Czech (Čeština) translations of Deux mélodies, opus 72
by Léon Orthel (1905 - 1985)
La musique [parfois]1 me prend comme une mer ! Vers ma pâle étoile, Sous un plafond de brume ou dans un [pur]2 éther, Je mets à la voile ; La poitrine en avant et [gonflant mes poumons De toile pesante, Je monte et je descends sur le dos des grands monts D'eau retentissante ;]3 Je sens vibrer en moi toutes les passions D'un vaisseau qui souffre Le bon vent, la tempête et ses convulsions Sur l'immense gouffre Me [bercent, et parfois le calme, -- grand]4 miroir De mon désespoir !
Text Authorship:
- by Charles Baudelaire (1821 - 1867), "La Musique", written 1857, appears in Les Fleurs du mal, in 1. Spleen et Idéal, no. 69, Paris, Poulet-Malassis et de Broise, first published 1857
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View original text (without footnotes)Confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1857, in Spleen et Idéal, pages 174-175. Also confirmed with Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Paris: Poulet-Malassis et de Broise, 1861, in Spleen et Idéal, pages 158-159. Also confirmed with Charles Baudelaire, Œuvres complètes de Charles Baudelaire, vol. I : Les Fleurs du mal, Paris: Michel Lévy frères, 1868, in Spleen et Idéal, page 192. Punctuation follows 1857 edition. Note: this was number 76 in the 1857 edition of Les Fleurs du mal but number 69 or 71 in subsequent editions.
1 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "souvent"2 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "vaste"
3 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "les poumons gonflés / Comme de la toile, / J'escalade le dos des flots amoncelés / Que la nuit me voile ;"
4 1857 edition, 1861 edition, E. Carter, and G. Charpentier: "bercent. D'autres fois, calme plat, grand"
Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté
Et la beauté,
Pour moi, poète chétif,
Ton jeune corps maladif
Plein de taches de rousseur
A sa douceur ;
Tu portes plus galamment
Qu'une reine de roman
Ses cothurnes de velours
Tes sabots lourds.
Au lieu d'un haillon trop court,
Qu'un superbe habit de cour
Traîne à plis bruyants et longs
Sur tes talons ;
En place de bas troués,
Que pour les yeux des roués
Sur ta jambe un poignard d'or
Reluise encor ;
Que des nœuds mal attachés
Dévoilent pour nos péchés
Tes deux beaux seins, radieux
Comme des yeux ;
Que pour te déshabiller
Tes bras se fassent prier
Et chassent à coups mutins
Les doigts lutins ;
- Perles de la plus belle eau,
Sonnets de maître Belleau
Par tes galants mis aux fers
Sans cesse offerts,
Valetaille de rimeurs
Te dédiant leurs primeurs
Et contemplant ton soulier
Sous l'escalier,
Maint page épris du hasard,
Maint seigneur et maint Ronsard
Épieraient pour le déduit
Ton frais réduit.
Tu compterais dans tes lits
Plus de baisers que de lis,
Et rangerais sous tes lois
Plus d'un Valois !
- Cependant tu vas gueusant
Quelque vieux débris gisant
Au seuil de quelque Véfour
De carrefour ;
Tu vas lorgnant en dessous
Des bijoux de vingt-neuf sous
Dont je ne puis, oh ! pardon !
Te faire don ;
Va donc, sans autre ornement,
Parfum, perles, diamant,
Que ta maigre nudité,
O ma beauté !
Text Authorship:
- by Charles Baudelaire (1821 - 1867), "À une mendiante rousse", appears in Les Fleurs du mal, in 2. Tableaux parisiens, no. 88, appears in Les Fleurs du mal, in 1. Spleen et Idéal, no. 65, Paris, Poulet-Malassis et de Broise, first published 1857
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