by Armand Silvestre (1837 - 1901)
La mer
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Language: French (Français)
Our translations: ENG
Ô Mer, sinistre mer, que la bise d'automne Secoue et fait claquer ainsi qu'un vain lambeau : Ô Mer, joyeuse Mer, magnifique manteau Qu'agraffe le soleil aux flancs nus de Latone ; Ô Mer, sinistre mer, dont les gémissements Troublent l'esprit nocturne attardé sur les grèves ; Ô Mer, joyeuse mer qui, pour bercer les rêves, As des bruits de baisers et de chuchotements ; Ô Mer, sinistre mer, pleine de funérailles ! Ô Mer, joyeuse mer, qui peuple un flot vivant ! La vie avec la mort en toi semblent souvent S'unir pour féconder tes profondes entrailles. Es-tu la coupe immense où le philtre sacré Des renouvellements opère son mystère, Où viennent se tremper les forces de la Terre, Pour embrasser la forme en faisceau plus serré ? Es-tu le temple obscur de nos métamorphoses ? Le trésor infini des mouvements divers Dont s'animent les corps épars dans l'univers, Et des aspects sans fin que revêtent les choses ? Puisque, sans te lasser, l'âpre travail du vent Engloutit dans tes flancs de charnelles semailles, Ô Mer, sinistre Mer, pleinde de funérailles ! Ô Mer, joyeuse Mer qui peuple un flot vivant!
A. Castillon sets stanzas 1-3, 6
Text Authorship:
- by Armand Silvestre (1837 - 1901), "La mer", appears in La vie, in 3. La vie des morts, no. 6 [author's text checked 1 time against a primary source]
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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
This text was added to the website between May 1995 and September 2003.
Line count: 24
Word count: 185