by Armand Silvestre (1837 - 1901)

On dirait que la terre a bu le sang des...
Language: French (Français) 
On dirait que la terre a bu le sang des lys, 
Et d'un deuil éclatant voile cette hécatombe,
Car déjà la blancheur des marbres clôt la tombe 
Où dorment pour longtemps ces doux ensevelis.

Je t'adore, ô pâleur des vierges trépassées,
Dans l'éblouissement des rêves amoureux,
Emportant dans l'azur les essors douloureux
De leur âme pareille aux colombes blessées !

Quel vent a flagellé l'aile que tu parais. 
Doux et tremblant duvet tombé du vol des anges,
Et secoué dans l'air tes floraisons étranges 
Qui font comme un printemps à l'hibernal cyprès ? 

Les cygnes se sont ils heurtés contre la nue, 
Cherchant au cieux l'azur de leurs grands lacs fermés,
Ou Psyché, renouant ses voiles parfumés, 
De ses jeunes candeurs s'est elle souvenue ? 

On dirait que la terre a pitié de nos morts, 
Et, vierge devenue au toucher de la neige, 
Suspend des floraisons le travail sacrilège 
Dans ses flancs qu au repos invite le remords.

Ô neige, tu m'étreins le front sous le mystère 
De ta froide splendeur, -- et comme épouvanté, 
Je pense que des cieux déchus de leur clarté 
Le lait d'une déesse a coulé sur la terre !

C. Devéria sets stanzas 1-3, 6

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Authorship

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

This text was added to the website: 2016-01-16
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