by Joachim du Bellay (1525 - c1560)
Le cler Ruysselet courant
Language: Middle French
Le cler Ruysselet courant, Murmurant Aupres de l'hospitale Vmbre Plaist à ceux, qui sont lassez, Et pressez De chault, de soif, & d'encombre. Et ceux, qu'Amour uient saisir, Leur plaisir C'est parler de luy souuent. D'Amour soyez doncq' mes Chantz, Par ces Champs Dessoubz la frescheur du Vent. Ces Eaux cleres, et bruyantes, Eaux fuyantes D'un Cours assez doulx, & lent Donneront quelque froideur A l'ardeur De mon feu trop uiolent. Erato, à ma Chanson Donne Son, Et me permetz approcher Pres de toy pour m'esiouyr, Et t'ouyr Du hault de ce creux Rocher. Le Roy, le Pere des Dieux Tient les Cieux Dessoubz son obeïssance, Neptune la Mer tempere, Et son frere Sur les Enfers a puissance. Mais ce petit Dieu d'aymer, Ciel, & Mer, Et le plus bas de la Terre D'un Sceptre uictorieux Glorieux Soubz son pouuoir tient, & serre. Sans luy, du Ciel le haut Temple Large, & ample, En ruyne tumberoit, Auecq' chacun Element, Tellement Discorde par tout seroit. Amour gouuerneur des Villes Loix Ciuiles, Et iuste Police ordonne, Et l'heur de Paix, qu'on ua tant Souhaitant, C'est luy seul, qui le nous donne. Les Richesses de Ceres, Les forestz, Les Sepz, les Plantes, & Fleurs Prennent d'Amour origine, Goust, Racine, Vertu, Formes, & Couleurs. Par luy tout genre d'Oyzeaux Sur les Eaux Et par les Boys s'entretient. Tout Animal de seruaige, Et sauuaige De luy son Essence tient. Par ce petit Dieu puissant, Delaissant Le doulx Gyron de la Mere La Vierge femme se treuue Et fait preuue De la flamme doulce amere. Que me chaut si on le blasme, Et sa flamme? Amour ne scait abuser Et ceux, qui mal en recoyuent, Ne le doyuent, Mais eux mesmes accuser. Amour est tout bon, & beau, Son flambeau N'enflamme les Vicieux: Iuste est, & de simple foy, C'est pourquoy II est tout nu, & sans yeux, Leurs uictorieux Charroys Ducz, & Roys Doyvent a ses sainctz Autelz, Le Poetique ouurier Son Laurier, Et les Dames leurs Beautez. Puis doncq' qu'il est notre autheur Sa Haulteur Bien adorer nous deuons, Dessus son Autel sacré Saichant gré A luy, de quoy nous uiuons. La Ieunesse (helas) nous fuyt Et la suyt Le froid Aage languissant, Adonques sont inutiles Les Scintiles Du feu d'Amour perissant.
R. Laparra sets stanzas 1-4
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Confirmed with Joachim du Bellay, L’Olive et quelques autres oeuvres poeticques, Paris, Arnoul L'Angelier, 1549, pages 45-48.
Text Authorship:
- by Joachim du Bellay (1525 - c1560), "Les Louanges d'Amour. Au Seigneur René Vruoy. Ode III", appears in L'Olive, in Vers lyriques, no. 3 [author's text checked 1 time against a primary source]
Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive):
- by Raoul Laparra (1876 - 1943), "Le cler ruysselet courant", published 1925, stanzas 1-4 [ high voice and piano ], from Le Missel Chantant, Suite de mélodies sur de vieilles poésies françaises - 6ème volume, no. 10, Éd. 'Au Ménestrel' Heugel [sung text not yet checked]
Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
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