Six mélodies et un duetto

by Jean-Baptiste Théodore Weckerlin (1821 - 1910)

Word count: 1235

1. L'ange gardien [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson d'enfant

Ange gardien, que je révère,
Prions aux feux de l'Orient,
Afin qu'en sa bonté de Père,
Dieu nous regarde en souriant !
En vain j'essaie une prière,
Qui sans ferveur expire en moi ;
Mon front se courbe vers la terre,
Car je ne puis prier sans toi !

L'esquif sans pilote fidèle,
Errant la nuit au sein des mers,
Et l'oiseau blessé, que son aile
Ne soutient plus au haut des airs ;
Le luth dont la corde se brise
Au milieu de plaintifs accords,
Voilà mon sort, quand sur la brise
Tu t'envoles loin de nos bords !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

2. Ce que dit la brise [sung text checked 1 time]

Subtitle: Simples questions

« Mère, apprenez-moi
Ce que dit la brise
Qui passe incomprise
Et met en émoi ? »
Sa voix dit : mignonne,
Si vous êtes bonne,
Dieu vous bénira ;
Et longtemps encore
Ce cœur qui l'adore
Il enflammera.

« Mère, apprenez-moi
Ce que dit la brise
Qui vient par surprise
Engendrer l'effroi ? »
Son souffle, ma belle,
Dit : l'âme rebelle
Craint tous les échos,
Et Dieu sur la terre,
Par ma voix légère,
Trouble son repos.

« Mère, apprenez-moi,
Pourquoi de l'église
Porte au loin la brise
Le son du beffroi ? »
C'est qu'une jeunesse
Va dans sa simplesse,
Se perdre en chemin ;
Et qu'ainsi Dieu même
A l'enfant qu'il aime
Dit : voilà ma main.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

3. Si j'aimais [sung text checked 1 time]

Subtitle: Mélodie

Ah ! si j'aimais quelque chose,
J'aimerais la douce fleur,
Qui repose
Sur ton cœur !
Il lui parle, il la rassure ;
C'est son bonheur d'aujourd'hui,
Elle est pure 
Comme lui.

Si tu pouvais me comprendre,
Ma pauvre âme renaitrait
Pour entendre
Ton secret.
So ton regard sans colère
Me disait le mot charmant
Dont s'éclaire
Un amant.

Le seul bonheur que j'envie
A mon amour s'offrirait,
Et ma vie
Fleurirait !
La parole d'une femme
D'un lis pur c'est le doux miel,
Et son âme,
C'est le ciel !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

4. Le petit Ramoneur [sung text checked 1 time]

Enfants, donnez de bon cœur !
L'aumône
N'appauvrit personne ;
Enfants, donnez de bon cœur,
Donnez au petit ramoneur !

Naguère encor dans nos montagnes
Le ciel était brillant d'azur,
Les fleurs embaumaient les campagnes,
Je rêvais un bonheur si pur.
Mais la bise et la neige
Fondent sur notre toit :
Que quelqu'un me protège
De la rigueur du froid.
Enfants, donnez de bon cœur,
Donnez à petit ramoneur !

Pour que l'aspect de ma misère
Ne vienne pas vous attrister,
Si mes chansons peuvent vous plaire,
Pour vous, enfants, je vais chanter,
Quoique ma voix tremblante
Dise à l'écho lointain ;
Quand le ramoneur chante,
Il demande du pain.
Enfants, donnez de bon cœur,
Donnez à petit ramoneur !

Les oiseaux trouvent leur pâture,
Dieu la sema sur le chemin ;
Moi, pour avenir ma nourriture,
Je viens ici tendre la main.
Ah ! si la providence
Vous prodigua le bien,
A la triste indigence
Ne donnerez-vous rien.
Enfants, donnez de bon cœur,
Donnez à petit ramoneur !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

5. Jeunesse [sung text checked 1 time]

Subtitle: Valse chantée

Folle, rieuse,
Capricieuse,
Je fais la loi
Autour de moi !
Si je voyage,
Mon équipage
File souvent
Comme le vent.

Belle et hautaine,
Rien ne m'enchaîne,
Je crois sans peine
Être reine,
Car tout séjour
M'offre une cour !
D'amour suivie,
Narguant l'envie,
De cette vie
Gaîment j'oublie
Les faux serments
Et les tourments.

Mais la misère
Qui désespère
D'un sort prospère,
En sa prière
N'implore en vain
L'or de ma main.
Folle, rieuse etc.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

6. Les trois Bourguignons [sung text checked 1 time]

Subtitle: Chanson

J'ai rencontré trois Bourguignons !

Ils portaient écrit sur la trogne
Qu'ils avaient noyé leurs guignons
Dans un tonneau de vieux bourgogne,
Rempli de vieux bourgogne.
J'ai rencontré trois Bourguignons !

Ils étaient rouges comme braise,
C'étaient trois crânes compagnons,
Qui chantaient et se pâmaient d'aise,
Et qui se pâmaient d'aise.
J'ai rencontré trois Bourguignons !

Passaient par là trois compagnonnes
Avec des fleurs dans leur chignons ;
C’étaient trois belles Bourguignonnes,
Trois belles Bourguignonnes,
Et c'étaient trois beaux Bourguignons !

Où donc allez-vous sans carrosse,
Bonnets blancs et souliers mignons ?
« Nous nous en allons à la noce,
Nous allons à la noce. »
Vraiment, firent les Bourguignons !

Eh bien ! alors dansons, les belles,
Sans musique et sans lumignons,
La lune vaut bien les chandelles,
Elle vaut les chandelles,
Et en avant les Bourguignons !

Les trois gars n'étaient pas, morguenne !
Venus pour planter des oignons,
Ils avaient si bonne dégaine,
Oui si bonne dégaine
En dansant tous ces Bourguignons !

Les amours, au clair de la lune,
Poussent comme des champignons,
Chacun embrasse sa chacune,
Embrasse sa chacune,
Comme embrassent les Bourguignons !

Eve a mordu plus d'une pomme,
Nous en raniassons les trognons ;
Ils étaient six et voilà comme,
Oui vraiment voilà comme,
Le total fut neuf Bourguignons !

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler

7. Voisin et voisine [sung text checked 1 time]

Voisin :
Dans la souffrance qui m'accable,
Quelle rencontre secourable !
C'est ma voisine ! allons, tant mieux !

Voisine :
Dans la souffrance qui m'accable,
Quelle rencontre secourable !
C'est ma voisin ! allons, tant mieux !

Ensemble :
Pour savoir compatir entr'eux
Il n'est tels que les malheureux !

Voisine :
Ah ! voisin, mon cher voisin !

Voisin :
Ma voisine, ah ! ma voisine !

Voisine :
Hélas ! j'ai force chagrin !

Voisin :
Et moi l'âme fort chagrine !

Voisine :
Croiriez-vos que mon mari ...

Voisin :
Croiriez-vous bien que ma femme ...

Voisine :
Objet tendrement chéri ...

Voisin :
Objet constant de ma flamme ...

Voisine :
Devient si brusque et si grondeur ...

Voisin :
Me mal mène avec tant d'aigreur ...

Voisine :
Que vraiment il me désespère ...

Voisin :
Qu'à la fin cela m'exaspère ...

Voisine :
J'en perdrai bientôt la raison ...

Voisin :
C'est un enfer que ma maison ...

Voisine :
Ah! le plus malheureux ma foi !

Voisin :
Ah ! le plus malheureux c'est moi !

Voisine :
C'est moi !

Voisin :
C'est moi !

Ensemble :
Peste soit des égoïstes !
Devant eux soyez donc tristes,
Ayez à vous désoler ;
Bien loin qu'aucun vous console,
C'est encor sur ma parole,
Ses gens-là qu'il faut consoler.

Voisin :
Avec semblable caractère
Le parti sage est de se taire ;
Mais cependant, essayons mieux !

Voisine :
Avec semblable caractère
Le parti sage est de se taire ;
Mais cependant, essayons mieux !

Ensemble :
Sur son ridicule ennuyeux
Ne lui pourrais-je ouvrir les yeux.
Sur son ridicule ennuyeux
Ah ! comment lui pourrais-je ouvrir les yeux.

Voisine :
Ah ! voisin, mon cher voisin ...

Voisin :
Ma voisine, ah ! ma voisine ...

Voisine :
Ne seriez-vous pas taquin ?

Voisin :
Ne seriez-vous pas taquine ?

Voisine
Une femme quelquefois ...

Voisin :
Un mari, par circonstance ...

Voisine :
Peut avoir sujet, je crois ...

Voisin :
Peut avoir motif, je pense ...

Voisine :
C'est donc à dire que j'ai tort ?

Voisin :
Ou que c'est moi, ce serait fort !

Voisine :
Aussi vous ne savez que geindre !

Voisin :
Et vous, parbleu ! toujours vous plaindre.

Voisine :
Il faut toujours vous écouter ...

Voisin :
C'est toujours à vous de conter.

Voisine :
Quand le seul malheureux, ma foi ...

Voisin :
Quand le plus malheureux c'est moi !

Voisine :
C'est moi !

Voisin :
C'est moi !

Ensemble :
Pest soit des égoïstes !
Devant eux soyez donc tristes,
Ayez à vous désoler ;
Bien loin qu'aucun vous console,
C'est encor, sur ma parole,
Ces gens-là qu'il faut consoler.

Authorship

Researcher for this text: Johann Winkler