Les six Éluard “Medieuses”

Song Cycle by Michael 'Mikis' Theodorakis (b. 1925)

Word count: 429

1. Elle va s'éveiller d'un rêve noir et bleu [sung text checked 1 time]

Elle va s’éveiller d’un rêve noir et bleu
Elle va se lever de la nuit grise et mauve
Sa jambe est lisse et son pied nu
L’audace fait son premier pas

Au son d’un chant prémédité
Tout son corps passe en reflets en éclats
Son corps pavé de pluie armé de parfums tendres
Démêle le fuseau matinal de sa vie.

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2. Près de l'aigrette du grand pont [sung text checked 1 time]

Près de l’aigrette du grand pont
L’orgueil au large
J’attends tout ce que j’ai connu
Comblée d’espace scintillant
Ma mémoire est immense.

La bonté danse sur mes lévres
Des haillons tièdes m’illuminent
Une route part de mon front

Proche et lointaine
La mer bondit et me salue
Elle a la forme d’une grappe
D’un plaisir mûr

J’aimais hier et j’aime encore
Je ne me dérobe à rien
Mon passé m’est fidèle
Le temps court dans mes veines.

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3. Sous des poutres usées [sung text checked 1 time]

Sous des poutres usées sous des plafonds stériles
Dans une vaste chambre petitement garnie
Les genoux ligotés confèrent qualité
À la ligne droite misérable

Ses cheveux pris au piège d’un miroir brisé
C’est sur la mousse de son front que l’eau roucoule
La dérive évasive d’un sourire entraîne
Sa dernière illusion vers un ciel disparu.

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4. Dans les parages de son lit [sung text checked 1 time]

Dans les parages de son lit rampe la terre
Et les bêtes de la terre et les hommes de la terre
Dans les parages de son lit
Il n’y a que champs de blé
Vignes et champs de pensées

La route est tracée sans outils
Les mains les yeux mènent au lit
À l’ardent secret révélé
Aux ombres taillées en songe

Délié des doigts de l’air l’élan
Le vase d’or d’un baiser

La gorge lourde et lente
Par mille gerbes balancée
Arrive aux fêtes de ses fleurs

Elle donne soif et faim

Son corps est un amoureux nu
Il s’échappe de ses yeux
Et la lumière noue la nuit la chair la terre
La lumière sans fond d’un corps abandonné
Et de deux yeux qui se répètent.

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5. Mes sœurs prennent dans leurs toiles [sung text checked 1 time]

Mes sœurs prennent dans leurs toiles
Les cris et les plaintes des chiens
Moi je préfère me nourrir
De l’espoir d’une ardeur sans fin
Oranger noir armure blonde
Grisante abeille rire en course
Rire invisiblement masqué
Écorce d’aube aile étourdie
Nichée de feuilles débauchées
Jeune poison liane montagne
Sueur de nage fumée froide
Pas de géant danse battante
Front éternel paume parfaite
Puits en plein air essieu de vent
Monument vague flamant fou
Jeu sans perdant santé sans trous
Torche brûlant dans l’eau tour mixte
Martyr radieux aux angles vifs
Œil clair à travers honte et brume
Première neige réjouissante
Mérite de la solitude
Exil aux sources de la force.

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6. J'ai le pouvoir d'exister sans destin

Note: this is a multi-text setting


[ ... ]

J’ai le pouvoir d’exister sans destin
Entre givre et rosée entre oubli et présence

Fraîcheur chaleur je n’en ai pas souci
Je ferai s’éloigner à travers tes désirs
L’image de moi-même que tu m’offres
Mon visage n’a qu’une étoile

Il faut céder m’aimer en vain
Je suis éclipse rêve de nuit
Oublie mes rideaux de cristal

Je reste dans mes propres feuilles
Je reste mon propre miroir
Je mêle la neige et le feu
Mes cailloux ont ma douceur
Ma saison est éternelle.

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Et par la grâce de ta lèvre arme la mienne.

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