by Maurice Bouchor (1855 - 1929)

J'aime les verts sentiers qui s'effacent...
Language: French (Français) 
J'aime les verts sentiers qui s'effacent là-bas
Au brumeux horizon de la plaine muette.
J'ai laissé bien souvent se perdre là mes pas,
Chaque jour dans mon cœur étant un jour de fête.

Mais surtout lorsqu'un soir de juin, tiède et joyeux,
Apaisant par degrés tous les bruits de la plaine,
On n'entend plus au loin que le vent des hauts lieux,
Et des oiseaux de nuit la musique lointaine... 

Moi, je suis le chemin que bordent les grands blés
Doucement agités au vent frais des soirées;
Et, quand monte la lune aux cieux immaculés,
Je rêve de son front aux pâleurs adorées.

Je rêve de ses yeux fatigués et si doux,
Du plaisir infini des longues causeries,
De la naïveté des premiers rendez-vous,
De ses bras amoureux aux étreintes chéries.

Car j'ai, par elle, appris à tout aimer, les bois
Et le marcher si doux sur les feuilles fanées,
Les vents et les flots bleus aux musicales voix,
Et la nature, jeune en dépit des années.

Aussi, dans le silence, aux choses de la nuit
Je livre le secret de mon âme trop pleine,
Et l'ineffable nom de mon amour, sans bruit,
Parcourt comme un frisson les grands blés de la plaine.

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Authorship

Musical settings (art songs, Lieder, mélodies, (etc.), choral pieces, and other vocal works set to this text), listed by composer (not necessarily exhaustive)


Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

This text was added to the website: 2011-02-01
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