Deux Poèmes de Charles Baudelaire

Song Cycle by André Caplet (1879 - 1925)

1. La cloche fêlée [sung text checked 1 time]

Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver, 
D'écouter près du feu qui palpite et qui fume 
Les souvenirs lointains lentement s'élever
Au bruit des carillons qui chantent dans la brume.

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux 
Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante, 
Jette fidèlement son cri religieux, 
Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente !

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis 
Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits, 
Il arrive souvent que sa voix affaiblie

Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie 
Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts, 
Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.

Authorship:

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Corinne Orde) , "The cracked bell", copyright © 2007, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "The Broken Bell", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • GER German (Deutsch) (Terese Robinson, née Therese Langenbach) , "Die zersprungene Glocke", first published 1925

Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, in Spleen et Idéal, pages 136-137.

First published 1851-04-09 in Le Messager de l'Assemblée under the title "Le Spleen"; also appears published June 1855 in Revue des Deux Mondes under the title "La Cloche". The title "La Cloche fêlée" is used in all editions of Les Fleurs du mal. This was number 58 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but 74 or 76 in subsequent editions.


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

2. La mort des pauvres [sung text checked 1 time]

C'est la Mort qui [console et la Mort]1 qui fait vivre ;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, [divin]2 élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir ;

À travers la tempête, et la neige et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir 

C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus !

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Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, in La Mort, pages 245-246. Also confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, in La Mort, pages 297-298. Also confirmed with Charles Baudelaire, Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, in La Mort, page 340. Punctuation follows 1857 edition. Note: this was number 99 in 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 122 or 147 in subsequent editions.

1 1861 edition, 1868 edition, G. Bachlund, A. Caplet, Hirschberg, and E. Rautavaara: "console, hélas ! et"
2 1861 edition, 1868 edition, G. Bachlund, A. Caplet, and E. Rautavaara: "comme un"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]
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