Oh si i'estois en ce beau sein rauie De celui là pour lequel vois mourant : Si auec lui viure le demeurant De mes cours iours ne m'empeschoit enuie : Si m'acollant me disoit, chère Amie, Contentons nous l'un l'autre, s'asseurant Que ia tempeste, Euripe, ne Courant Ne nous pourra desioindre en notre vie : Si de mes bras le tenant acollé, Comme du Lierre est l'arbre encercelé, La mort venait, de mon aise enuieuse : Lors que souef plus il me baiseroit. Et mon esprit sur ses leures fuiroit. Bien ie mourrois, plus que viuante, heureuse.
Trois sonnets de Louise Labé
by Nicolas Kruger (b. 1972)
1. Oh si j'étais  [sung text not yet checked]
Text Authorship:
- by Louise Labé (1526 - 1566), no title, appears in Sonnets, no. 13, first published 1555
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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):
- ENG English (Peter Low) , copyright © 2022, (re)printed on this website with kind permission
Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 100.
Modernized form of the text:
Oh ! si j'étais en ce beau sein ravie De celui-là pour lequel vais mourant ; Si avec lui vive le demeurant De mes courts jours ne m'empêchait envie ; Si m'accolant, me disait : Chère Amie, Contentons-nous l'un l'autre, s'assurant Que jà tempête, Euripe, ni courant Ne nous pourra déjoindre en notre vie ; Si, de mes bras le tenant accolé, Comme du lierre est l'arbre encercelé, La mort venait, de mon aise envieuse, Lors que souef plus il me baiserait, Et mon esprit sur ses lèvres fuirait, Bien je mourrais, plus que vivante, heureuse.
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2. Tout aussitôt  [sung text not yet checked]
Tout aussi tot que ie commence à prendre Dens le mol lit le repos desiré, Mon triste esprit hors de moy retiré S'en va vers toy incontinent se rendre. Lors m'est auis que dedens mon sein tendre Ie tiens le bien, ou i'ay tant aspiré. Et pour lequel i'ay si haut souspire, Que de fanglots ay souuent cuidé fendre. Ô dous sommeil, ô nuit à moy heureuse ! Plaisant repos, plein de tranquilité, Continuez toutes les nuiz mon songe : Et si iamais ma poure ame amoureuse Ne doit auoir de bien en vérité. Faites au moins qu'elle en ait en mensonge.
Text Authorship:
- by Louise Labé (1526 - 1566), no title, written 1552, appears in Sonnets, no. 9
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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):
- ENG English (Peter Low) , copyright © 2022, (re)printed on this website with kind permission
- GER German (Deutsch) (Rainer Maria Rilke) , appears in Die vierundzwanzig Sonette der Louize Labé, Lyoneserin : 1555, no. 9
Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 98.
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3. Baise m'encor  [sung text not yet checked]
Baise m'encor, rebaise moy & baise : Donne m'en un de tes plus sauoureus, Donne m'en un de tes plus amoureus : Ie t'en rendray quatre plus chaus que braise. Las, te pleins tu ? ça que ce mal i'apaise. En t'en donnant dix autres doucereus. Ainsi meslans nos baisers tant heureus Iouissons nous l'un de l'autre à notre aise. Lors double vie à chacun en suiura. Chacun en soy & son ami viura. Permets m'Amour penser quelque folie : Tousiours suis mal, viuant discrettement, Et ne me puis donner contentement, Si hors de moy ne fay quelque saillie.
Text Authorship:
- by Louise Labé (1526 - 1566), no title, appears in Sonnets, no. 18, first published 1555
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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):
- ENG English (Peter Low) , copyright © 2022, (re)printed on this website with kind permission
- HUN Hungarian (Magyar) (Tamás Rédey) , copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission
Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 103.
Modernized form of the text:
Baise m'encor, rebaise moy et baise : Donne m'en un de tes plus savoureus, Donne m'en un de tes plus amoureus : Je t'en rendray quatre plus chaus que braise. Las, te pleins tu ? ça que ce mal j'apaise, En t'en donnant dix autres doucereus. Ainsi meslans nos baisers tant heureus Jouissons nous l'un de I'autre à notre aise. Lors double vie à chacun en suivra. Chacun en soy et son ami vivra. Permets m'Amour penser quelque folie : Tousjours suis mal, vivant discrettement, Et ne me puis donner contentement, Si hors de moy ne fay quelque saillie.
Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]