Mélodies

by Pierre Gaël

1. L'Aurore s'allume [sung text not yet checked]

I
L'aurore s'allume ;
L'ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S'ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L'eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L'enfant son hocher,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun recommence
Ce qu'il ébauchait.

[ ... ]

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Linda Godry) , "Aurora catches fire", copyright © 2006, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Laisse-moi t'aimer [sung text not yet checked]

Quand tu me parles de gloire, 
Je souris amèrement. 
Cette voix que tu veux croire, 
Moi, je sais bien qu'elle ment. 

[ ... ]

Je ne veux pas d'autres choses 
Que ton sourire et ta voix, 
De l'air, de l'ombre et des roses, 
Et des rayons dans les bois ! 

Je ne veux, moi qui me voile 
Dans la joie ou la douleur, 
Que ton regard, mon étoile ! 
Que ton haleine, ô ma fleur ! 

Sous ta paupière vermeille 
Qu'inonde un céleste jour, 
Tout un univers sommeille. 
Je n'y cherche que l'amour ! 

[ ... ]

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Peter Low) , copyright © 2022, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Tristesse d'Olympio [sung text not yet checked]

Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes.
Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes
Sur la terre étendu,
L'air était plein d'encens et les prés de verdures
Quand il revit ces lieux où par tant de blessures
Son coeur s'est répandu!

[ ... ]

8. Hélas! se rappelant ses douces aventures,
Regardant, sans entrer, par-dessus les clôtures,
Ainsi qu'un paria,
Il erra tout le jour, vers l'heure où la nuit tombe,
Il se sentit le coeur triste comme une tombe,
Alors il s'écria:

" O douleur! j'ai voulu, moi dont l'âme est troublée,
Savoir si l'urne encor conservait la liqueur,
Et voir ce qu'avait fait cette heureuse vallée
De tout ce que j'avais laissé là de mon coeur!

Que peu de temps suffit pour changer toutes choses!
Nature au front serein, comme vous oubliez!
Et comme vous brisez dans vos métamorphoses
Les fils mystérieux où nos coeurs sont liés!

Nos chambres de feuillage en halliers sont changées!
L'arbre où fut notre chiffre est mort ou renversé;
Nos roses dans l'enclos ont été ravagées
Par les petits enfants qui sautent le fossé.

Un mur clôt la fontaine où, par l'heure échauffée,
Folâtre, elle buvait en descendant des bois;
Elle prenait de l'eau dans sa main, douce fée,
Et laissait retomber des perles de ses doigts!

[ ... ]

Authorship:

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Garrett Medlock) , copyright © 2019, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]
Total word count: 2144