Trois Sonnets pour Hélène emmusiqués par Jean Dupérier en l'an 1917 pour une jolie voix et orchestre de chambre

by Jean Dupérier (1886 - 1976)

1. Belle gorge d'albastre [sung text not yet checked]

Belle gorge d’albastre, et vous chaste poictrine,
Qui les Muses cachez en un rond verdelet :
Tertres d’Agathe blanc, petits gazons de laict,
Des Graces le sejour, d’Amour et de Cyprine :
 
Sein de couleur de lis et de couleur rosine,
De veines marqueté, je vous vy par souhait
Lever l’autre matin, comme l’Aurore fait
Quand vermeille elle sort de sa chambre marine.
 
Je vy de tous costez le Plaisir et le Jeu,
Venus, Amour, la Grace armez d’un petit feu,
Voler ainsi qu’enfans, par vos coustaux d’yvoire,
 
M’esblouyr, m’assaillir et surprendre mon fort :
Je vy tant de beautez que je ne les veux croire.
Un homme ne doit croire aux tesmoins de sa mort.

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2. Si j'estois seulement en vostre bonne grace [sung text not yet checked]

Si j’estois seulement en vostre bonne grace
Par l’erre d’un baiser doucement amoureux,
Mon cœur au departir ne seroit langoureux,
En espoir d’eschaufer quelque jour voste glace.
 
Si j’avois le portrait de vostre belle face,
Las ! je demande trop ! ou bien de vos cheveux,
Content de mon malheur je serois bien heureux,
Et ne voudrois changer aux celestes de place.
 
Mais je n’ay rien de vous que je puisse emporter,
Qui soit cher à mes yeux pour me reconforter,
Ne qui me touche au cœur d’une douce memoire.
 
Vous dites que l’Amour entretient ses accords
Par l’esprit seulement, je ne sçaurois le croire :
Car l’esprit ne sent rien que par l’ayde du corps.

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3. Comme une belle fleur assise entre les fleurs [sung text not yet checked]

Comme une belle fleur assise entre les fleurs,
Mainte herbe vous cueillez en la saison plus tendre
Pour me les envoyer, et pour soigneuse appendre
Leurs noms et qualitez, especes et valeurs.
 
Estoit-ce point afin de guarir mes douleurs,
Ou de faire ma playe amoureuse reprendre ?
Ou bien s’il vous plaisoit par charmes entreprendre
D’ensorceler mon mal, mes flames et mes pleurs ?
 
Certes je croy que non : nulle herbe n’est maistresse
Contre le coup d’Amour envieilly par le temps.
C’estoit pour m’enseigner qu’il faut dés la jeunesse,
 
Comme d’un usufruit, prendre son passetemps :
Que pas à pas nous suit l’importune vieillesse,
Et qu’Amour et les fleurs ne durent qu’un Printemps.

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