Cinq poèmes de La bonne chanson

Song Cycle by Charles Koechlin (1867 - 1950)

Word count: 597

1. Le soleil du matin [sung text checked 1 time]

Le soleil du matin doucement chauffe et dore 
Les seigles et les blés tout humide[s] encore,
Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L'on sort sans autre but que de sortir, on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec 
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout. Mais le songeur aime ce paysage,
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui [chante]1 et qui scintille.
Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
Evoquant en ses voeux dont peut-être on sourit,
La Compagne qu'enfin il a trouvé et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame.

Authorship

See other settings of this text.

View original text (without footnotes)
1 Koechlin: "rit"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

2. Un jour de juin, que j'étais soucieux [sung text checked 1 time]

En robe grise et verte avec des ruches,
Un jour de Juin que j'étais soucieux,
Elle apparut souriante à mes yeux
Qui l'admiraient sans redouter d'embûches;

Elle alla, vint, revint, s'assit, parla, 
Légère et grave, ironique, attendrie,
Et je sentais en mon âme assombrie
Comme un joyeux reflet de tout cela; 

Sa voix, étant de la musique fine,
Accompagnait délicieusement
l'esprit sans fiel de ce babil charmant
Où la gaîté d'un [bon coeur]1 se devine.

Aussi soudain fus-je, après le semblant
D'une révolte aussitôt étouffée,
Au plein pouvoir de la petite Fée
Que depuis lors je supplie en [tremblant]2.

Authorship

View original text (without footnotes)
1 Koechlin: "coeur bon"
2 Koechlin: "pleurant"

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

3. Nous irons gais et lents [sung text checked 1 time]

N'est-ce pas? en dépit des sots et des méchants
Qui ne manqueront pas d'envier notre joie,
Nous serons fiers parfois, et toujours indulgents. 

N'est-ce pas? nous irons gais et lents, dans la voie
Modeste que nous montre en souriant l'Espoir,
Peu soucieux qu'on nous ignore ou qu'on nous voie.

Isolés dans l'amour ainsi qu'en un bois noir,
Nos deux coeurs, exhalant leur tendresse paisible,
Seront deux rossignols qui chantent dans le soir.

Quant au monde, qu'il soit envers nous irascible
Ou doux que nous feront ses gentes? Il peut bien,
S'il veut, nous caresser ou nous prendre pour cible.

Unis par le plus fort et le plus cher lien,
Et d'ailleurs, possédant l'armure adamantine,
Nous sourirons à tout et n'aurons peur de rien.

Sans nous préoccuper de ce que nous destine
Le Sort, nous marcherons pourtant du même pas,
Et la main dans la main, avec l'âme enfantine.

De ceux qui s'aiment sans mélange, n'est-ce pas?

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Shawn Thuris) , copyright © 2015, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

4. Va, chanson [sung text checked 1 time]

Va, chanson, à tire d'aile au devant d'elle,
Et dis lui bien que dans mon coeur fidèle
Un rayon joyeux a lui et que voici le grand jour!

Entendez-vous longtemps muette
Et craintive, la gaîté,
Comme une vive alouette,
Dans le ciel clair a chanté,

Va donc, chanson ingénue,
Et, que sans nul regret vain
Elle soit la bienvenue.
Celle qui revient enfin!

Authorship

See other settings of this text.

Available translations, adaptations or excerpts, and transliterations (if applicable):

  • ENG English (Faith J. Cormier) , "Fly, song", copyright © 2001, (re)printed on this website with kind permission

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]

5. Le paysage dans le cadre des portières  [sung text not yet checked]

Le paysage dans le cadre des portières
Court furieusement, et des plaines entières
Avec de l'eau, des blés, des arbres et du ciel
Vont s'engouffrant parmi le tourbillon cruel
Où tombent les poteaux minces du télégraphe
Dont les fils ont l'allure étrange d'un paraphe.

Une odeur de charbon qui brûle et d'eau qui bout,
Tout le bruit que feraient mille chaînes au bout
Desquelles hurleraient mille géants qu'on fouette ;
Et tout à coup des cris prolongés de chouette.
- Que me fait tout cela, puisque j'ai dans les yeux
La blanche vision qui fait mon coeur joyeux,
Puisque la douce voix pour moi murmure encore,
Puisque le Nom si beau, si noble et si sonore
Se mêle, pur pivot de tout ce tournoiement,
Au rythme du wagon brutal, suavement.

Authorship

See other settings of this text.

Researcher for this text: Emily Ezust [Administrator]