Sensations douces, mélancoliques et douloureuses

Song Cycle by Gaspare Luigi Pacifico Spontini (1774 - 1851)

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1. Sentiments d'amour [sung text checked 1 time]

Toi dont l'amour d'un trait de flamme
A gravé l'image en mon coeur,
Object charmant, doux espoir de mon âme,
Fixe sur moi ton regard enchanteur.

Tes yeux sont le miroir difèle
Qui m'instruira de mon bonheur,
Que leur éclat et leur vive étincelle
Soient du plus doux aveu le présage flatteur.

Près de toi toute la nature
Forme un concert harmonieux,
L'onde en fuyant plus doucement murmure
Et le chant des oiseaux est plus méelodieux.

Que j'aime alors sous le feuillage
Reposant au déclin du jour
À confier aux échos du rivage
Des accents inspirés par le plus tendre amour.

Quand la lumière fugitive
Dore encor le sommet des bois
Oh! ma Délie, à ma harpe plaintive,
Viens sur un lit de fleurs unir ta douce voix.

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2. Sentiments d'amour [sung text checked 1 time]

Les Grâces, la beauté de mon aimable amie
Des doux feux de Cypris ont embrasé mon coeur.
L'amour me l'a donnée, elle enchante ma vie.
Ah! Que pouvait ce Dieu de plus pour mon bonheur?

Sous les riants bosquets qu'embellit sa présence
Je ne suis point troublé par d'insensés désirs
Et j'existe inconnu dans un heureux silence
En goûtant de l'amour les célestes plaisirs.

Lorsque je suis près d'elle en ce séjour paisible
Pour lui peindre mes feux et mes doux sentiments
Je lui dis que je l'aime et pour son coeur sensible
Ces mots ont plus de prix que cent mille serments.

Dans ces vallons chéris de Flore et Pomone
Dans un heureux oubli je veux couler mes jours
Et que les doux baisers que ma bouche lui donne
Viennent seuls se mêler à nos tendres discours.

Exauce tous mes voeux, séduisante Délie,
Jusqu'au dernier soupir conserve-moi ta foi.
Un jour par un rival si tu m'étais ravie
Je puis te pardonner s'il t'aime plus que moi.

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3. Regrets d'absence [sung text checked 1 time]

Vous n'êtes rien sans mon amie,
Fleurs qui brillez près du cristal des eaux,
Et toi, soleil qui dores la prairie,
Ne crois pas à mes yeux embellir ces coteaux.
Loin d'elle, triste mais fidèle,
Un barbare destin me condamne à souffrir.
Las! Dans les bois, plaintive tourterelle,
Je passe en vain les jours et les nuits à gémir.

Entends ma voix, oh! ma Délie,
Et ces accents, échos de ma douleur.
Ah! Loin de toi je déteste une vie
Où je ne goûte plus ni repos ni bonheur.
Mais pourquoi de cette contrée
T'éloigner en cédant au rigoureux devoir?
Reviens, pour y vivre adorée
De celui qui mourra s'il ne peut te revoir.

Bosquet charmants où ma bergère
Me laissa prendre un si tendre baiser,
Tremblante, émue à mon amour sincère,
Tu le sais, pouvait-elle alors le refuser?
Puissé-je rendre à la cruelle
Ce baiser qui me cause un trop doux souvenir.
J'entends du bruit... grands Dieux, si c'était elle!
Qu'ai-je dit? Donne-m'en mille pour me guérir.

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4. Regrets d'absence [sung text checked 1 time]

Viens, ô divine Mélodie,
Que j'entende tes sons touchants.
Viens par les plus tendres accents
Dissiper ma mélancolie.
Lorsqu'au sein de la sombre nuit
Tout repose dans la nature,
Calme les tourments que j'endure
Et verse sur mes yeux le sommeil qui me fuit.

Loin de l'amante, que j'adore,
Je voudrais devancer le temps,
Et par mes voeux impatients
Hàter le retour de l'aurore.
Comme vous fuyez lentement,
Heures, qui marquez ma souffrance.
Ah! Quand je suis en sa présence
Alors pour mon bonheur coulez plus doucement.

Ô Dieu d'amour, dont la puissance
Assombrit ou charme mes jours,
Tu peux en abréger le cours;
Si tu me ravis l'espérance
Que hébus aux mortels heureux
Mesure une longue carrière!
Hélas! à quoi sert la lumière
A celui qui n'attend qu'un réveil douloureux?

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5. Plaintes sur la tombe [sung text checked 1 time]

JOurs fortunés passés près de Délie,
Dites-le-moi, qu'êtes vous devenus?
Je vous rappelle et j'attriste ma vie
Mais c'est en vain: vous n'existerez plus.

Vous n'êtes plus qu'un séjour de souffrance,
Vallons charmants où la première fois 
Pour se jouer de mon indifférence
Sur moi l'amour épuisa son carqouis.

Chantre des bois, sous vos sombres feuillages
Elle venait doupirer avec vous...
Elle a quitté pour jamais vos boccages!
De tant d'attraits le ciel était jaloux.

Vous qui lanciez des rayons de lumière,
Vifs et doux yeux, asile de l'amour,
L'avare mort a clos votre paupière,
Plus ne viendrez embellir ce séjour.

Tendres accents, voix douce et séduisante,
Que j'entendais retentir dans mon coeur,
Aux sombres bords dans ces lieux d'épouvante
Redirez-vous ma plainte et ma douleur?

J'ai supporté les rigueurs de l'absence,
Je me disais: je pourrai la revoir.
Les dieux cruels m'ont ravi sa présence!
Mieux vaut mourir que d'être sans espoir.

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6. Plaintes sur la tombe [sung text checked 1 time]

Depuis l'instant affreux où j'ai perdu Délie
J'ai vu fuir loin de moi l'aurore du bonheur.
Grands Dieux, rendez-moi mon amie
Ou par la mort terminez ma douleur.

Ah! Pourquoi rappeler ce sourire,
Ces grâces, cette voix si touchante et ces accents flatteurs?
Je voudrais effacer les traces d'un souvenir
Qui fait couler mes pleurs.

Au moins, si dans le ciel où son àme réside
Les élans de mon coeur peuvent lui parvenir,
Dans l'espérance qui me guide
J'ose invoquer un plus doux avenir.

Adieu trop vain plaisirs qu'on goûte dans la vie!
Adieu biens déduisants, chimériques erreurs!
Sur le tombeau de mon amie
J'apprends à fuir vos prestiges trompeurs.

Authorship

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