Fleurs du mal

Song Cycle by Wim Laman (b. 1946)

Word count: 470

1. La destruction [sung text not yet checked]

Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon ;
II nage autour de moi comme un air impalpable.
Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon,
Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.

Parfois il prend, sachant mon grand amour de l'Art,
La forme de la plus séduisante des femmes,
Et, sous de spécieux prétextes de cafard,
Accoutume ma lèvre à des philtres infâmes.

II me conduit ainsi loin du regard de Dieu,
Haletant et brisé de fatigue, au milieu
Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,

Et jette dans mes yeux pleins de confusion
Des vêtements souillés, des blessures ouvertes,
Et l'appareil sanglant de la Destruction.

Authorship

Confirmed with Revue des Deux Mondes, seconde série de la nouvelle période, tome dixième, Les Fleurs du mal, Paris: Bureau de la Revue des Deux Mondes, 1855, pages 1083-1084. Also confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 181-182. Also confirmed with Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, pages 28-29. Punctuation and capitalization follows 1855 edition.

First published as "La Volupté" in Revue des Deux Mondes, seconde série de la nouvelle période, tome dixième, 1855. The title "La Destruction" is used in all editions of Les Fleurs du mal. In line 4-2, the word "vêtements" was spelled "vêtemens" in the 1855 edition


Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

2. La mort des amants [sung text not yet checked]

Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Un soir [plein]1 de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

Et [bientôt]2 un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

Authorship

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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , "The death of the lovers", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
  • ENG English (Cyril Meir Scott) , "The Death of the Lovers", appears in The Flowers of Evil, London, Elkin Mathews, first published 1909
  • GER German (Deutsch) (Stefan George) , "Der Tod der Liebenden", appears in Die Blumen des Bösen, in Der Tod, Berlin: Bondi, first published 1901
  • ITA Italian (Italiano) (Ferdinando Albeggiani) , "La morte degli amanti", copyright © 2010, (re)printed on this website with kind permission
  • POL Polish (Polski) (Bronisława Ostrowska) , "Śmierć Kochanków", Kraków, first published 1911
  • SPA Spanish (Español) (Victor Torres) , "La muerte de los amantes", copyright © 2011, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Les Fleurs du mal, La Mort, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 243-244. Note: this was number 98 in the first edition of Les Fleurs du mal but number 121 or 146 in subsequent editions.

1 1861 and 1868 editions, Bachlund, Charpentier, Debussy, Desbonnet, van Deurzen: "fait"
2 1861 and 1868 editions, Bachlund, Charpentier, Debussy, Desbonnet, van Deurzen: "plus tard"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]

3. Les bijoux [sung text checked 1 time]

La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des [Maures]1.
     
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime [avec]2 fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.
     
Elle était donc couchée, et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
À mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.
     
Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses.
     
Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,
     
S'avançaient plus câlins que les anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal,
Où calme et solitaire elle s'était assise.
     
Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe !
     
- Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !

Authorship

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , "Ékszerek", copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

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Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, appears in Spleen et Idéal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, pages 52-53. Note: this was number 20 in the first edition of Les Fleurs du mal but did not appear in subsequent editions of the collection due to state censorship. This poem was only again published in 1866 in Les Épaves as number 6.

1 alternate spelling in 1866 edition (also used by Laman): "Mores"
2 1866 edition, Laman: "à la"

Research team for this text: Emily Ezust [Administrator] , Poom Andrew Pipatjarasgit [Guest Editor]