Quatre chansons de Clément Marot

Song Cycle by Claude Delvincourt (1888 - 1954)

Word count: 270

1. Quand vous voudrez faire une amye [sung text not yet checked]

Quand vous vouldrez faire une Amye,
Prenez la de belle grandeur,
En son Esprit non endormie,
Et son Tetin bonne rondeur,
Doulceur
En cueur,
Langage
Bien sage,
Dansant, chantant par bons accords,
Et ferme de Cueur, et de Corps.

Si vous la prenez trop jeunette,
Vous en aurez peu d'entretien:
Pour durer prenez la brunette
En bon point, d'asseuré maintien.
Tel bien
Vault bien
Qu'on fasse
La Chasse
Du plaisant Gibier amoureux:
Qui prend telle Proye, est heureux.

Authorship

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Confirmed with Les œuvres de Clément Marot, Lyon: G. Roville, 1547, pages 383-384.

Modernized spelling:
Quand vous voudrez faire une amie,
Prenez-la de belle grandeur,
En son esprit non endormie,
En ses appâts, bonne rondeur;
Douceur
En cœur,
Langage
Bien sage,
Dansant, chantant par bons accords
Et ferme de cœur et de corps.

Si vous la prenez trop jeunette,
Vous en aurez peu d'entretien.
Pour durer, prenez la brunette,
En bon point, d'assuré maintien.
Tel bien
Vaut bien
Qu'on fasse
La chasse
Du plaisant gibier amoureux:
Qui prend telle proie est heureux.

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2. Je ne fay rien que requerir [sung text not yet checked]

Je ne fais rien que requerir
Sans acquerir
Le don d'amoureuse liesse
Las ma Maistresse
Dictes, quand est ce,
Qu'il vous plaira me secourir?
Je ne fais rien que requerir.

Vostre beaulté qu'on voit flourir
Me faict mourir:
Ainsi j'ayme ce, qui me blesse.
C'est grand simplesse:
Mais grand sagesse,
Pourveu que m'en vueillez guerir.
Je ne fais rien que requerir.

Authorship

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Confirmed with Les œuvres de Clément Marot, Lyon: G. Roville, 1547, pages 380-381.

Modernized version:
Je ne fais rien que requérir
Sans acquérir
Le don d'amoureuse liesse.
Las, ma Maîtresse,
Dites, quand est-ce
Qu'il vous plaira me secourir.
Je ne fais rien que requérir.

Votre beauté qu'on voit flourir
Me fait mourir :
Ainsi j'aime ce qui me blesse.
C'est grand simplesse :
Mais grand sagesse,
Pourvu que m'en veuillez guérir.
Je ne fais rien que requérir.

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3. Je suis aymé de la plus belle [sung text not yet checked]

Je suis aymé de la plus belle,
Qui soit vivant dessoubz les Cieulx:
Encontre tous faulx Envieulx
Je la soustiendray estre telle.
Si Cupido doulx, et rebelle
Avoit desbendé ses deux yeux,
Pour veoir son maintien gracieux,
Je croy qu'amoureux seroit d'elle.
Venus la Deesse immortelle
Tu as faict mon cueur bien heureux,
De l'avoir faict estre amoureux
D'une si noble Damoyselle.

Authorship

Confirmed with Les œuvres de Clément Marot, Lyon: G. Roville, 1547, pages 376-377.


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4. J'ay contenté ma volonté suffisamment [sung text not yet checked]

J'ay contenté
Ma voulenté
Suffisamment,
Car j'ay esté
D'amours traicté
Differemment.
J'ay eu tourment,
Bon traictement,
J'ay eu doulceur, et cruaulté:
Et ne me plainds fors seulement
D'avoir aymé si loyaulment
Celle, qui est sans loyaulté.

Cueur affeté
Moins arresté
Qu'ung seul moment,
Ta lascheté
M'a dejecté
Fascheusement.
Prend hardiment
Amandement.
Et vous Dames de grand beaulté
Si l'honneur aymez cherement,
Vous n'ensuyvrez aulcunement
Celle, qui est sans loyaulté.

Authorship

Confirmed with Les œuvres de Clément Marot, Lyon: G. Roville, 1547, page 380.


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