L'image divine
Language: French (Français) 
Vos mains sont belles, mon enfant, vos mains sont belles,
Mais leur geste pensif ne s'est jamais penché
Pour saisir doucement par le bout de ses ailes 
Le papillon qui vole à ta lampe, ô Psyché ! 

Ta bouche est fraîche, mon enfant, ta bouche est fraîche, 
Et le sang qui la teint n'est pas encor celui 
Qu'envenime à jamais la pointe de la flèche 
Et qui porte partout le poison qu'il conduit. 

Tes yeux, ô mon enfant, sont beaux en ton visage 
Que l'aurore salue et qu'éveille le jour, 
Et l'innocent orgueil de ton jeune courage 
Sourit en ton regard qui n'a pas vu l'Amour. 

Mais lorsque, sur ta lèvre ayant posé sa bouche, 
Entre ses mains, dans l'ombre, il aura pris ta main, 
Et que tu garderas, enivrée et farouche, 
L'image dans tes yeux de ce passant divin, 

Alors, si tu veux boire aux plus fraîches fontaines, 
Ta soif n'y trouvera qu'une source de feu, 
Parce que dans leurs eaux qu'échauffa son haleine
Se sera reflété le visage du Dieu. 

Et tu t'éloigneras, silencieuse et grave, 
Avec tes doigts ardents sur ton cœur enflammé, 
Et le sol brûlera ton pied comme une lave 
Et tu seras plus belle encor d'avoir aimé.

Confirmed with La Sandale ailée, 1903-1905, Sixième Édition, Paris, Société du Mercure de France, 1906, pages 70-71.


Authorship

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

This text was added to the website: 2015-04-16
Line count: 24
Word count: 203