by Charles Baudelaire (1821 - 1867)
L'amour du mensonge
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Language: French (Français)
Quand je te vois passer, ô ma chère indolente, Au chant des instruments qui se brise au plafond Suspendant ton allure harmonieuse et lente, Et promenant l'ennui de ton regard profond ; Quand je contemple, sous le gaz qui le colore, Ton front pâle, embelli par un morbide attrait, Où les torches du soir allument une aurore, Et tes yeux attirants comme ceux d'un portrait, Je me dis : qu'elle est belle ! et bizarrement fraîche ! Le souvenir massif, royale et lourde tour, La couronne, et son cœur, meurtri comme une pêche, Est mûr, comme son corps, pour le savant amour. Es-tu le fruit d'automne aux saveurs souveraines ? Es-tu vase funèbre attendant quelques pleurs, Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines, Oreiller caressant, ou corbeille de fleurs ? Je sais qu'il est des yeux, des plus mélancoliques, Qui ne recèlent point de secrets précieux ; Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans reliques, Plus vides, plus profonds que vous-mêmes, ô Cieux ! Mais ne suffit-il pas que tu sois l'apparence, Pour réjouir un cœur qui fuit la vérité ? Qu'importe ta bêtise ou ton indifférence ? Masque ou décor, salut ! J'adore ta beauté.
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Même elle avait encor cet éclat emprunté
Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
(Racine, Athalie.)
Research team for this page: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]
Confirmed with Revue contemporaine, neuvième année, seconde série, tome quinzième, Paris: Bureaux de la Revue contemporaine, 1860, pages 95-96. Also confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 229-230. Also confirmed with Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, pages 280-281. Punctuation and formatting follows 1860 edition. Note: this appears in the 1861 edition of Les Fleurs du mal as number 98 but as number 122 in subsequent editions.
The following epigraph appears in the 1860 edition:Même elle avait encor cet éclat emprunté
Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
(Racine, Athalie.)
Text Authorship:
- by Charles Baudelaire (1821 - 1867), "L'amour du mensonge", appears in Les Fleurs du mal, in 2. Tableaux parisiens, no. 98, Paris, Bureaux de la Revue contemporaine, first published 1860 [author's text checked 1 time against a primary source]
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This text was added to the website: 2011-03-06
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