Trois mélodies pour une voix avec accompagnement de piano

by Paul de Wailly (1854 - 1933)

1. Toujours [sung text not yet checked]

           Je rêve aux baisers qui demeurent
                          Toujours.
                 Sully Prudhomme.
 
Les plus belles fleurs se flétrissent ; 
Un souffle ternit leur velours. 
— J’ai des tendresses qui fleurissent 
    Toujours. 

Le soleil meurt sous le nuage, 
L’ombre a de fidèles retours. 
— Dans mon cœur luit ta douce image 
    Toujours. 

Déjà la terre maternelle 
Pâlit sous les soleils plus courts. 
— Chère, à mes yeux tu seras belle 
    Toujours.

Authorship:

See other settings of this text.

Confirmed with Poésies de Jules Lemaître, Paris, Alphonse Lemerre, 1896, pages 221-222.

Note: the Sully Prudhomme poem quoted at the top is "Ici-bas tous les lilas meurent".


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Chanson [sung text not yet checked]

Je t'ai dit, dès le premier jour,
Ô chère âme, combien je t'aime.
Depuis lors, ta grâce est la même,
Et le même aussi mon amour.

Pour redire ma douce peine,
Je cherche en vain d'autres façons.
« Avec mon grand amour, dit Heine,
J'ai fait de petites chansons. »

Nous t’avons envoyé les nôtres, 
Chère belle aux yeux de velours. 
Si j’essayais d’en faire d’autres. 
Ce seraient les mêmes toujours. 

Car une goutte d’eau, maîtresse, 
Peut refléter tout l’univers ; 
Et l’infini de la tendresse 
Tient tout entier dans quelques vers. 

Mais mieux encore il se révèle 
(Les mots sont si froids et si vieux !) 
Dans la douceur toujours nouvelle 
Des yeux enchaînés par les yeux...

Authorship:

Confirmed with Poésies de Jules Lemaître, Paris, Alphonse Lemerre, 1896, pages 223-224.


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Li-Taï-Pé [sung text not yet checked]

Mille étés et mille hivers
Passeront sur l'univers,
Sans que du poète-dieu
Li-taï-pé meurent les vers,
Dans l'Empire du milieu.

[ ... ]

Sur le papier jaune et vert
De mouches d'argent couvert,
Fins et noirs pleuvaient les traits.
Tel, sur la neige, en hiver,
Le bois mort dans les forêts.

Il n'est de soupirs du vent,
De clameurs du flot mouvant
Qui soient si doux que les sons
Que le poète, rêvant,
Savait mettre en ses chansons.

Aromatiques senteurs
Dont s'embaument les hauteurs,
Thym, muguet, roses, jasmin,
Comme en des rêves menteurs,
Naissaient sous sa longue main.

À présent, il est auprès
De Fo-hi, dans les prés frais,
Où les sages s'en vont tous,
À l'ombre des grands cyprès,
Boire et rire avec les fous.

Authorship:

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
Total word count: 348