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Fleurs de crépuscule, Mélodies sur des poésies de André Lebey

by Raoul Bardac (1881 - 1950)

1. Préface [sung text not yet checked]

J'aurais voulu d'autres chansons 
Pour endormir ton âme tendre,
Mais mon cœur est un amas de cendre 
Que n'illuminent nuls tisons.

J'aurais voulu d'autres décors 
Et des jardins plus merveilleux.
-- J'ai perdu la clef des trésors 
Et des palais miraculeux. 

J'aurais voulu tout mon passé 
D'âme légère et sans douleurs... 
Est-il un temps pour le bonheur ?
Peut-on revivre moins lassé ? 

Ah ! prends mon cœur dans tes mains douces ! 
Songe à l'oiseau partout chassé 
Qui cherche un nid parmi les mousses 
Où fuir ceux-là qui l'ont blessé.

Authorship:

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Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 32.


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2. Mandolines à la passante [sung text not yet checked]

Notre amour était de ceux qui meurent 
Parce qu'on les épuise trop vite ;
Nous n'avons pas su vivre notre bonheur.

Nous nous sommes beaucoup trop aimés 
Et nous n'avons pas su nous attendrir ensuite ;
Tout notre avenir est déjà fané.

Mais ton souvenir chaud à mon cœur 
Fait la chambre si vide et triste 
Que sans courage j'attends et pleure.

Entendrai-je encore ta voix lassée 
Un soir ici m'appeler vite ?...
Mais nous nous sommes déjà revus et nous sommes passés ! 

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 46.


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3. Mandolines à la passante [sung text not yet checked]

Sois le passé 
Des voluptés, 

La Salomé 
De mes baisers, 

Dis-moi l'amour
Des troubadours, 

Dans la folie 
Des morts inouïes,

Les mots si bas 
Qu'on n'entend pas, 

Et les ennuis 
Tous évanouis ; 

Dis-moi les fleurs
Que tu effleures,

Encor, encor
Vers d'autres bords,

Toujours, toujours
Vers d'autres tours, 

Là-bas, là-bas
Vers le trépas,

Parmi l'aurore 
Aux gerbes d'or,

Parmi les jours 
Aux silences lourds,

Parmi les nuits 
Aux longs minuits,

Sois la voilée
Des mers rêvées, 

Sois le passé 
Des voluptés !

Authorship:

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Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, pages 37-38.


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4. Mandolines à la passante [sung text not yet checked]

Nous vivrons la vie monotone des campagnes 
Dans les landes où tout bruit se sera tu ;
Ce sera là-bas sur la terre de Bretagne 
Où la solitude est grave. -- Veux-tu ?

Au coin des routes des vierges de pierre 
Sourient aux voyageurs fatigués,
Pâles et tristes sous la poussière 
Que leurs pas lourds ont soulevée.

Des souvenirs d'époque morte 
Reculent le temps d'aujourd'hui ; 
C'est là qu'on lit sur les portes 
Des devises en patois du pays.

Nous rêverons aux processions 
Et dans la fraîcheur des chapelles 
Le pèlerinage du bon pardon 
Nous apprendra des joies nouvelles.
 
Vie de rêve et de paresse 
Dans l'oubli bleu des jours anciens,
Que ta caresse et ta tendresse 
Comme des coups d'ailes chassent au loin.

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, pages 41-42.


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5. Mandolines à la passante [sung text not yet checked]

La rivière luit dans les prés 
Le long des arbres qui s'y mirent :
Écoute là-bas tous nos souvenirs 
Frémir comme la brise dans la feuillée. 

Le battement clair des battoirs 
Sur les linges alourdis d'eau 
Rythme les chansons douces d'espoir 
Que mon cœur tout bas dit en écho ; 

Et les trilles longs des oiseaux 
Mettent un son de flûte claire 
Dans l'hymne qui s'envole là-haut 
A travers le vague de l'air. 

Restons longtemps ici, -- veux tu ? --
Jusqu'aux derniers vents froids d'hiver, 
Dans le plaisir vrai par nous élu 
Que bercent au loin les lavandières ?

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 43.


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6. Mandolines à la passante [sung text not yet checked]

La neige recouvre la plaine, 
Les sentiers nous sont défendus. 
Pourquoi faut-il qu'on se souvienne
De tous les bonheurs disparus ? 

Plus de ruisseaux ni de fontaines ! 
Nous resterons dans le manoir 
A regarder des ombres vaines 
Danser sur un fond rose et noir.

Ombres vaines de nos joies 
Comme de pâles tapisseries,
Pourquoi rechercher l'autrefois 
Et croire qu'il est d'autres vies ? 

L'été n'est plus qui fut si beau,
Les fleurs sont fanées qu'on cueillit. 
Que de pétales au fil de l'eau ! 
Que de tombes dans ma vie ! 

Chante-moi de lentes ballades 
Comme on en sait au delà du Rhin, 
Et berce mon cœur de malade 
Dans un songe de clavecin.

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, pages 44-45.


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7. Mandolines à la passante [sung text not yet checked]

Ton image encor 
Flotte dans la chambre...
Oh ! ce vent de novembre
Qui siffle dehors !

Reviendras-tu pas 
Craintive et plus tendre ? 
Je ne peux me défendre 
Tout seul et si las.

Les voix sont si tristes
Qu'il me faut entendre, 
Voix d'un passé de cendre
Qui pleure et s'attriste...

Ton image encor 
Flotte dans la chambre.
Oh ! le vent de novembre 
Qui siffle dehors !

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 47.


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8. Rythmes dans la nuit [sung text not yet checked]

C'est la douleur des chansons mortes 
Où soupire un air de tristesse 
Que l'écho lourdement apporte 
Vers nous et dont il nous caresse.

C'est la douceur des soirs lassés 
Où sur la mer les voiles tombent 
Sans brise même pour gonfler 
Les voiles blanches qui tombent. 

C'est la lenteur du vol des mouettes,
Coup d'aile encor pour arriver 
Jusqu'à la côte où l'on s'arrête 
De courses longues fatigué.

C'est la pâleur du ciel bleuté 
Où les nuages blancs s'effilent, 
Vagues archipels essaimés 
Dans des horizons tranquilles.

Et c'est la peur des lendemains 
Où le soleil va revenir, 
Et la vie et ses actes vains 
Ton cœur est trop las pour mourir. 

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, pages 53-54.


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9. Rythmes dans la nuit [sung text not yet checked]

A travers la brume du soir 
Le cortège des rêves morts 
Emmène mon vieux désespoir. 

La plaine sous la neige est blanche 
Et les grands arbres comme morts 
Dans les lointains dressent leurs branches. 

L'heure est si douce qu'on oublie,
-- Pourquoi pleurer ou rire encore ? --
Si c'est la mort ou bien la vie. 

O voyageur plus vague et blême 
Que cette brume où tu t'endors, 
Si lassé même de toi-même, 

Il est des cieux et d'autres soirs 
A l'orient d'autres décors. --
Écoute, écoute ton espoir ! 

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 74.


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10. Rythmes dans la nuit [sung text not yet checked]

La faux vole dans la plaine ;
Souvenons-nous de l'autrefois ;
Les voix sont devenues si lointaines 
Que rien ne s'entend au fond du bois. 

Souvenons-nous de l'autrefois ;
Les bouches d'antan sont sans haleines ;
Les blés coupés ne repousseront pas ;
Nous serons seuls avec nos peines. 

La faux vole et fauche dans la plaine ;
Faut-il écouter l'autrefois ?
Ce qui n'est plus est chose vaine,
Le regret masque d'autres joies.

La nuit tombe souveraine ;
Que l'oubli tombe en nos cœurs las ! 
Souvenons-nous de l'autrefois, 
Mais que nos âmes demeurent sereines.

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 82.


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11. Rythmes dans la nuit [sung text not yet checked]

C'est le silence et c'est la lune ...
Une angoisse flotte, on ne sait d'où, 
Des nuages viennent on ne sait d'où, 
Des gouttes d'eau tombent une à une 
D'ici, de là, de n'importe où... 
C'est le silence et c'est la lune.

Pleut-il ainsi des pleurs partout ? 
Le vent frissonne bien lentement 
Et chuchotte des choses étranges ;
Est-ce mon passé qui pleure dans le vent 
Sous le regard des mauvais anges ? 

Comme il est pâle le sable des dunes !
Comme ils sont loin les phares des côtes ! 
Comme la mer est forte et haute ! 

Pleurs oubliés et voix étranges 
Dans le silence et sous la lune. 

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 83.


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12. Rythmes dans la nuit [sung text not yet checked]

Comme elle est lente l'heure qui sonne
Au vieux cartel de mon logis, 
L'heure qui passe et qui résonne 
En un glas triste de minuit ! 

Comme le vent pleure et frissonne 
Promenant mon âme avec lui 
Aux champs où ne va plus personne, 
Où agonise le dernier bruit ! 

Comme elle tremble l'âme et s'étonne 
D'être emportée si loin d'ici, 
Ne sentant plus qu'elle était morne 
Et quelquefois joyeuse aussi ! 

L'heure est passée, l'heure qui sonne 
Au vieux cartel de mon logis.

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 84.


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13. Rythmes dans la nuit [sung text not yet checked]

La lune glisse sous les bois 
Sa pâleur douce et opaline. 
Écoutes-tu toutes les voix
Monter du fond de toutes les ravines ? 

Sois silencieuse ; écoute ! écoute ! 
Une flûte prélude au fond du bois.
Je rêve de formes sur la route 
Faisant revivre l'autrefois. 

Entends-tu tout près de nous rire 
Et, te regardant sans que tu le voies, 
Cornes au front, un petit satyre
Chanter la vie et toutes ses joies ?

Oublierons nous que l'heure est brève 
Et que l'aurore reviendra ?
Les fleurs de nuit versent un rêve, 
Mais le soleil les refermera.

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 36.


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14. Exergue [sung text not yet checked]

  Mon cœur était fait pour aimer, 
  Je l'ai offert, on l'a laissé...
La fleur qu'on cueille reste fanée. 

  Ma bouche était faite pour rire, 
  Mais maintenant elle est crispée...
Trop de deuil couvre mon souvenir. 

  Mes yeux voulaient pleurer de joie,
  Toutes mes larmes sont versées...
Rien ne demeure de l'autrefois.

  Ah ! ma tendresse, la donner ! 
  Je l'ai offerte, on l'a laissée...
Le vent froid émonde la feuillée.

  Mon cœur aurait souhaité s'ouvrir, 
  Une l'ouvrit et s'est penchée...
Hélas ! Elle ne sut que rire. 

  Mon cœur était fait pour souffrir,
  Mais maintenant je l'ai fermé 
Et dans la mer j'ai jeté sa clef. 

Authorship:

Confirmed with André Lebey, Chansons grises, Paris, Édition du Mercure de France, 1896, page 125.


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