secret d'entendre. Quelle île nous conçut des strophes de la mer ? Onde où l'onde s'enroule à la houle d'une onde, Les vagues de nos soirs expirent sur le monde Et regonflent en nous leurs eaux couleur de chair. Un souffle d'île heureuse et de santal soulève Tes cheveux, innombrables ailes, et nous fuit De la nuit à la rose, arôme, dans la nuit, Par delà ton sein double et pur, Delphes du rêve. Parle. Ta voix s'incline avec ta bouche. Un dieu Lui murmure les mots de la mélancolie Hâtive d'être aimée autant qu'elle est jolie Et qui dans les ferveurs sent frémir les adieux. Ta voix, c'est le soupir d'une enfance perdue. C'est ta fragilité qui vibre de mourir. C'est ta chair qui, toujours plus fière de fleurir, Toujours se croit dans l'ombre à demi descendue. Enlaçons-nous. Le vent vertigineux des jours Arrache la corolle avant la feuille morte. Le vent qui tourne autour de la vie et l'emporte Sans vaincre nos désirs peut rompre nos amours. Et s'il veut nous ravir à la vertu d'éclore, Que nous restera-t-il de ce jour surhumain ? La fièvre du front lourd, trop lourd pour une main, Et le songe, qui meurt brusquement à l'aurore.
P. Cardy sets stanza 1
Naoumoff sets stanza 1
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- by Pierre-Félix Louis (1870 - 1925), as Pierre Louÿs, no title, appears in Pervigilium mortis, no. 1 [author's text checked 1 time against a primary source]
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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
This text was added to the website between May 1995 and September 2003.
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