Rondes et ballades françaises

by Émile Jaques-Dalcroze (1865 - 1950)

1. Le regard éternel [sung text not yet checked]

Cette nuit, j'ai rêvé que mon amie était morte.
Mon amie était morte, couchée dans le tombeau.

Moi, aussi, j'étais mort, et j'étais là, près d'elle.
Alors, j'ai rêvé que nous nous regardions.

Mon amie était morte, j'étais couché près d'elle.
Cette nuit, j'ai rêvé que je vivais enfin !

Couché dans le tombeau, ses yeux tout près des miens, 
cette nuit, j'ai rêvé que nous nous regardions,

que nous nous regardions d'un regard éternel,
que nous nous regardions, que nous nous regardions...

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2. Le ciel est gai, c'est joli Mai [sung text not yet checked]

- La mer brille au-dessus de la haie, la mer brille comme une coquille.
On a envie de la pêcher.
Le ciel est gai, c'est joli Mai.

C'est doux la mer au-dessus de la haie, c'est doux comme une main d'enfant.
On a envie de la caresser.
Le ciel est gai, c'est joli Mai.

Et c'est aux mains vives de la brise que vivent et brillent des aiguilles
qui cousent la mer avec la haie.
Le ciel est gai, c'est joli Mai.

La mer présente sur la haie ses frivoles papillonnées.
Petits navires vont naviguer.
Le ciel est gai, c'est joli Mai.

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3. Tu peux partir [sung text not yet checked]

Tu peux partir: Le malheur est pour moi. 
Et que t'importe si je ne suis plus belle ? 
J'aurais pu t'oublier : nos trois mioches sont là. 
Tu peux partir. Le malheur est pour moi. 

Tu restes malgré toi ; nos trois mioches te ressemblent. 
Tu peux partir ! La douleur est pour moi. 
J'ai les yeux bleus, ils ont tous les yeux sombres. 
Ils me caressent, puis se sauvent : c'est toi. 

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4. La chanson des marins hâlés [sung text not yet checked]

Ils ont choisi la mer, ils ne reviendront plus,
Et puis, s'ils vous reviennent, les reconnaîtrez vous?
La mer les a masqués, avant de vous les rendre.
On ne sait s'ils sourient, ou s'ils pleurent sous leur hâle.

Et ils n'ont plus leur âme, elle est restée en mer.
Que la mer est ardente, empressée au butin!
Is ne reviendront plus, Ils ont choisi la mer
Et puis, s'ils revenaient, seraient ils revenus?

Ils ont choisi la mer.... Ils ont choisi la mer.

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5. Le diable dans la nuit [sung text not yet checked]

Le diable court dans la nuit,
avec des yeux d'rubis,
avec sa p'tite fourchette 
fait la chasse aux souris,

Il en tue trois cent mille,
les jette à l'abreuvoir,
allume sa p'tite fourchette
et fait cuire le potage,

Il le fera manger aux amants 
malappris qui ne pensent 
qu'à rire et tout 
l'jour se pourlichent,

Et quand auront vomi 
leurs cœurs à l'abreuvoir
avec sa p'tite fourchette
il en fera des écuelles 

qu'il attachera, toutes, 
à sa queue verdoyante,
pour faire du bruit, du bruit,
pendant les nuits d'orage.

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6. Le dit de la pauvre vieille [sung text not yet checked]

Quand j'entendais les cloches -- beau temps il y a, mon Dieu ! --
ça m'coulait comme eau fraîche tout le long de mon dos, 
et j'sautais, j'frétillais, et j'riais, j'étais gaie... 
Et maintenant que je suis une vieille petite mère sourde, 
quand je vois brimbaler la cloche neuve au clocher, 
je m'alourde, j'suis à terre, et j'frissonne, et j'sanglote... 
j'crai qu' j'entends en mon cœur sonner la vieille cloche. 

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7. L'Amoureuse 

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8. Hymne aux printemps [sung text not yet checked]

Une haleine de roses dans le vent m'a saisi.
Gloire et vie à mon cœur ! Je renais éternel. --
Une haleine de roses, un murmure d'abeilles,
Me font l'âme divine et le cœur sans soucis.

Le Printemps sort des nues beau comme Saint-Michel,
Pose un pied sur la terre, un autre, et le voici.
L'aérienne armée des bourgeons s'épaissit,
Au rayon de son glaive dégagé du soleil.

Gloire et vie à mon cœur! Je renais éternel. --
Une haleine de roses, un murmure d'abeilles,
Et cette vision dans le ciel éclairci,
M'ont fait l'âme divine et le cœur sans souci.

Les drapeaux du Printemps se déroulent au ciel :
Voici flotter sur lui tous ses vols d'hirondelles !
Et mon âme est divine et mon cœur sans souci :
Une haleine de roses dans le vent m'a saisi.

Le Printemps a levé son glaive de rayons. 
À l'assaut de l'Azur s'élancent les bourgeons !
Couché sur la pâleur de l'herbe nouvelette,
royal et nonchalant, j'assiste à la conqête.

Gloire et vie à mon cœur ! -- 
Mon âme est éternelle. --
Une haleine de roses, un murmure d'abeilles,
m'ont fait l'âme d'un dieu. --
Mon cœur est sans souci !

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9. Le plus gai des lieds [sung text not yet checked]

Puisque l'on ne s'aimera jamais, 
il faut rire, il faut rire ! - 
puisque l'on ne s'aimera jamais, 
il faut rire et s'amuser. 

Si tu m'aimais, je t'aimerais, 
il faut rire, il faut rire ! - 
je t'aimerais, tu me détestes, 
je veux rire à en mourir. 

Est-ce bien la peine d'aimer ? 
Il faut rire, il faut rire ! - 
L'amour vaut-il un regret ? 
Il faut rire et s'amuser. 

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10. Le matin pastoral [sung text not yet checked]

Sous les oliviers dorment les bergers, 
que la lune argente. Ou bien c'est le jour ? 

L'aube vient de naître. Dans la bergerie 
tinte une clochette au cœur des brebis. 

C'est l'heure charmante où le bélier danse 
tournant vers le jour deux pattes tremblantes, 

et laisse à son cou baller sa clochette, 
suivie des yeux d'or de toutes les têtes. 

Bergers endormis, n'entendez-vous pas tinter 
des clochettes au fond de vos rêves ? 

Bergers endormis, ne sentez-vous pas danser 
votre cœur sous votre manteau? 

C'est l'heure où tout danse, la terre et les eaux - 
la nymphe en la source et Pan dans sa course --

aux yeux des béliers, aux yeux des brebis, 
même aux yeux fermés du pâtre endormi. 

Levez-vous, bergers ! Les oliviers dansent, 
écartant les voiles de l'aube matinale. 

Dans la lumineuse buée des vallées, 
tous les oliviers dansent les bras levés ! 

Pour eux quel plaisir de voir sur les monts 
les ours et les loups danser vers l'aurore,

puis un sommet rose vivre et s'élanner : 
le cœur de l'aurore bat dans un glacier.

Bergers endormis, n'entendez-vous pas, 
le long de la haie, sauter les agneaux ?

Bergers endormis, ne sentez-vous pas 
bondir votre cœur sous votre manteau? 

et les oliviers s'élancer encore 
dans la lumineuse buée de l'aurore ? 

Allons, Pluton jappe, et les autres chiens. 
La clochette éperle son bruit aérien. 

La vie recommence. Les troupeaux, déjà, 
ont gravi les sentes... Ô mélancolie ! 

Déjà les bergers, les jeux au soleil, 
regardent brûler les heures de la vie. 

« Pluton, tu sommeilles ? Hélas ! heureux chien.» 
L'homme dort la nuit. Midi. Plus un bruit. 

Et les chiens se couchent, ras dans l'herbe ardente. 
Les houlettes tournent aux mains somnolentes. 

Un bois d'oliviers, tout là-bas, s'endort 
au fond d'un val bleu où tremble une eau d'or. 

Il danse une abeille. Et chaque troupeau 
tremble de sommeil. - Ô mélancolie ! 

Est-ce alors, bergers, que vous sentez mieux 
danser votre cœur sous votre manteau ?

Quand le troupeau dort sous l'aile d'une abeille, 
tout près du ciel bleu, tout près du soleil, 

le berger qui veille entend dans son cœur 
battre tous tes cœurs dormants du troupeau.

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11. Complainte du petit cheval blanc [sung text not yet checked]

Le petit cheval dans le mauvais temps,
Qu'il avait donc du courage!
C'était un petit cheval blanc,
Toute derrière et lui devant.

Il n'y avait jamais de beau temps
Dans ce pauvre paysage,
Il n'y avait jamais du printemps,
Ni derrière, ni devant.

Mais toujours il était content,
Menant les gards du village,
À travers la pluie noire des champs,
Tous derrière et lui devant.

Sa voiture allait poursuivant 
sa belle petite queue sauvage. 
C'est alors qu'il était content, 
eux derrière et lui devant. 

Mais un jour, dans le mauvais temps,
Un jour qu'il était si sage,
Il est mort par un éclair blanc,
Tous derrière et lui devant.

Il est mort sans voir le beau temps,
Qu'il avait donc du courage!
Il est mort sans voir le printemps
Ni derrière, ni devant.

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12. La France 

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