by Louis-Claude Chevojon, Abbé (1820 - 1898)
La voix de l'océan
Language: French (Français)
Océan ! Océan ! Lorsque sur ton rivage,
Le regard ébloui, je me suis arrêté
J'ai dit à Dieu : Seigneur, n'est-ce pas là l'image
De ta divinité ?
Je voudrais vainement en sonder l'étendue ;
Le flot se mêle au flot à l'horizon lointain,
Et de quelque côté que se porte ma vue,
C'est l'Océan sans fin.
Une barque apparait sur les vagues profondes
Je la vois s'éloigner sous un souffle béni ;
Mais la voilà perdue au vaste sein des ondes
Comme dans l'infini.
Océan ! Océan ! Lorsque sur ton rivage,
Devant tant de grandeurs je me suis arrêté
J'ai dit à Dieu : Seigneur, n'est-ce pas là l'image
De ton immensité ?
Hier, c'était un lac éblouissant, splendide :
Le ciel s'y reflétait comme dans un miroir,
Et la vague à mes pieds venait mourir limpide
Sous la brise du soir.
Seul à la contempler dans ce calme suprême
Sous un charme inconnu je priais, j'adorais :
Et le cœur inondé je sentais en moi-même
Un océan de paix.
Océan ! Océan ! Lorsque sur ton rivage,
Devant tant de repos je me suis arrêté
J'ai dit à Dieu : Seigneur, n'est-ce pas là l'image
De ta sérénité ?
Tout a changé : j'entends plus fort que le tonnerre
Dans un affreux chaos les vagues retentir.
Il monte, il se soulève, il semble en son colère,
Vouloir tout engloutir.
De femmes et d'enfants, une foule éperdue
Accourt sur le rocher par l'orage battu ;
Elle prie.... O mon Dieu ! sera-t-elle entendue
Et l'exauceras-tu ?
Océan ! Océan ! Lorsque sur ton rivage,
Devant tant de fureur je me suis arrêté
J'ai dit à Dieu : Seigneur, n'est-ce pas là l'image
De ta sévérité ?
Aujourd'hui, sur le port, ce sont des cris de fête :
Nos grands vaisseaux, partis des bouts de l'univers,
Rapportent dans leurs flancs, nourcis par la tempête,
Mille produits diverses.
La barque du pêcheur revient aussi joyeuse :
Pleine de gros poissons, elle est pleine de chants
Le marin va pouvoir rendre sa femme heureuse
Et nourrir ses enfants.
Océan ! Océan ! Lorsque sur ton rivage,
Devant tant de trésors je me suis arrêté
J'ai dit à Dieu : Seigneur, n'est-ce pas là l'image
De ta fécondité ?
Il est là toujours beau, majestueux, immense
Avec ses flots d'azur se balançant toujours.
Il est là, tel que Dieu d'un mot, dans sa puissance,
Le fit aux premiers jours.
Quand tout passe ici-bas, quand les siècles s'écoulent,
Emportant avec eux les trônes, les palais
Quand tombent les cités, quand les empires croulent,
Lui ne change jamais.
Océan ! Océan ! Lorsque sur ton rivage,
Devant ton long destin je me suis arrêté
J'ai dit à Dieu : Seigneur, n'est-ce pas là l'image
De ton éternité ?
Dieu se montre partout, il se révèle à l'âme,
Ici dans son amour et là dans sa grandeur
Au sein de l'univers, chaque être le proclame,
Tous le chantent en chœur.
J'entends la fleur des champs, j'entends le grain de sable ;
J'entends l'aigle des monts, l'astre du firmament
Mais, avant tout, j'entends ta voix incomparable,
O superbe Océan !
Océan ! Océan ! Lorsque sur ton rivage,
Le regard ébloui, je me suis arrêté
J'ai dit à Dieu : Seigneur, c'est vrainent là l'image
De ta Divinité ?
G. Alary sets stanzas 1, 5-10, 14-16
Text Authorship:
- by Louis-Claude Chevojon, Abbé (1820 - 1898), appears in Souvenirs poétiques : À mes Amis, É. Martinet, first published 1879 [author's text not yet checked against a primary source]
Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive):
- by Giulio Alary (1814 - 1891), "La voix de l'océan", stanzas 1, 5-10, 14-16 [ medium voice and piano ], from 20 Mélodies, Vol. II, no. 18, Paris, Éd. Durand & Schoenewerk [sung text checked 1 time]
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