L'ombre est lustrale et l'aurore irisée. De la branche, d'où s'envole là-haut L'oiseau, Tombent des gouttes de rosée. Une pureté lucide et frêle Orne le matin si clair Que des prismes semblent briller dans l'air. On écoute une source ; on entend un bruit d'ailes. Oh ! que tes yeux sont beaux, à cette heure première Où nos étangs d'argent luisent dans la lumière Et reflètent le jour qui se lève là-bas. Ton front est radieux et ton artère bat. La vie intense et bonne et sa force divine Entrent si pleinement, tel un battant bonheur, En ta poitrine Que pour en contenir l'angoisse et la fureur, Tes mains soudain prennent mes mains Et les appuyent comme avec peur, Contre ton cœur.
Les Heures d'après-midi
by Léopold Samuel (1883 - 1975)
1. Les Heures d'après‑midi I  [sung text not yet checked]
Language: French (Français)
Text Authorship:
- by Émile Verhaeren (1855 - 1916), no title, written 1905, appears in Les heures d'après-midi, no. 4, Paris, Éd. du Mercure de France, first published 1922
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Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]2. Les Heures d'après‑midi II  [sung text not yet checked]
Language: French (Français)
Très doucement, plus doucement encore, Berce ma tête entre tes bras, Mon front fiévreux et mes yeux las ; Très doucement, plus doucement encore. Baise mes lèvres, et dis-moi Ces mots plus doux à chaque aurore, Quand me les dit ta voix, Et que tu t’es donnée, et que je t’aime encore. Le joug surgit maussade et lourd ; la nuit Fut de gros rêves traversée ; La pluie et ses cheveux fouettent notre croisée Et L’horizon est noir de nuages d’ennui. Très doucement, plus doucement encore, Berce ma tête entre tes bras, Mon front fiévreux et mes yeux las ; C’est toi qui m’es la bonne aurore, Dont la caresse est dans ta main Et la lumière en tes paroles douces : Voici que je renais, sans mal et sans secousse, Au quotidien travail qui trace, en mon chemin, Son signe, Et me fait vivre, avec la volonté, D’être une arme de force et de beauté, Aux poings d’or d’une vie insigne.
Text Authorship:
- by Émile Verhaeren (1855 - 1916), no title, written 1905, appears in Les heures d'après-midi, no. 7
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Confirmed with Émile Verhaeren, Les Heures du Soir, Paris, Mercure de France, 1922 pages 83-84.
Researcher for this page: Andrew Schneider [Guest Editor]
3. Les Heures d'après‑midi III  [sung text not yet checked]
Language: French (Français)
Je t'apporte, ce soir, comme offrande, ma joie D'avoir plongé mon corps, dans l'or et dans la soie Du vent joyeux et franc et du soleil superbe ; Mes pieds sont clairs d'avoir marché parmi les herbes, Mes mains douces d'avoir touché le coeur des fleurs, Mes yeux brillants d'avoir soudain senti les pleurs Naître, sourdre et monter, autour de mes prunelles, Devant la terre en fête et sa force éternelle. L'espace entre ses bras de bougeante clarté, Ivre et fervent et sanglotant, m'a emporté, Et j'ai passé je ne sais où, très loin, là-bas, Avec des cris captifs que délivraient mes pas. Je t'apporte la vie et la beauté des plaines ; Respire-les sur moi à franche et bonne haleine, Les origans ont caressé mes doigts, et l'air Et sa lumière et ses parfums sont dans ma chair.
Text Authorship:
- by Émile Verhaeren (1855 - 1916), "Je t'apporte ce soir..."
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Confirmed with Jan Greshoff, À la gloire de la Belgique. Anthologie de la littérature belge. Deel 1. Les écrivains d'expression française, Amsterdam : S.L. van Looy, 1915, p.64
Researcher for this page: Joost van der Linden [Guest Editor]
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