Marie‑Stuart
Language: French (Français) 
  (On suppose que la scène se passe dans la prison 
  de Teukbury pendant la nuit qui précéda le jour où
  l'infortunée reine d'Écosse périt sur l'échafaud.)

  Quelle nuit !... quel songe pénible !...
  J'achève un douloureux sommeil !
Hélas ! la vérité, plus triste, plus terrible, 
    M'attendait au réveil ! 
  Dans les fers je m'agite encore :
Mais le trépas bientôt les brise sans retour.
  Le premier rayon de l'aurore 
  Doit éclairer mon dernier jour.

  Dans la profondeur des nuages
  J'entends la foudre retentir ;
  Le ciel, par la voix des orages,
  De mon destin vient m'avertir. 
  Autour de ma retraite obscure,
  Les vents avec un long murmure 
Ont répété ces mots... Marie, il faut mourir !...
    Après tant de souffrance,
Un supplice cruel, voilà mon espérance ! 
  Recevez mes tristes adieux,
  Voûtes sombres, séjour d'alarmes, 
    Muets témoins des larmes
    Qui coulent de mes yeux.

  Adieu, si doux pays de France1,
  Berceau de mon heureuse enfance, 
  D'où le sort voulut me bannir :
      Ô ma patrie
      La plus chérie,
      Donne à Marie 
      Un souvenir.

Et toi, de mes tourments artisan détestable,
Perfide Élisabeth, tu jouis de mes pleurs ! 
    Dix-huit ans de malheurs
  De ta vengeance infatigable
  N'ont pu désarmer les fureurs ! 
  Viens assister à mon supplice ;
  Que mon trépas comble tes vœux ;
  Et par le plus lâche artifice,
  Que ta haine encor me noircisse
    Chez nos derniers neveux.

Tu ne saurais tromper la justice éternelle,
Indulgente à l erreur et terrible aux forfaits ;
  Tu lui rendras compte cruelle,
  Des maux affreux que tu m'as faits.
  Que vois-je !... une clarté fatale
  A pénétré dans cette tour !...
  Et déja l'aube matinale
  Au monde ramène le jour.

  J'écoute... on approche... on m'appelle !...

  C'est la mort qui s'offre à mes yeux !
Un dieu met dans mon sein une force nouvelle ;
Mon ame s'affranchit de sa chaîne mortelle,
Et, brillante d'espoir, s'élève vers les cieux2. 

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Confirmed with &Oelig;uvres complètes d'Étienne Jouy, Paris, Imprimerie de Jules Didot ainé, 1823, pages 206-208.

1 note from the poem's edition: "Les vers italiques sont de Marie Stuart elle-même."
2 note from the poem's edition: "Ces quatre scènes lyriques ont été composées pour être mises en musique par les jeunes élèves et pour les concours académiques."

Authorship

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

This text was added to the website: 2013-07-14
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