by Charles Baudelaire (1821 - 1867)
Translation by Stefan George (1868 - 1933)

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage...
Language: French (Français) 
Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit
Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit,

Comme le Juif errant et comme les apôtres,
À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme ; il en est d’autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.


Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu’autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le cœur joyeux d’un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : « Par ici ! vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé ! c’est ici qu’on vendange
Les fruits miraculeux dont votre cœur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n’a jamais de fin ? »

À l’accent familier nous devinons le spectre ;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
« Pour rafraîchir ton cœur nage vers ton Électre ! »
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.

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Ein bittres wissen das die reise...
Language: German (Deutsch)  after the French (Français) 
Ein bittres wissen das die reise spendet!
Die welt sich gleich und klein hat gestern heut
Und immer unser bild uns zugewendet ·
Ein fels von schreck im meer des leids verstreut.

Verbleiben? ziehen? bleib kann dirs genügen!
Geh wenn du musst! der rennt · der deckt sich zu
Um jenen wachsam schlimmen feind zu trügen ·
Die Zeit – ach! läufer giebt es ohne ruh

Dem Ewigen Juden gleich · dem glaubenswandrer
Für die kein wagen ausreicht und kein boot
Die quälerin zu fliehen – und manch andrer
Der nie sein bett verlassen schlägt sie tot.

Und fühlen wir im rücken ihre spuren
Dann hoffen wir und rufen laut: voran!
So wie wir ehemals nach China fuhren
Die augen weit die haare im orkan ·

So segeln jezt wir auf dem meer des düstern
Mit junger pilger frohem pulseschlag ..
Ihr hört das reizende und schlimme flüstern
Der stimmen: »hierher wer da essen mag

Vom lotus düftevoll! hier könnt ihr lesen
Die wunderfrucht die euer herz ersehnt.
Berauscht euch an dem seltsam süssen wesen
Des nachmittages der sich endlos dehnt.«

Wir kennen am vertrauten ton die Spektren ·
Die Pylade · den arm uns zugekehrt –
»Dein herz zu laben schwimme zu Elektren«
So spricht sie deren knie wir einst verehrt.

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