Tant que mes yeus pourront larmes espandre, À l'heur passé auec toy regretter : Et qu'aus sanglots & soupirs resister Pourra ma voix, & un peu faire entendre : Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignart Lut, pour tes grâces chanter : Tant que l'esprit se voudra contenter De ne vouloir rien fors que toy comprendre : Ie ne souhaitte encore point mourir. Mais quand mes yeus ie sentiray tarir, Ma voix cassee, & ma main impuissante, Et mon esprit en ce mortel seiour Ne pouuant plus montrer signe d'amante : Priray la Mort noircir mon plus cler iour.
Je vis, je meurs
Song Cycle by Monique Krüs (b. 1959)
1. Tant que mes yeux pourront  [sung text not yet checked]
Text Authorship:
- by Louise Labé (1526 - 1566), written 1552, appears in Sonnets, no. 14
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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):
- ENG English (Peter Low) , no title, copyright © 2022, (re)printed on this website with kind permission
- GER German (Deutsch) (Rainer Maria Rilke) , no title, appears in Die vierundzwanzig Sonette der Louize Labé, Lyoneserin : 1555, no. 14, Leipzig, Insel-Verlag, first published 1917
Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 101.
Modernized form of text:
Tant que mes yeux pourront larmes épandre A l'heur passé avec toi regretter, Et qu'aux sanglots et soupirs résister Pourra ma voix, et un peu faire entendre ; Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignard luth, pour tes grâces chanter ; Tant que l'esprit se voudra contenter De ne vouloir rien fors que toi comprendre, Je ne souhaite encore point mourir. Mais, quand mes yeux je sentirai tarir, Ma voix cassée, et ma main impuissante, Et mon esprit en ce mortel séjour Ne pouvant plus montrer signe d'amante, Prierai la mort noircir mon plus clair jour.
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2. Baise m’encore  [sung text not yet checked]
Baise m'encore, rebaise moy et baise : Donne m'en un de tes plus savoureus, Donne m'en un de tes plus amoureus : Je t'en rendray quatre plus chaus que braise. Las, te pleins tu ? ça que ce mal j'apaise, En t'en donnant dix autres doucereus. Ainsi meslans nos baisers tant heureus Jouissons nous l'un de l'autre à notre aise. Lors double vie à chacun en suivra. Chacun en soy et son ami vivra. Permets m'Amour penser quelque folie : Tousjours suis mal, vivant discrettement, Et ne me puis donner quelque contentement, Si hors de moy ne fay quelque saillie.
Text Authorship:
- by Louise Labé (1526 - 1566), appears in Sonnets, no. 18
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Researcher for this page: Joost van der Linden [Guest Editor]3. Je vis, je meurs  [sung text not yet checked]
Ie vis, ie meurs : ie me brule & me noye. I'ay chaut estreme en endurant froidure : La vie m'est & trop molle & trop dure, I'ay grans ennuis entremeslez de ioye : Tout à un coup ie ris & ie larmoye, Et en plaisir maint grief tourment i'endure : Mon bien s'en va, & à iamais il dure : Tout en un coup ie seiche & ie verdoye. Ainsi Amour inconstamment me meine : Et quand ie pense auoir plus de douleur, Sans y penser ie me treuue hors de peine. Puis quand ie croy ma ioye estre certeine, Et estre au haut de mon desiré heur, Il me remet en mon premier malheur.
Text Authorship:
- by Louise Labé (1526 - 1566), no title, appears in Sonnets, no. 8, first published 1955
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Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):
- ENG English (Peter Low) , "I live, I die; I'm on fire and I drown", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission
Confirmed with Œuvres de Louise Labé, texte établi par Charles Boy, Paris, Alphonse Lemerre, 1887, page 97.
Modernized form of text:
Je vis, je meurs : je me brule et me noye. J'ay chaut estreme en endurant froidure : La vie m'est et trop molle et trop dure. J'ay grans ennuis entremeslez de joye : Tout à un coup je ris et je larmoye, Et en plaisir maint grief tourment j'endure : Mon bien s'en va, et à jamais il dure : Tout en un coup je seiche et je verdoye. Ainsi Amour inconstamment me meine : Et quand je pense avoir plus de douleur, Sans y penser je me treuve hors de peine. Puis quand je croy ma joye estre certeine, Et estre au haut de mon desiré heur, Il me remet en mon premier malheur.
Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]