Cinq poèmes de François Villon

Song Cycle by Wim Franken (b. 1922)

1. Question au clerc du guichet [sung text not yet checked]

Que vous semble de mon appel,
Garnier ? Fis-je sens ou folie ?
Toute bête garde sa pel ;
Qui la contraint, efforce ou lie,
S'elle peut, elle se délie.
Quand donc par plaisir volontaire
Chantée me fut cette homélie,
Etoit-il lors temps de moi taire ?

Se fusse des hoirs Hue Capel
Qui fut extrait de boucherie,
On ne m'eût, parmi ce drapel,
Fait boire en cette écorcherie.
Vous entendez bien joncherie ?
Mais quand cette peine arbitraire
On me jugea par tricherie,
Etoit-il lors temps de moi taire ?

Cuidiez-vous que sous mon capel
N'y eût tant de philosophie
Comme de dire : " J'en appel ? "
Si avoit, je vous certifie,
Combien que point trop ne m'y fie.
Quand on me dit, présent notaire :
" Pendu serez ! " je vous affie,
Etoit-il lors temps de moi taire ?

Prince, se j'eusse eu la pépie,
Piéça je fusse où est Clotaire,
Aux champs debout comme une épie.
Etoit-il lors temps de moi taire ?

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2. Ballade des dames du temps jadis [sung text not yet checked]

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?

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  • ENG English (Laura Prichard) , "Ballad of the ladies of long ago", copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission

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3. Ballade des femmes de Paris [sung text not yet checked]

Quoy qu'on tient belles langagières
Florentines, Veniciennes, 
Assez pour estre messaigières,
Et mesmement les anciennes;
Mais, soient Lombardes, Romaines, 
Genevoises, à mes perils, 
Piemontoises, Savoysiennes,
Il n'est bon bec que de Paris.

De beau parler tiennent chayeres, 
Ce dit-on Napolitaines,
Et que sont bonnes cacquetières
Allemandes et Bruciennes;
Soient Grecques, Egyptiennes,
De Hongrie ou d'aultre païs,
Espaignolles ou Castellannes,
Il n'est bon bec que de Paris.

Brettes, Suysses, n'y sçavent guèrres,
Ne Gasconnes et Tholouzaines;
Du Petit Pont deux harangères les concluront,
Et les Lorraines, 
Anglesches ou Callaisiennes,
(ay-je beaucoup de lieux compris?)
Picardes, de Valenciennes...
Il n'est bon bec que de Paris.

Envoi
Prince, aux dames parisiennes,
De bien parler donnez le prix;
Quoy qu'on die d'Italiennes,
Il n'est bon bec que de Paris.

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  • ENG English (Algernon Charles Swinburne) , "Ballad of the women of Paris"
  • ENG English (Laura Prichard) , "Ballade of the women of Paris", copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission

Modernized spelling provided by Laura Prichard):

Quoi qu'on tient belles langagères	
Florentines, Vénitiennes,	
Assez pour être messagères,	
Et mêmement les anciennes;	
Mais, soient Lombardes, Romaines,	
Genevoises, à mes perils,	
Piémontoises, Savoisiennes,	
Il n'est bon bec que de Paris.	

De beau parler tiennent chayères,	
Ce dit-on, Napolitaines,	
Et que sont bonnes caquetières	
Allemandes et Prussiennes;	
Soient Greques, Egyptiennes,	
De Hongrie ou d'autre pays,	
Espagnoles ou Catelannes,	
Il n'est bon bec que de Paris.	

Brettes, Suisses, n'y savent guères,	
Ne Gasconnes et Toulousaines:	
Du Petit Pont deux harengères
Les concluront, et les Lorraines,	
Anglesches ou Calaisiennes,	
(Ai-je beaucoup de lieux compris?)	
Picardes, de Valenciennes;	
Il n'est bon bec que de Paris.	

Prince, aux dames parisiennes	
De bien parler donner le prix;	
Quoi qu'on dit d'Italiennes,	
Il n'est bon bec que de Paris.


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4. Rondeau à la mort [sung text not yet checked]

Mort, j'appelle de ta rigueur,
Qui m'as ma maîtresse ravie,
Et n'es pas encore assouvie
Si tu ne me tiens en langueur :

[Onc]1 puis n'eus force [ni]2 vigueur ;
Mais que te [nuisoit]3-elle en vie,
Mort ?

Deux étions et n'avions qu'un coeur ;
S'il est mort, force est que dévie,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme les images, par coeur,
Mort !

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  • ENG English (Laura Prichard) , "Death, I appeal to your harshness", copyright © 2016, (re)printed on this website with kind permission

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1 Martin: "Or"
2 Martin: "ne"
3 Martin: "nuisait"

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5. Epitaphe et verset  [sung text not yet checked]

[ ... ]

CY GIST ET DORT, EN CE SOLLIER, 
QU'AMOUR OCCIST DE SON RAILLON,
UNG POVRE PETIT ESCOLLIER,
QUI FUT NOMMÉ FRANÇOIS VILLON. 
ONCQUES DE TERRE N'EUT SILLON. 
IL DONNA TOUT CHASCUN LE SCET :
TABLE, TRETTEAUX ET CORBILLON.
POUR DIEU, DICTES-EN CE VERSET.

Authorship:

Confirmed with Œuvres complètes de François Villon, ed. by Paul Lacroix, Paris, Ernest Flammarion, 1879, page 171.


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