by Charles Baudelaire (1821 - 1867)
Translation by Stefan George (1868 - 1933)

Nous avons vu des astres
Language: French (Français) 
 « Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d’imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos cœurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.


Les plus riches cités, les plus grands paysages,
Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages,
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

— La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès ? — Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

Nous avons salué des idoles à trompe ;
Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse. »

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Wir sahen sternenflittern
Language: German (Deutsch)  after the French (Français) 
Wir sahen sternenflittern
Wir sahen wogenprall und sandrevier.
Trotz vielen schlägen vielen ungewittern
Empfanden oft wir langweil grad wie hier.

Der sonne glanz auf veilchenfarbnen meeren
Der glanz der städte wenn die sonne sinkt
Entzündete in uns ein heiss begehren
Nach einem himmel der verlockend winkt.

Die reichsten städte herrlichsten gefilde
Sie haben nie den zauber ausgeübt
Wie solche hoch im wolkigen gebilde –
Die sehnsucht machte immer uns betrübt.

O sehnsucht · der genuss verleiht dir kräfte ·
Du alter baum den das vergnügen düngt ·
Erstarren auch und schwinden deine säfte:
Strebt dein geäst zur sonne wie verjüngt!

Du alter baum · wirst du so dauernd sitzen
Wie die zipresse?.. doch wir haben da
Für euer gierig album welche skizzen –
Ihr brüder · alles fremde liebt ihr ja!

Wir grüssten götzen mit verwachsnem strunke
Und thronen mit juwelbeseztem saum
Paläste voll von feeenhaftem prunke 
Für eure handelsherrn ein unglückstraum!

Und sitten wie sie unser aug berauschen:
Die frauen die sich färben zahn und hand ·
Und weise gaukler denen schlangen lauschen ...

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